Gé­rardCo­lé, unan­cien­pa­tron­con­tro­ver­sé

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - PHI­LIPPE MARTINAT

Gé­rard Co­lé, l’homme qui fait re­bon­dir la contro­verse sur les jeux de grat­tage, n’est pas seule­ment l’an­cien pa­tron de la Fran­çaise des jeux. Il fut sur­tout le troi­sième — et le moins connu — des mous­que­taires de la com­mu­ni­ca­tion de Fran­çois Mit­ter­rand. En­tré à son ser­vice à la fin des an­nées 1970, cet homme so­li­de­ment char­pen­té et au tem­pé­ra­ment de gauche va convaincre Jacques Sé­gué­la ( avec qui il avait fait son ser­vice mi­li­taire) et Jacques Pil­han de tra­vailler pour le leader so­cia­liste. Au­teur de l’af­fiche de cam­pagne « la force tran­quille » , Sé­gué­la s’est im­po­sé en­suite comme le pu­bli­ci­taire le plus po­pu­laire de France. Mort en 1998, à 54 ans, Pil­han est, lui, de­ve­nu l’icône des com­mu­ni­cants po­li­tiques. Si l’his­toire n’a pas en­core re­te­nu Co­lé — qui a aus­si conseillé Mi­chel Ro­card —, il n’est pour­tant pas le plus in­si­gni­fiant du trio. Dans son livre « Jacques Pil­han, le sor­cier de l’Ely­sée » ( Ed. Perrin 2011), le jour­na­liste Fran­çois Ba­zin le dé­crit comme un per­son­nage « hors norme dans la vie, hors pair dans l’ac­tion » , avec une « éner­gie à re­vendre » et un « cu­lot d’acier » . Avec Pil­han, Co­lé va for­mer pen­dant plus de dix ans un duo si sou­dé au­tour de Mit­ter­rand qu’on les sur­nom­me­ra « Col­han et Pi­lé » . Dans un en­tre­tien ac­cor­dé il y a un an à Lex­press. fr, Co­lé se dé­clare « très fier » de son par­cours : « On a ins­pi­ré ceux qui of­fi­cient au­jourd’hui à Wa­shing­ton au­près d’Oba­ma et pro­ba­ble­ment aus­si chez Pou­tine. » En 1999, l’édi­teur Mi­chel La­fon a pu­blié son seul ou­vrage « le Conseiller du prince » . In­trou­vable, le livre se vend au­jourd’hui entre 100 et 200 € sur les sites de vente en ligne… Pour ser­vices ren­dus, Mit­ter­rand le nomme en juillet 1989 à la di­rec­tion de France Lo­to, fu­ture Fran­çaise des jeux. Mais sa ges­tion lé­gère lui vau­dra de gros en­nuis avec la jus­tice et obli­ge­ra Mit­ter­rand à mettre fin par dé­cret à ses fonc­tions en dé­cembre 1993. Per­sua­dé d’avoir été vic­time d’une ca­bale, Co­lé en a conçu une vé­ri­table ran­coeur qui le fait par­fois dé­railler. « Si vous n’êtes ni franc- ma­çon, ni juif, ni ho­mo­sexuel, ni so­cia­liste et si vous n’avez pas de ré­seau, vous payez cher » , dé­clare- t- il à « l’Ex­press » . Sa der­nière sor­tie contre son an­cienne so­cié­té a un par­fum de ven­geance. Ce qui fait sou­rire un pu­bli­ci­taire pa­ri­sien : « Comme tou­jours, Co­lé met du char­bon dans la ma­chine quand il y va. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.