Les né­go­cia­tions se­ront rudes

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON ÉMI­LIE TORGEMEN

du pre­mier jour de la COP21, Fran­çois Hol­lande a réus­si son pre­mier pa­ri : réunir à Pa­ris, au che­vet du cli­mat, les prin­ci­paux di­ri­geants de la pla­nète. Mais une pho­to de famille et des dis­cours am­bi­tieux ne font pas un ac­cord, et le plus dur est à ve­nir. Les né­go­cia­teurs de chaque pays ont jus­qu’à sa­me­di pour pro­po­ser un texte fixant à la fois des règles (un ac­cord glo­bal de ré­duc­tion des gaz à ef­fet de serre) et des me­sures pour y par­ve­nir : ob­jec­tifs chif­frés de baisse des émis- sions pol­luantes pour chaque Etat, aide fi­nan­cière aux pays du tiers­monde, etc. Les mi­nistres pren­dront alors le re­lais pour le­ver les der­niers blo­cages la se­maine pro­chaine.

« Nous n’avons que onze pe­tits jours de­vant nous, et même moins compte te­nu des dé­lais né­ces­saires pour les vé­ri­fi­ca­tions ju­ri­diques fi­nales et la tra­duc­tion dans les six langues des Na­tions unies », sou­ligne Laurent Fa­bius, le pré­sident de la COP21. « Le pro­blème est que ce brouillon d’ac- cord de 50 pages est truf­fé d’un mil­lier de phrases entre cro­chets qui ne font pas consen­sus, sou­pire Ar­naud Gos­se­ment, avo­cat spé­cia­liste du droit de l’en­vi­ron­ne­ment. Si la France ne veut pas d’un texte fi­nal vide de sens comme à Copenhague, elle de­vra peut-être se conten­ter le 11 dé­cembre de n’em­me­ner der­rière elle qu’une cin­quan­taine d’Etats prêts à si­gner un ac­cord am­bi­tieux. » Quitte à lan­cer aux re­tar­da­taires : « Qui m’aime me suive. »

« Cent cin­quante chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment sont pré­sents au­jourd’hui (NDLR : hier) à Pa­ris, c’est for­mi­dable. Mais j’ai un mes­sage à leur faire pas­ser : faites at­ten­tion aux pauvres, ne les ou­bliez pas ! Il ne faut pas se voi­ler la face, le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique a dé­jà des ef­fets ter­ribles sur notre pla­nète. Mais il touche d’abord les plus mo­destes : les agri­cul­teurs d’Amé­rique du Sud, dont les champs sont dé­vas­tés et pro­duisent de mau­vaises ré­coltes, les pê­cheurs d’Asie de l’Est qui souffrent de la ré­duc­tion des stocks de pois­sons, des vil­la­geois afri­cains qui ne peuvent plus se nour­rir à cause de la dé­ser­ti­fi­ca­tion qui avance. Face à ces en­jeux, les pays les plus riches, comme la France ou la Co­rée du Sud, ne peuvent pas se per­mettre de dé­tour­ner les yeux. Je par­ti­cipe à la COP21 en tant qu’ob­ser­va­teur. Je ne prends donc pas part aux né­go­cia­tions entre Etats, je suis ici en France pour faire pres­sion sur les dé­ci­deurs ! Même si les chefs d’Etat n’abou­tissent pas à l’ac­cord contrai­gnant que nous sou­hai­tons tous, je suis per­sua­dé que la so­cié­té ci­vile, jeunes, re­li­gieux, en­vi­ron­ne­men­ta­listes fe­ront aus­si avan­cer les choses. Je prie pour que les hommes prennent conscience de ce qu’ils ont fait à la Créa­tion. Je pren­drai part à des prières col­lec­tives, le 2 dé­cembre, dans la ca­thé­drale or­tho­doxe SaintA­lexandre-Nevs­ki à Pa­ris (VIIIe) et le 3 dé­cembre à Notre-Dame de Pa­ris, avec no­tam­ment le cardinal An­dré Vingt-Trois. Ce se­ra une messe oe­cu­mé­nique de tous les chré­tiens. »

(LP/Emi­lie Torgemen.)

Le Bourget (Seine-Saint-De­nis), hier. Le père fran­cis­cain Ru­fi­no Lim est l’un des re­pré­sen­tants de l’as­so­cia­tion Ac­tion pour le cli­mat.

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