En France, on a bri­dé, par des lois, le dé­ve­lop­pe­ment des au­to­cars”

Le Parisien (Paris) - - Economie - VINCENT VÉRIER

Bru­no Las­serre, pré­sident de l’Au­to­ri­té de la concur­rence

Les in­fra­struc­tures sont éga­le­ment moins coû­teuses. Et pour cause, le maillage très ser­ré du ré­seau au­to­rou­tier fran­çais li­mite le be­soin d’in­ves­tis­se­ments. « Ex­cep­té en gares rou­tières, note l’Au­to­ri­té. Seule une pré­fec­ture sur deux en est équi­pée. »

En­fin, les au­to­cars ne sont pas si pol­luants. Con­trai­re­ment aux idées re­çues, l’im­pact en­vi­ron­ne­men­tal de l’au­to­car n’est pas né­ces­sai­re­ment plus mau­vais que ce­lui du train. « Tout dé­pend du nombre de voya­geurs trans­por­tés, in­siste l’Au­to­ri­té de la concur­rence. 37 % des liai­sons fer­ro­viaires in­ter­ré­gio­nales trans­portent moins de douze voya­geurs par jour. »

Au fi­nal, si sur le pa­pier l’au­to­car est at­trac­tif, son cadre ju­ri­dique est un vrai car­can. « En France, on a bri­dé, par des lois, le dé­ve­lop­pe­ment des au­to­cars » , re­grette Bru­no Las­serre. Ain­si, les tra­jets in­ter­ré­gio­naux par au­to­car ne sont au­to­ri­sés que dans deux cas : soit une conven­tion est si­gnée entre les col­lec­ti­vi­tés lo­cales et le trans­por­teur, comme c’est le cas par exemple avec le trans­port sco­laire, soit l’en­tre­prise d’au­to­car fait du ca­bo­tage in­ter­na­tio­nal, comme c’est le cas avec Eu­ro­lines. Con­crè­te­ment, pour des­ser­vir Stras­bourg et Pa­ris, le trans­por­teur doit obli­ga­toire- ment faire par­tir ou ar­ri­ver son au­to­car de l’étran­ger, par exemple Mu­nich ( Al­le­magne). Une ma­nière de pro­té­ger le ser­vice pu­blic de trans­port ( SNCF et bus mis en place par des col­lec­ti­vi­tés).

Pour l’Au­to­ri­té de la concur­rence, il faut re­mettre à plat cette ré­gle­men­ta­tion. L’ins­ti­tu­tion pro­pose donc une sé­rie de re­com­man­da­tions pour ou­vrir le mar­ché du trans­port par au­to­car. « Il ne s’agit pas d’op­po­ser le train à l’au­to­car, in­siste Bru­no Las­serre. Ce sont deux modes com­plé­men­taires. Au­jourd’hui, nous avons une offre qui est mal sa­tis­faite. Il faut y ré­pondre. » Reste à sa­voir quelle se­ra la po­si­tion des pou­voirs pu­blics. In­ter­ro­gé hier par notre jour­nal, le mi­nis­tère des Tran­sports n’a pas sou­hai­té faire de com­men­taires.

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