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Le Parisien (Paris) - - Politique - NA­THA­LIE SCHUCK

out se joue main­te­nant » , souffle un proche du pré­sident, qui ne cache pas que la ré­élec­tion de Fran­çois Hollande en 2017 dé­pen­dra en grande par­tie de la réus­site du pacte de res­pon­sa­bi­li­té. C’est le nou­veau Graal du chef de l’Etat contre le chô­mage qui a connu une nou­velle pous­sée en jan­vier. Tous ses vi­si­teurs le disent : le chef de l’Etat n’a que ce mot à la bouche ! « Il est ten­du vers l’ob­jec­tif. C’est : le pacte, le pacte, le pacte ! » ra­conte l’un d’eux. « C’est sa seule prio­ri­té, confirme un mi­nistre. Il est ob­sé­dé de voir qu’il y a un re­tour de crois­sance qui vient des Etats- Unis. »

C’est peu dire que Hollande a été ir­ri­té du temps per­du par les par­te­naires so­ciaux, qui se re­trouvent en fin de ma­ti­née au siège du Me­def — 45 jours après le lan­ce­ment du pacte ! — pour en­ga­ger les né­go­cia­tions sur le point es­sen­tiel : les con­tre­par­ties aux 30 milliards de baisses de charges pro­mises. Pour les mettre tous au­tour de la table, ce ne fut pas une mince af­faire… Et la charge du pa­tron des pa­trons, Pierre Gat­taz, sur les con­tre­par­ties, en marge de la vi­site pré­si­den­tielle aux Etats- Unis, a pro­di­gieu­se­ment aga­cé l’Ely­sée. « Une pan­ta­lon­nade » , lâche un proche du pré­sident.

nIl rêve d’un ac­cord so­cial dans les deux se­maines

Hollande met donc une grosse pres­sion aux par­te­naires so­ciaux pour qu’ils né­go­cient vite. Il veut pou­voir bran­dir ce soir un agenda de travail et rêve d’un ac­cord so­cial dans les deux se­maines, au plus tard fin mars. Car il sait qu’un « deal » est peu pro­bable avant la jour­née de mo­bi­li­sa-

Il se dit qu’il a quinze jours ! » confie un ha­bi­tué de l’Ely­sée. « Ce que vous n’avez pas fait en vingt mois, il faut le faire en six. La vraie équa­tion de fond est là » , ré­sume un mi­nistre.

Fraî­che­ment conver­ti à l’hy­per­pré­si­dence, Hollande pi­lote ce dos­sier en di­rect. Et n’hé­site pas à dé­cro­cher son té­lé­phone en per­sonne, même si ce sont ses conseillers Mi­chel Ya­hiel ( So­cial) et Em­ma­nuel Ma­cron ( Eco­no­mie) qui ont fait le gros des pré­pa­ra­tifs, en lien avec le mi­nistre du Travail, Mi­chel Sa­pin. Ce qu’un conseiller ély­séen ré­sume avec hu­mour : « Le bé­bé est sur la table à langer à l’étage su­pé­rieur. » Et c’est aus­si Hollande qui gère le vo­let fi­nan­ce­ment du pacte, à sa­voir les 50 milliards d’éco­no­mies à dé­ni­cher d’ici à 2017. Ce vo­let- ci, ul­tra­sen­sible, ne se­ra pré­sen­té qu’après les mu­ni­ci­pales. Mais avant la mi- avril, car Hollande en­tend en­voyer un gage de sé­rieux aux mar­chés et à Bruxelles.

Au len­de­main des mu­ni­ci­pales, en­fin, c’est en­core le pré­sident qui de­vrait dé­voi­ler l’architecture dé­fi­ni­tive du pacte, sans doute lors d’une in­ter­ven­tion té­lé­vi­sée. Si rien n’est en­core ac­té, le pro­jet est sur la table à l’Ely­sée. « C’est tel­le­ment im­por­tant pour lui que ça m’éton­ne­rait qu’il fasse le muet du sé­rail » , dit- on dans son en­tou­rage. D’au­tant qu’un re­ma­nie­ment pour­rait in­ter­ve­nir si­tôt après les élec­tions. Le Pre­mier mi­nistre en­ga­ge­ra d’ailleurs sa res­pon­sa­bi­li­té de­vant le Par­le­ment sur le pacte au mois d’avril. Un mi­nistre glisse : « Toute la ques­tion c’est : quel Pre­mier mi­nistre ? »

Fran­çois Hollande, for­te­ment im­pli­qué dans la mise en place du Pacte de res­pon­sa­bi­li­té, avait no­tam­ment très peu goû­té la charge de Pierre Gat­taz ( à droite), le pa­tron du Me­def, contre les con­tre­par­ties de­man­dées aux en­tre­prises en échange des 30 milliards de baisses de charges pro­mises.

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