Mon en­fant n’a pas d’amis

C’est l’éter­nel ou­blié des an­ni­ver­saires ? Voi­ci des conseils de spé­cia­listes pour ai­der votre fils ou votre fille à sor­tir de sa co­quille.

Le Parisien (Paris) - - FAMILLE - CLÉ­MENCE CUR­TY

LE PRE­MIER TRI­MESTRE s’achève et votre fils ne vous parle ja­mais de ses co­pains de ré­cré. D’ailleurs il n’a été in­vi­té à au­cun an­ni­ver­saire et re­vient sou­vent triste de l’école. L’ex­clu­sion peut être une vraie souf­france. « Très peu d’en­fants sont vrai­ment so­li­taires. Ils ont be­soin des autres pour s’iden­ti­fier », ex­plique Pa­tri­cia Moz­dan, psy­cho­logue au­près d’en­fants et adultes.

La dif­fi­cul­té à se faire des amis à l’école ou dans le quar­tier a for­cé­ment une cause. La ti­mi­di­té est par­fois un obs­tacle mais elle n’est pas la seule rai­son de l’iso­le­ment. Cer­tains n’osent pas en­trer en contact avec les autres car leur si­tua­tion fa­mi­liale est com­pli­quée. Ils se pro­tègent par peur d’être su­jet aux mo­que­ries. L’élève trop agi­té qui a du mal à suivre les règles ne se­ra pas non plus bien ac­cueilli par ses pe­tits ca­ma­rades. Com­ment l’ai­der et le ras­su­rer ? Sur­tout pas en al­lant voir ses ca­ma­rades et en leur in­ti­mant d’être gen­tils et de jouer avec Hu­go ! En re­vanche, avoir re­pé­ré son cha­grin est dé­jà un pre­mier pas pour le sou­te­nir. « C’est im­por­tant que l’en­fant se sente écou­té. Lui consa­crer un mo­ment heb­do­ma­daire seul, sans ses frères et soeurs, peut l’ai­der à s’ou­vrir », confirme Ca­the­rine De­la­mare, psy­cho­logue qui tra­vaille sur les souf­frances à l’école. Ce­la peut per­mettre de cer­ner un ma­laise à l’école ou en de­hors. « La pa­role est li­bé­ra­trice. Ar­ri­ver à com­mu- ni­quer est dé­jà une étape vers la ré­so­lu­tion du pro­blème », té­moigne la spé­cia­liste. Les en­sei­gnants peuvent éga­le­ment ap­por­ter une aide à l’en­fant qu’ils fré­quentent quo­ti­dien­ne­ment. Il n’est pas for­cé­ment fa­cile pour tous de nouer des liens à l’école où cha­cun cherche sa place. « Cer­tains en­fants ont un dé­fi­cit d’in­tel­li­gence so­ciale, c’est-àdire qu’ils ont du mal à créer des in­ter­ac­tions avec les autres, ex­plique Sté­phane Cler­get, pé­do­psy­chiatre. Cette ca­pa­ci­té à in­ter­agir avec au­trui est sou­vent trans­mise par les pa­rents. Si ces der­niers com­mu­niquent bien entre eux, avec leur en­fant et avec l’ex­té­rieur, se faire des amis à l’école est sou­vent plus fa­cile. » Ne culpa­bi­li­sez pas pour au­tant ! Le spé­cia­liste té­moigne que peu de pa­rents ap­prennent à leur en­fant à se faire des amis. Ce­la passe sou­vent par l’ap­pren­tis­sage de règles simples. Evi­ter les men­songes ou la fran­chise trop bru­tale : dire à un ca­ma­rade que ses vê­te­ments sont moches n’est pas le meilleur moyen de sym­pa­thi­ser. Etre digne de confiance est aus­si un atout. Si votre en­fant pro­met de rap­por­ter un jeu, qu’il s’y tienne. La dif­fé­rence est sou­vent source de mo­que­ries dans la cour de ré­créa­tion, où les en­fants se testent entre eux : être tou­jours le plus pe­tit, avoir un style ves­ti­men­taire un peu dé­ca­lé, il en faut par­fois peu pour être stig­ma­ti­sé. Ce­pen­dant, pour Sté­phane Cler­get, la dif­fé­rence n’ex­plique pas tout : « Un en­fant dif­fé­rent, mais à qui on a ap­pris à avoir confiance en soi, n’au­ra pas de pro­blème à se faire des amis. A l’in­verse, une per­sonne ayant une mau­vaise es­time d’elle-même se­ra plus ex­po­sée au re­jet car ce­la est res­sen­ti par l’en­tou­rage. Il faut voir ça comme une sti­mu­la­tion pour l’ai­der à se bous­cu­ler. » Ap­pre­nezle à re­la­ti­vi­ser. Ce n’est pas for­cé­ment grave. L’école n’est ce­pen­dant pas le seul lieu de so­cia­li­sa­tion. Votre en­fant ne par­vient pas à par­ta­ger ses centres d’in­té­rêt à l’école, pour­quoi ne pas l’ins­crire à une ac­ti­vi­té ? « L’ins­ti­tu­tion sco­laire n’est pas le meilleur en­droit pour se faire des amis. Le pous­ser à se dé­pen­ser, s’ex­pri­mer dans un do­maine où il est doué lui per­met­tra de ren­con­trer d’autres per­sonnes qui par­tagent ses centres d’in­té­rêt », té­moigne Sté­phane Cler­get. Elles peuvent conduire l’en­fant à s’ex­pri­mer et à sur­mon­ter l’ap­pré­hen­sion de la ré­créa­tion. Il est sou­vent plus à l’aise lors­qu’il n’est pas dans un contexte d’éva­lua­tion. Et puis n’ou­bliez pas l’es­sen­tiel : fê­ter son an­ni­ver­saire. Pas be­soin d’in­vi­ter toute la classe, mais pro­po­ser à quelques ca­ma­rades de ve­nir cé­lé­brer l’oc­ca­sion l’ai­de­ra à se sen­tir plus en­tou­ré. la nou­velle tombe mal. Cinq mil­lions de comptes de clients et de pro­fils d’en­fants du monde en­tier ont été af­fec­tés par une at­taque de pi­rates informatiques se­lon le groupe de jouets élec­tro­niques VTech Hol­dings. En France, 868 000 comptes de pa­rents ont fui­té ain­si et en­vi­ron 1 mil­lion de pro­fils d’en­fants d’après le dé­compte de VTech.

L’at­taque a été me­née le 14 no­vembre sur la bou­tique en ligne Lear­ning Lodge, qui per­met d’ache­ter et de té­lé­char­ger jeux et ap­pli­ca­tions pour les or­di­na­teurs et ta­blettes du fa­bri­cant hong­kon­gais. Cette plate-forme de té­lé­char­ge­ment est sus­pen­due dans le cadre d’une en­quête sur ces failles de sécurité.

Sur cette base de don­nées fi­gurent des « in­for­ma­tions sur les en­fants, comme leur nom, genre et date d’an­ni­ver­saire » ain­si que celles, plus dé­taillées, concer­nant les clients adultes : « nom, adresse e-mail, mot de passe, ques­tion se­crète et ré­ponse pour ré­cu­pé­rer le mot de passe, adresse IP, adresse pos­tale et his­to­rique des té­lé­char­ge­ments », pré­cise VTech, qui af­firme qu’au­cune don­née ban­caire n’a pu être sous­traite puis­qu’elles ne sont pas sto­ckées sur cette base de don­nées.

Les pa­rents in­quiets peuvent sa­voir si leur compte a été com­pro­mis en en­trant l’adresse e-mail uti­li­sé sur le site spé­cia­li­sé Ha­vei­beenpw­ned.com.

Lui consa­crer du temps pour se confier Lui ap­prendre à al­ler vers les autres Lui don­ner confiance en lui L’ins­crire à des ac­ti­vi­tés ex­tra­s­co­laires

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