À une hausse des péages »

Jean-Paul Chan­te­guet, dé­pu­té (PS) de l’Indre et ex-pré­sident du groupe de tra­vail par­le­men­taire sur les au­to­routes, se dit ul­cé­ré de la hausse des péages au­to­rou­tiers le 1er fé­vrier pro­chain.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - Jean-Paul Chan­te­guet DA­NIEL ROSENWEG (AVEC E.B.)

L’AN­NÉE 2015 n’au­ra donc été qu’une pause. Dès le 1er fé­vrier, la fac­ture des au­to­mo­bi­listes em­prun­tant les au­to­routes à péages va de nou­veau aug­men­ter après le gel dé­ci­dé cette an­née. En moyenne, ils vont être re­le­vés de 1,13 %, se­lon « les Echos ». La mi­nistre de l’Eco­lo­gie (dont dé­pend le se­cré­taire d’Etat aux Trans­ports) a in­di­qué hier sur RTLne pas être au cou­rant de cette hausse, ajou­tant que 1,13 % en moyenne, « c’est ex­clu puisque nous avons pris l’en­ga­ge­ment de li­mi­ter la hausse des péages à 70 % de l’in­fla­tion, compte te­nu du pac­tole en­gran­gé les an­nées pré­cé­dentes par les so­cié­tés d’au­to­routes », a-t-elle pré­ci­sé. La hausse ne de­vrait donc être, se­lon le cal­cul de la mi­nistre, que de 0,04 %, l’in­fla­tion en 2015 étant pré­vue à 0,06 %.

« Sé­go­lène Royal pré­tend qu’elle n’était pas au cou­rant ? C’est juste im­pos­sible puisque les chiffres de ces hausses ont dé­jà été pu­bliés dans le Jour­nal Of­fi­ciel d’août der­nier, ré­agit Pierre Chas­se­ray, porte-pa­role de l’as­so­cia­tion 40 Mil­lions d’au­to­mo­bi­listes. Ces hausses sont cho­quantes. Elles ne font que mon­trer une fois de plus com­bien l’Etat a per­du la main sur les au­to­routes. Il faut dé­non­cer ces conces­sions pas­sées entre l’Etat et les so­cié­tés d’au­to­routes de­vant le Con­seil d’Etat. » Ardent dé­fen­seur d’une re­mise à plat com­plète des contrats de con­ces­sion des so­cié­tés d’au­to­route, le dé­pu­té PS (Indre) Jean-Paul Chan­te­guet a cla­qué bruyam­ment, en mars der­nier, la porte du groupe de tra­vail par­le­men­taire sur les au­to­routes qu’il pré­si­dait, dé­non­çant l’at­ti­tude de l’ad­mi­nis­tra­tion et du gou­ver­ne­ment dans la ges­tion de ce dos­sier. Il es­time que cette hausse des ta­rifs lui donne rai­son avec le re­cul. Que vous ins­pire la hausse de ta­rifs des péages en fé­vrier ? JEAN-PAUL CHAN­TE­GUET. On a ten­té de nous faire croire en avril 2015 que les so­cié­tés d’au­to­routes ne conti­nue­raient pas à se ga­ver à tra­vers des aug­men­ta­tions per­ma­nentes et sub­stan­tielles des péages. Nous consta­tons au­jourd’hui qu’il n’en est rien. Il fal­lait être naïf pour pour ne pas croire à une hausse des péages et ac­cor­der un quel­conque cré­dit à cette opé­ra­tion d’en­fu­mage dont l’ob­jec­tif était de mettre un point fi­nal à ma ten­ta­tive de re­mise à plat des contrats de conces­sions. Que pro­po­siez-vous ? A l’époque, je pro­po­sais de mettre en place un Epic, éta­blis­se­ment pu­blic à vo­ca­tion in­dus­trielle et com­mer­ciale, afin d’évi­ter d’être confron­té à des hausses ré­gu­lières des péages. Mais c’est main­te­nant im­pos­sible puisque la date an­ni­ver­saire de ces conces-

« Une opé­ra­tion

d’en­fu­mage »

sions est pas­sée. Les contrats ne peuvent donc plus être dé­non­cés. Cette nou­velle hausse me donne rai­son. Le mi­nis­tère des Fi­nances ex­plique que cette aug­men­ta­tion évite une hausse de 2,5 % en 2017. Qu’en dites-vous ? On peut ba­tailler sur les chiffres. Mais des hausses, il y en au­ra d’autres. La dé­ci­sion prise de ge­ler les ta­rifs des péages en 2015 va se ré­per­cu­ter en 2016 et au-de­là, tout comme le re­fus, en 2014, de prendre en compte l’aug­men­ta­tion de 50 % de la re­de­vance do­ma­niale dans le cal­cul du prix des péages. At­ten­tion, je ne suis pas en train de lé­gi­ti­mer les hausses, au contraire, je les dé­nonce. Sé­go­lène Royal a in­di­qué ne pas être au cou­rant de cette hausse, est-ce pos­sible ? Je di­rais seule­ment que c’est tout à fait im­pos­sible.

(AFP/Ber­trand Guay .)

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