Est loin d’être aus­si noire »

Avo­cat de Ka­rim Ben­ze­ma

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Alain Ja­ku­bo­wicz Pro­pos recueillis par DO­MI­NIQUE SÉ­VÉ­RAC

Me Alain Ja­ku­bo­wicz, CE SOIR, lors du 20 Heures de TF 1, Ka­rim Ben­ze­ma va en­fin par­ler. Pour la pre­mière fois de­puis sa mise en exa­men pour com­pli­ci­té de ten­ta­tive de chan­tage et par­ti­ci­pa­tion à une as­so­cia­tion de mal­fai­teurs, le joueur du Real Ma­drid va don­ner sa ver­sion dans l’af­faire de la sex­tape de Ma­thieu Val­bue­na, vic­time de­puis juin d’une ten­ta­tive de ra­cket. En at­ten­dant l’at­ta­quant, son dé­fen­seur ex­plique pour­quoi, se­lon lui, « cette af­faire est mon­tée à l’en­vers de­puis le dé­but. » Que pen­sez-vous des pro­pos du Pre­mier mi­nistre qui a es­ti­mé ce ma­tin qu’un spor­tif non exem­plaire n’a pas sa place en équipe de France ? ME ALAIN JA­KU­BO­WICZ. Est-ce le sup­por­teur du Bar­ça ou le Pre­mier mi­nistre qui s’est ex­pri­mé sur un joueur phare du Real Ma­drid ? Plus sé­rieu­se­ment, je suis sur­pris, dans le contexte dra­ma­tique de la France, que le Pre­mier mi­nistre de la Ré­pu­blique se pro­nonce de ma­nière très pé­remp­toire sur une af­faire qu’il ne connaît ab­so­lu­ment pas. Je pense qu’il avait d’autre chose à trai­ter. Il parle d’exem­pla­ri­té ? Le foot­bal­leur Ben­ze­ma a tou­jours été exem­plaire sur le ter­rain. En plus de 450 matchs pro­fes­sion­nels, il n’a re­çu au­cun car­ton rouge. Si le Pre­mier mi­nistre parle d’une af­faire ju­di­ciaire en cours et pré­sen­tée de la ma­nière la plus sub­jec­tive pos­sible, il de­vrait s’in­quié­ter, c’est son rôle, du viol per­ma­nent du se­cret de l’ins­truc­tion. Ka­rim Ben­ze­ma doit-il ce soir s’ex­cu­ser au­près de Val­bue­na ? Il faut dis­tin­guer la conver­sa­tion qu’il a eue avec Ma­thieu Val­bue­na dans la chambre de Clai­re­fon­taine le 5 oc­tobre de celle qu’il a eue avec Ka­rim Ze­na­ti. Sur la pre­mière, il n’a au­cune rai­son de s’ex­cu­ser. Ma­thieu Val­bue­na rap­pelle, à juste titre, que c’est lui la vic­time dans cette af­faire, mais je note que lors­qu’il sort de cet en­tre­tien avec Ka­rim Ben­ze­ma, il n’en parle à per­sonne. Il ne dit ni à l’en­ca­dre­ment de l’équipe de France avec le­quel il est en contact ni aux po­li­ciers que Ka­rim Ben­ze­ma est ve­nu le me­na­cer. En re­vanche, lors de cette conver­sa­tion té­lé­pho­nique avec Ka­rim Ze­na­ti au cours de la­quelle Ka­rim Ben­ze­ma a te­nu des pro­pos peu ami­caux à l’égard de Ma­thieu Val­bue­na, on peut com­prendre que ce der­nier soit ir­ri­té. Je pense que Ka­rim Ben­ze­ma sou­hai­te­ra s’ex­cu­ser de ce­la au­près de Ma­thieu Val­bue­na. Ma­thieu Val­bue­na n’a peut-être rien dit parce qu’il s’agit d’une stra­té­gie mise en place par les en­quê­teurs… Sans qu’il ait été dé­brie­fé en­suite ? A au­cun mo­ment ne fi­gure au dos­sier une quel­conque dé­po­si­tion de Ma­thieu Val­bue­na qui se­rait al­lé rendre compte aux ser­vices de po­lice de la conver­sa­tion qu’il a eue avec Ka­rim Ben­ze­ma. Ma­thieu Val­bue­na n’a ja­mais dit en sor­tant de la chambre de Clai­re­fon­taine : « Je suis vic­time de faits dé­lic­tueux de la part de Ka­rim Ben­ze­ma. » Ja­mais il n’est al­lé trou­ver les ser­vices de pro­tec­tion qui en­tourent l’équipe de France alors qu’il les avait sol­li­ci­tés dès le dé­but de l’af­faire quand il avait re­çu l’ap­pel des maîtres chan­teurs. Si Ka­rim Ben­ze­ma avait été com­plice d’un chan­tage, il me semble as­sez évident que Ma­thieu Val­bue­na, qui à ce mo­ment-là col­la­bore avec la po­lice, au­rait tout de suite in­for­mé cette même po­lice. Ma­thieu Val­bue­na dit au « Monde » que Ka­rim Ben­ze­ma l’a in­ci­té in­di­rec­te­ment à cé­der au chan­tage… Le fran­çais est clair. In­ci­ter in­di­rec­te­ment, ce­la ne veut rien dire. Ou on in­cite ou on n’in­cite pas mais on ne peut pas in­ci­ter in­di­rec­te­ment. Ka­rim Ben­ze­ma n’a pas in­ci­té in­di­rec­te­ment Ma­thieu Val­bue­na à voir Ka­rim Ze­na­ti. Il l’a in­ci­té ex­pres­sé­ment à le voir. Il lui a conseillé de le voir. C’est un fait avé­ré. Il n’y a au­cune contes­ta­tion là-des­sus. La vraie ques­tion est de sa­voir pour­quoi. Oui, pour­quoi ? Ma­thieu Val­bue­na vient d’ar­ri­ver à Lyon et Ka­rim Ben­ze­ma veut l’ai­der face à une si­tua­tion que lui connaît : il a été lui-même vic­time de ten­ta­tives de chan­tage par le pas­sé. Il sait ce que c’est. Il lui conseille de prendre contact avec Ka­rim Ze­na­ti parce que cet ami vit à Lyon. Il pense à tort ou à rai­son que Ka­rim Ze­na­ti peut l’ai­der. C’est tout. Il n’a ja­mais été ques­tion de contre­par­tie. Ma­thieu Val­bue­na dit : « Il ne me de­mande pas de le voir pour des ca­ca­huètes. » Mais il n’en sait rien. Il n’a ja­mais été ques­tion de la moindre contre­par­tie lors de la conver­sa­tion Val­bue­naBen­ze­ma du 5 oc­tobre. Ma­thieu Val- bue­na l’a re­con­nu de­vant la juge. Sa dé­po­si­tion de­vant la juge est-elle conforme à son in­ter­view dans « le Monde » ? Elle est loin d’être aus­si noire qu’on a vou­lu le dire. Les dé­cla­ra­tions au « Monde » ne sont pas stric­te­ment iden­tiques aux dé­cla­ra­tions faites de­vant la juge. Mais il ne m’ap­par­tient pas de la mettre sur la place pu­blique car je ne mange pas de ce pain-là.

« Il n’a ja­mais été ques­tion

de contre­par­tie »

(AFP.) (Pho­topqr/ « Le Mi­di Libre ».)

Me Alain Ja­ku­bo­wicz, le dé­fen­seur de Ben­ze­ma, es­time que « cette af­faire est mon­tée à l’en­vers de­puis le dé­but ». Ce soir, sur TF1, Ka­rim Ben­ze­ma va don­ner sa ver­sion dans l’af­faire de la sex-tape de Ma­thieu Val­bue­na, vic­time de­puis juin d’une ten­ta­tive de ra­cket.

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