« Il­fau­tu­ne­lois­pé­ci­fique »

Ro­bert Ri­blet, dé­non­ce­de­puis­long­temps l’ab­sen­ce­de­vrai­ha­sard

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - Pro­pos re­cueillis par L. C.

Ingénieur à la re­traite, Ro­bert Ri­blet a en­ga­gé en 2006 une pro­cé­dure pé­nale contre la Fran­çaise des jeux, es­ti­mant que la ré­par­ti­tion des gains n’avait rien d’aléa­toire. Comment ac­cueillez- vous le sou­tien de Gé­rard Co­lé, an­cien pa­tron de la Fran­çaise des jeux, dans votre com­bat contre les trom­pe­ries dans les jeux de grat­tage ?

Je m’en ré­jouis. Je lui avais écrit, comme à beau­coup d’autres à la Fran­çaise des j eux, après avoir été dé­bou­té sur le plan ci­vil en a o û t d e r n i e r ( NDLR : il a de­puis fait ap­pel). Beau­coup re­fusent de par­ler, il y a une sorte d’omer­ta, mais lui m’a ré­pon­du car il s’est dit conster­né par cette dé­ci­sion. Dans la lettre que je lui ai adres­sée fin août, j’avais in­clus une liste de 54 ques­tions, aux­quelles il a ré­pon­du. Dès la pre­mière, il écrit que « la rup­ture d’éga­li­té des chances est ef­fec­tive de­puis la vente du pre­mier li­vret » des jeux de grat­tage, en 1989. On va donc en­fin pou­voir dire aux 20 mil­lions de joueurs que ce n’est plus seule­ment se­lon moi que le ha­sard se­rait ma­ni­pu­lé, mais se­lon l’an­cien PDG qui était alors aux com­mandes…

Les gains sont ré­par­tis de fa­çon

pro­gram­mée”

Que dé­non­cez- vous pré­ci­sé­ment ? Le fait que les gains soient ré­par­tis de fa­çon pro­gram­mée, et donc qu’il n’y ait pas de vrai ha­sard. Sur chaque car­net de 50 ti­ckets, il n’y a qu’une chance de ga­gner une somme su­pé­rieure à 20 €. Une fois celle- ci rem­por­tée, les joueurs sui­vants n’ont plus au­cune chance de ga­gner quelque chose de si­gni­fi­ca­tif… C’est un peu comme si vous fai­siez une tom­bo­la, que tous les lots avaient été ti­rés et que vous re­met­tiez les ti­ckets res­tants à la vente. Quels ont été les ef­fets in­duits par ce sys­tème ? Il y a eu des abus, no­tam­ment parce que les dé­taillants et les cour­tiers ont été mis au cou­rant de cette ré­par­ti­tion dans une cir­cu­laire du 9 fé­vrier 1989, un mois avant la mise en vente des pre­miers jeux de grat­tage. Celle- ci ex­pli­quait qu’une somme fixe et ga­ran­tie était al­louée pour chaque car­net… Cer­tains bu­ra­listes, s’ils voyaient qu’un mon­tant im­por­tant n’avait pas en­core été rem­por­té sur un car­net et que ce­lui- ci tou­chait à sa fin, le gar­daient pour eux. D’autres en­core grat­taient la par­tie com­por­tant le nu­mé­ro de ti­cket et le conser­vaient s’il ren­voyait sur leur lis­ting à un ti­cket ga­gnant. Si­non, ils le ven­daient à des vieilles dames qui voyaient mal… C’est parce que je l’ai dé­non­cé que la FDJ a ra­jou­té la men­tion « nul si dé­cou­vert » . Que de­vrait faire la Fran­çaise des jeux au­jourd’hui ? Ce n’est pas à moi de gé­rer la bou­tique à leur place… Ce qu’il faut, c’est de la trans­pa­rence. Et pour ce­la, il faut une loi spé­ci­fique pour les jeux de grat­tage, qu’on appelle « lo­te­ries spon­ta­nées » . Gé­rard Co­lé m’a confir­mé par écrit ce que je dé­non­çais de­puis le dé­but, c’est- à- dire que la loi de 1933 n’est pas adap­tée. Je ne fais pas ça pour l’ar­gent, une af­faire de prin­cipe. Les joueurs doivent être clai­re­ment in­for­més.

( LP/ Yann Fo­reix.)

Pa­ris, hier. Ro­bert Ri­blet.

RO­BERT RI­BLET.

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