Un­mé­de­cin­soup­çon­né­du­meur­tred’un­psy­chiatre

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - ROUEN ( SEINE- MARITIME) De notre cor­res­pon­dant LAURENT LE­CLERC

La scène de crime était atroce. Le ma­gis­trat du par­quet de Rouen ( Seine- Maritime) qui s’est dé­pla­cé, jeu­di 17 oc­tobre, vers 8 heures, au ca­bi­net du doc­teur Laurent Fabre, psy­chiatre dans le centre- ville de la ca­pi­tale de Hau­teNor­man­die, évoque « douze coups, d’une arme tran­chante » . Le pra­ti­cien, sexa­gé­naire, père de trois en­fants, avait été dé­cou­vert par son pre­mier pa­tient de la ma­ti­née, sous le porche de son ca­bi­net, gi­sant dans son sang. Il était ar­ri­vé vers 7 heures, l’heure du crime. Per­sonne n’avait rien vu, rien en­ten­du.

Quatre mois plus tard, les en­quê­teurs du SRPJ de Rouen ont in­ter­pel­lé un sus­pect, mar­di ma­tin, à Cre­vin, à une ving­taine de ki­lo­mètres au sud de Rennes ( Ille- et- Vi­laine). Dé­bar­qué comme mé­de­cin gé­né­ra­liste dans ce vil­lage de 2 500 âmes en 2007, le mis en cause est sus­pen­du de­puis 2008, pour troubles psy­chiques. Il a été mis en exa­men pour as­sas­si­nat et écroué, hier soir, à Rouen. Agé d’une cin­quan­taine d’an­nées, cé­li­ba­taire, sans en­fants, il avait été le pa­tient du doc­teur Fabre, jus­qu’en 1999, avant de par­tir s’ins­tal­ler en Bre­tagne.

nIl nie tout en bloc

Lors des au­di­tions, du­rant sa garde à vue de qua­rante- huit heures, ou dans le bu­reau du juge des li­ber­tés et de la dé­ten­tion, hier, le sus­pect, grand, mince, les yeux fixés sur le sol, a nié les faits, les troubles men- taux aus­si. Les en­quê­teurs, eux, ont un fais­ceau d’in­dices et at­tendent les ré­sul­tats de tests ADN « sur des armes po­ten­tielles dé­cou­vertes à son do­mi­cile » .

Il au­rait dor­mi dans un hô­tel de Rouen et ap­pe­lé le ca­bi­net du doc­teur Fabre, le ma­tin du crime, d’une ca­bine té­lé­pho­nique, entre la Bre­tagne et la Nor­man­die. Il af­firme avoir « ou­blié » connaître et avoir consul­té le doc­teur Fabre, « ou­blié » aus­si qu’il était à Rouen le jour du meurtre. Sa sus­pen­sion par l’Ordre des mé­de­cins, pour des troubles de com­por­te­ments ? « Je ne pres­cri­vais pas as­sez, je ne fai­sais pas comme tout le monde » , ré­pond- il.

Quant au mo­bile du crime... « Y a- t- il une explication ra­tion­nelle der­rière cette af­faire ? L’au­teur pré­su­mé est- il pa­ra­noïaque ? Fou ? » : de nom­breuses ques­tions de l’avo­cat de la fa­mille du doc­teur Fabre étaient hier soir tou­jours sans ré­ponse.

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