Une pre­mière ter­rasse ci­blée par les ter­ro­ristes rouvre ce ven­dre­di

Fer­mé de­puis les at­taques, le Ca­fé Bonne Bière (XIe) re­pren­dra son ac­ti­vi­té ven­dre­di. Dans les autres éta­blis­se­ments tou­chés, pour l’ins­tant, le ri­deau reste bais­sé.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - JU­LIEN DUFFÉ (AVEC ÉRIC LE MI­TOUARD)

IL EST EN­CORE CER­NÉ par des mil­liers de fleurs et de mes­sages ap­por­tés quo­ti­dien­ne­ment par des ano­nymes mais, à l’in­té­rieur, la lu­mière est re­ve­nue et des ou­vriers s’af­fairent. Le Ca­fé Bonne Bière (XIe), où cinq per­sonnes ont pé­ri dans la soi­rée du 13 no­vembre, se­ra le pre­mier des éta­blis­se­ments vi­sés par les ter­ro­ristes à rou­vrir ses portes.

« Nous rou­vri­rons ven­dre­di, confie son di­rec­teur. Nous avons fait quelques tra­vaux. Il le fal­lait pour des rai­sons psy­cho­lo­giques. » La nou­velle sou­lage dans un quar­tier en­core ébran­lé par les at­taques. « Le coin est trop triste de­puis deux se­maines, re­con­naît une com­mer­çante voi­sine. Ça nous manque tout ce monde en ter­rasse jus­qu’à 2 heures du ma­tin. »

Faire que la vie re­prenne ses droits mal­gré l’hor­reur. C’est aus­si la vo­lon­té du Pe­tit Cam­bodge, si­tué non loin à l’angle des rues Bi­chat et Ali­bert (Xe) où quinze per­sonnes sont tom­bées sous les balles. « Oui, nous al­lons rou­vrir mi-jan­vier, an­nonce son co­gé­rant Ch­ris­tian Gal­lois. Il faut conti­nuer : nous le de­vons à nos clients et à la vie du quar­tier. Nous de­vons aus­si pen­ser à nos vingt sa­la­riés dont au­cun n’a été tou­ché lors de l’at­taque. »

Au­pa­ra­vant, de « gros tra­vaux » se­ront me­nés. « Nous ne chan­ge­rons pas l’es­prit du lieu, mais seule­ment la dis­po­si­tion gé­né­rale », pour­suit le res­tau­ra­teur qui ne sou­haite pas de plaque com­mé­mo­ra­tive. « Nous pen­sons da­van­tage à une flamme que cha­cun pour­ra voir conti­nuel­le­ment et qui per­met­tra de se rap­pe­ler », pré­cise-t-il. Sur le trot­toir d’en face, le ca­fé le Ca­rillon voit en­core dé­fi­ler des cen­taines de Pa­ri­siens chaque jour. Son pro­prié­taire de­puis qua­rante ans, Had­jem Amo­krane, que tout le monde ap­pelle Co­co, en­core très mar­qué par les évé­ne­ments, veut prendre son temps.

« Peut-être avant la fin dé­cembre, peut-être en jan­vier, souffle-t-il. Il va fal­loir trier les fleurs, mettre les mes­sages aux ar­chives : il ne faut pas en­le­ver tout ça main­te­nant et lais­ser en­core de la place aux gens. Il faut que le choc passe. » Sou­dain, une ha­bi­tuée passe à vé­lo et le hous­pille gen­ti­ment. « Alors Co­co, tu rouvres quand ? Tu nous manques. On ne sait plus où al­ler nous ! » Le maire (PS) du Xe, Ré­mi Fé­raud, pro­met d’ac­com­pa­gner le ca­fe­tier ka­byle. « Je suis à leur en­tière dis­po­si­tion, confie-t-il. Leur ré­ac­tion a été ex­trê­me­ment digne et cou­ra­geuse de­puis le 13 no­vembre. »

Sur les autres lieux des at­taques, au­cune date de re­prise n’est an­non­cée, no­tam­ment au ca­fé la Belle Equipe (XIe), où 19 per­sonnes ont trou­vé la mort. « Le pa­tron veut rou­vrir mais ne sait pas quand », in­dique le maire (PS) du XIe, Fran­çois Vau­glin. « C’est pré­vu en jan­vier mais rien n’est sûr », confie un proche de l’équipe en­deuillée. Au Ba­ta- clan, où 90 per­sonnes ont per­du la vie, les rues bor­dant la salle de spec­tacle sont de nou­veau ac­ces­sibles. Mais pour la salle de spec­tacle, il fau­dra at­tendre. « Les coeurs res­te­ront meur­tris en­core quelques mois, quelques an­nées. Mais nous rou­vri­rons. Nous ne nous ren­drons pas », avait mar­te­lé son co­gé­rant, Do­mi­nique Re­vert, au ma­ga­zine « Bill­board » quelques jours après les at­taques. Les Eagles of Death Me­tal, eux, ont pré­ve­nu qu’ils sou­hai­taient être les pre­miers à y re­jouer pour « fi­nir [leur] concert ».

« Il faut conti­nuer : nous le de­vons à nos clients et à la vie du quar­tier »

Ch­ris­tian Gal­lois, co­gé­rant du Pe­tit Cam­bodge (Xe) qui doit rou­vrir mi-jan­vier

(LP/J.D.)

Rue de la Fon­taine-au-Roi (XIe), hier. Au Bonne Bière, les portes vont pou­voir rou­vrir après quelques tra­vaux dans les lo­caux. « Il le fal­lait pour des rai­sons psy­cho­lo­giques, mais nous ne chan­ge­rons pas l’es­prit du lieu », ex­plique-t-on sur place.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.