Coup de sif­flet fi­nal de­la­cam­pa­gne­des­vo­lon­taires…

Eu­ro 2016.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - CH­RIS­TOPHE BÉRARD

C’EST UNE SCÈNE qui s’est jouée plus de 21 000 fois au sein du co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion de l’Eu­ro 2016 où la cam­pagne de re­cru­te­ment des vo­lon­taires a pris fin hier. Les pré­noms changent mais la mo­ti­va­tion de­meure. Cette fois, c’est Ma­thilde, 18 ans, qui s’avance un peu ti­mi­de­ment de­vant Guillaume, un des re­cru­teurs dans les lo­caux de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise. Comme les autres can­di­dats, elle pré­sente une pièce d’iden­ti­té, seul do­cu­ment exi­gé pour can­di­da­ter. La jeune fille est étu­diante en an­glais à la Sor­bonne. Le 13 no­vembre, elle se trou­vait au Stade de France lors des at­ten­tats. « Je me suis po­sé la ques­tion de main­te­nir ma can­di­da­ture, avoue-t-elle. Mais lais­ser pas­ser cette oc­ca­sion ma­jeure était im­pos­sible. »

Pen­dant vingt mi­nutes, l’en­tre­tien porte sur ses connais­sances en football, ses dis­po­ni­bi­li­tés ou ses com­pé­tences éven­tuelles au sein de l’or­ga­ni­sa­tion. Au bout de quelques mi­nutes, la conver­sa­tion bas­cule en an­glais car le co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion pri­vi­lé­gie les can­di­dats maî­tri­sant le fran­çais et l’an­glais.

Presque au­tant de femmes que d’hommes

Etudes obligent, Ma­thilde réus­sit haut la main l’exa­men lin­guis­tique. « Vous au­rez une ré­ponse par mail au plus tard en jan­vier », conclut Guillaume. Ma­thilde ne le sait pas en­core mais elle a de grandes chances de faire par­tie des 6 500 re­te­nus. Pour elle, c’est pro­ba­ble­ment le sec­teur des ac­cré­di­ta­tions qui l’at­tend. D’autres se­ront af­fec­tés dans l’un des dix-sept sec­teurs de­man­dés, comme l’ac­cueil des VIP, des mé­dias, l’hos­pi­ta­li­té, l’or­ga­ni­sa­tion des ren­contres, etc.

Ma­thilde se­ra l’une des plus jeunes même si le ben­ja­min des vo­lon­taires n’au­ra 18 ans que le 1er avril pro­chain. L’aî­né est un re­trai­té de 81 ans qui oeu­vre­ra à Tou­louse. Et quelques cen­taines de can­di­dats ré­si­dant en Nou­velle-Ca­lé­do­nie, aux Etats-Unis ou en Eu­rope ont été au­di­tion­nés via Skype. « Nous avons eu trois can­di­dats pour un poste. C’est un ra­tio nor­mal pour ce type d’évé­ne­ments, re­con­naît Em­me­lyne Ra­vier, la res­pon­sable du pro­gramme des vo­lon­taires. L’en­goue­ment est réel et on sent la trace de la Coupe du monde de foot 1998 ou du Mon­dial de rug­by 2007. La culture du vo­lon­ta­riat re­monte même aux Jeux d’hi­ver d’Al­bert­ville en 1992. »

Pour Em­me­lyne Ra­vier, les mo­ti­va­tions sont tou­jours iden­tiques. « Les re­trai­tés et les ac­tifs sont in­té­res­sés par l’aven­ture hu­maine de la com­pé­ti­tion spor­tive. Les étu­diants, eux, en pro­fitent pour se construire une pre­mière ex­pé­rience et un ré­seau pro­fes­sion­nel. »

Et, contrai­re­ment aux der­niers évé­ne­ments spor­tifs or­ga­ni­sés sur le sol fran­çais, il y au­ra presque au­tant de femmes que d’hommes chez les vo­lon­taires. « Ha­bi­tuel­le­ment, il y avait 70 % d’hommes, note Em­me­lyne Ra­vier. Là, ce se­ra plu­tôt 60 %. De plus en plus de femmes s’ap­pro­prient l’épreuve. C’est une très bonne chose. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.