Des­fem­mes­proxé­nè­te­sé­crouéesàMar­seille

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - STÉ­PHANE SEL­LA­MI

CHAN­TAL, FLO­RENCE, JOSIE, Ca­thy et Gi­gi gé­raient de main de maître leurs pe­tites af­faires dans le quar­tier de l’Opé­ra, si­tué dans le Ie ar­ron­dis­se­ment de Mar­seille (Bouches-du-Rhône). Ces cinq femmes, gé­rantes de dé­bits de bois­sons viennent d’être mises en exa­men no­tam­ment pour proxé­né­tisme, en com­pa­gnie de quatre autres te­nan­cières d’en­seignes du même type et d’un bar­man. Ces dix sus­pects ont été écroués. Cinq com­plices pré­su­més ont été pla­cés sous contrôle ju­di­ciaire.

Un vaste coup de filet dé­clen­ché le 24 no­vembre par les en­quê­teurs de la bri­gade de ré­pres­sion du proxé­né­tisme de la po­lice ju­di­ciaire de Mar­seille a mis un terme aux passes or­ga­ni­sées der­rière les fa­çades d’une di­zaine de bars « amé­ri­cains », tels que le Bra­zi­lia, le Be­ver­ly, le Dark Side, le Gin­ger, le John’s, le 5e Saëns, la Cré­maillère, le Sweet La­dy, le Tro­pi­cal ou bien en­core la Grange… Des en­seignes bien connues des noc­tam­bules dans ce quar­tier « his­to­rique » te­nu par le mi­lieu tra­di­tion­nel mar­seillais.

Au fil de dix-huit mois d’en­quête, les po­li­ciers ont réus­si à dé­ter­mi­ner que les gé­rantes de ces bars, dits à cham­pagne ou à hô­tesses, in­ci­taient leurs em­ployées à re­vê­tir des te­nues agui­chantes avant de leur de­man­der de pous­ser les clients à com­man­der des coupes de cham­pagne ou des bou­teilles d’al­cool au prix fort.

Soup­çons de tra­fic de co­caïne

« Le verre était fac­tu­ré entre 20 et 60 € et la bou­teille entre 250 et 400 €, pré­cise une source ju­di­ciaire. Les dif­fé­rentes in­ves­ti­ga­tions me­nées ont dé­mon­tré que les clients de­vaient prendre entre deux et trois bou­teilles avant de pou­voir ob­te­nir les fa­veurs sexuelles de cer­taines hô­tesses em­ployées dans ces bars. Le ta­rif de la pres­ta­tion sexuelle était com­pris dans le prix des bou­teilles. La gé­rante re­ver­sait en­suite leur part à ses hô­tesses conci­liantes. »

Les proxé­nètes pré­su­mées, âgées de 47 à 68 ans, sont aus­si soup­çon­nées d’avoir lais­sé pros­pé­rer un im­por­tant tra­fic de co­caïne au sein de leurs éta­blis­se­ments de nuit. « Les passes se dé­rou­laient soit dans les bars ou dans des hô­tels et des ap­par­te­ments si­tués à proxi­mi­té, pour­suit la même source. A ce­la ve­nait s’ajou­ter la consom­ma­tion ré­gu­lière de co­caïne par plu­sieurs hô­tesses et par les clients, qui pou­vaient y dé­pen­ser plu­sieurs mil­liers d’eu­ros par soir. »

Au cours des per­qui­si­tions opé­rées avec la co­opé­ra­tion du groupe d’in­ter­ven­tion ré­gio­nal (GIR) Pro­ven­ceAlpes-Côte d’Azur, les po­li­ciers mar­seillais ont sai­si plu­sieurs mil­liers d’eu­ros en ar­gent li­quide et blo­qué près de 700 000 € sur dif­fé­rents comptes ban­caires. Tous ces éta­blis­se­ments de nuit de­vraient faire l’ob­jet d’une per­qui­si­tion ad­mi­nis­tra­tive.

Mar­seille (Bouches-du-Rhône). Le Bra­zi­lia est l’un des bars vi­sés par l’en­quête de la PJ mar­seillaise.

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