On­con­naît­mal nos­pois­sons

Les jeu­ne­sen­perdent le goût. AuSa­lon­del’agri­cul­ture, uns­tand dit tout sur les pro­duitsde la mer.

Le Parisien (Paris) - - Société - FLO­RA GE­NOUX

Ta­pi au fond de l’aqua­rium, un énig­ma­tique spé­ci­men à la forme si­nueuse. « Un serpent de mer ? » risque An­naëlle, 7 ans, en in­ter­ro­geant sa mère du re­gard. Ra­té ! « C’est une rous­sette » , ré­torque France- Lise, 37 ans, en s’ai­dant d’un vaste ta­bleau ré­per­to­riant les dif­fé­rentes es­pèces de pois­sons consom­mées par les Fran­çais. Au Sa­lon de l’agri­cul­ture, qui se tient jus­qu’à di­manche, le stand Pa­villon France, re­pré­sen­tant de la fi­lière pêche, dé­ploie des tré­sors d’ani­ma­tion pour ap­prendre le b. a.- ba du sec­teur aux en­fants.

De la pêche en passant par le tri, la criée, la vente sur le mar­ché et les dif­fé­rentes fa­çons de les cui­si­ner, les plus jeunes dé­couvrent comment les pro­duits de la mer at­ter­rissent dans leur as­siette.

C’est que les en­fants et jeunes adultes boudent l e p o i s s o n , d’après les études. Seule­ment 8 % des ache­teurs de pois­sons frais ont moins de 35 ans se­lon un vaste compte ren­du de Kan­tar World Pa­nel. « Leur plus faible consom­ma­tion est liée à leur ni­veau de re­ve­nu, ana­lyse Aman­dine Lama, ana­lyste chez l’ins­ti­tut Ip­sos. Mais ils ont aus­si une plus grande mé­con­nais­sance de la fa­çon même de pré­pa­rer le pois­son : ce­la laisse pen­ser que la trans­mis­sion fa­mi­liale se perd. » Une ré­cente étude Ip­sos montre en ef­fet que 32 % seule­ment des moins de 25 ans maî­trisent bien les dif­fé­ren-

Il s’agit aus­si de sau­ve­gar­der

l’em­ploi dans cette fi­lière”

tes va­rié­tés de pois­sons, contre 62 % chez les 55- 75 ans.

Au stand Pa­villon France, France- Lise ob­serve sa fille ren­ché­rir sur les pro­po­si­tions d’une pe­tite foule à l’ate­lier « criée » . « Com­bien d’es­pèces de pois­son dif­fé­rentes en France ? » lance l’ani­ma­teur. « 10 ? Non ! Qui dit mieux ? C’est 200 ! » « On mange es­sen­tiel­le­ment du sau­mon, des sar­dines en boîte et des cre­vettes » , avoue France- Lise, qui achète les pro­duits de la mer en su­per­mar­ché et leur pré­fère gé­né­ra­le­ment la viande, pour son prix.

« La consom­ma­tion des Fran­çais, jeunes ou moins jeunes, se concentre sur le sau­mon, le thon puis le ca­billaud et le co­lin » , re­lève Aman­dine Lama. Et près de 80 % ad­mettent mal ou très mal connaître la sai­son­na­li­té des pois­sons se­lon Ip­sos ( lire en­ca­dré).

« Cette mé­con­nais­sance est re­gret­table : seule­ment un quart d e s p o i s s o n s man­gés dans l’Hexa­gone sont pê­chés sur nos côtes, il s’agit aus­si de sau­ve­gar­der l’em­ploi dans cette fi­lière » , es­time Em­ma­nuelle Sau­vion, dé­lé­guée gé­né­rale de Pa­villon France, dont l’ob­jec­tif est de pro­fi­ter de l’en­goue­ment pour tous les pro­duits made in France.

« C’est aus­si une ques­tion de prix » , ar­gu­mente Eric Pierre, pro­fes­seur de cui­sine dans un ly­cée hô­te­lier de Du­gny ( Seine- SaintDe­nis), le ho­mard, par exemple, sa sai­son c’est l’été. On peut l’ache­ter Em­ma­nuelle Sau­vion, dé­lé­guée

gé­né­rale de Pa­villon France à 30 € le ki­lo contre 45 € pen­dant les fêtes. Le ca­billaud, je l’ai vu à 30 € le ki­lo ce mois- ci alors qu’on peut l’ache­ter à 20 € de mars à oc­tobre ! » A l’aide d’un cou­teau fi­ne­ment ai­gui­sé, il ex­pose à Ro­mane, 8 ans, comment cui­si­ner de la lotte. « J’aime bien cou­per le lot ( sic) mais je pré­fère le pois­son pa­né parce qu’il n’y a pas d’arêtes » , tranche la fillette.

Alors que près de la moi­tié des Fran­çais dé­clarent man­ger du pois­son trois fois dans le mois ou moins souvent, l’Anses ( Agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té sa­ni­taire de l’ali­men­ta­tion, de l’en­vi­ron­ne­ment et du travail) re­com­mande de man­ger deux por­tions de pois­son par se­maine.

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