Elle pèse, la té­lé de rat­tra­page

Le re­play est de­ve­nu plus qu’une se­conde chance pour cer­taines émis­sions de té­lé­vi­sion, al­lant jus­qu’à dou­bler leur au­dience. Et pour­tant, les chiffres ac­tuels ne sont en­core que par­tiels.

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - CHAR­LOTTE MO­REAU

IL Y A EU LE PAS­SAGE à la cou­leur. Il y a eu la té­lé­com­mande. Il y a dé­sor­mais le re­play. La consom­ma­tion dé­li­néa­ri­sée des pro­grammes est en train de faire connaître sa troi­sième ré­vo­lu­tion tech­nique à la té­lé­vi­sion. Et peut-être la plus im­por­tante. A cha­cun sa chance. A part les re­trans­mis­sions spor­tives ou les in­for­ma­tions, qui ne sup­portent que la consom­ma­tion ins­tan­ta­née, tous les types de pro­grammes trouvent leur pu­blic en rat­tra­page. Un gros prime time fe­ra mé­ca­ni­que­ment un gros re­play, en pro­vo­quant un ef­fet de cu­rio­si­té. Et pour les émis­sions dif­fu­sées à des ho­raires moins ex­po­sés, comme la troi­sième par­tie de soi­rée ou l’ac­cess (18 heures-20 heures), l’ef­fet se­conde chance joue à plein (voir ci-des­sous) en dé­mul­ti­pliant leur force de frappe. Le cap du mil­lion. C’est ce­lui fré­quem­ment fran­chi par les rat­tra­pages les plus puis­sants du PAF. Comme « l’Em­prise », le té­lé­film de TF 1 sur les vio­lences conju­gales, qui dé­croche pour l’ins­tant la palme du plus gros re­play de 2015, avec 1 219 000 té­lé­spec­ta­teurs ve­nus se ra­jou­ter aux 8,5 mil­lions de cu­rieux mo­bi­li­sés sur la dif­fu­sion té­lé du 26 jan­vier. Et ce chiffre ne tient même pas compte des re­plays sur or­di­na­teur, ta­blette et mo­bile. Une com­po­sante que la Une pour­ra ad­di­tion­ner l’an­née pro­chaine, lorsque le sys­tème de me­sure se­ra har­mo­ni­sé (voir ci-contre). Un poids ex­po­nen­tiel. A pre­mière vue, la part glo­bale du re­play dans les au­diences des chaînes n’est pas évi- dente : 5 % pour M 6, 2,5 % pour Arte… Ça a l’air mo­deste. Mais ces moyennes re­couvrent une réa­li­té très dis­pa­rate quand on cible cer­tains pro­grammes. Sur France 2, les épi­sodes les plus per­for­mants de « Dis­pa­rue » ont per­mis de gri­gno­ter 12 % de té­lé­spec­ta­teurs en plus. On grimpe à 15 % pour « Dix pour cent », et 20 % pour « Broad­church ». Puis à un tiers pour « le Meilleur Pâ­tis­sier » ou « La France a un in­croyable ta­lent » sur M 6. Pen­dant que dans le top 5 d’Arte, le do­cu­men­taire « le Bon­heur au tra­vail » est pas­sé de 537 000 té­lé­spec­ta­teurs à 841 089 grâce au re­play. Un bond de 56 % ! Du simple au double. En un an, la part de Fran­çais ayant dé­jà vi­sion­né un pro­gramme en re­play a dou­blé : se­lon Mé­dia­mé­trie, ils sont au­jourd’hui 4,4 mil­lions. La té­lé­vi­sion est, pour l’ins­tant, l’écran pri­vi­lé­gié pour le rat­tra­page. Et la hié­rar­chie entre chaînes est en­core res­pec­tée sur In­ter­net. Avec 42 mil­lions de vi­déos vues par mois, MyTF1 pré­cède France Té­lé­vi­sions (19 mil­lions), M 6 (11 mil­lions) et Ca­nal + (7,8 mil­lions).

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