Le can­di­dat que per­sonne n’at­ten­dait

Elec­tions à la Fifa.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Pro­pos recueillis par RO­NAN FOL­GOAS

LE SUD-AFRI­CAIN To­kyo Sexwale (pro­non­cer Si-oua­lé), 62 ans, an­cien com­pa­gnon de lutte de Nel­son Man­de­la, de­ve­nu homme po­li­tique et bu­si­ness­man, était de pas­sage à Pa­ris hier (avec d’autres can­di­dats à la pré­si­dence de la Fifa : Jé­rôme Cham­pagne, le Cheikh Salman et le prince Ali de Jor­da­nie) dans le cadre de la réunion mon­diale des ligues pro­fes­sion­nelles. Pa­roles d’un homme libre qui n’ex­clut pas de se « rap­pro­cher » de Mi­chel Pla­ti­ni, le cas échéant.

nSon his­toire per­son­nelle

« Le football fait par­tie de ma vie, de­puis le dé­but. Je suis né à So­we­to. Mon père était vice-pré­sident d’un club de foot, moi-même je jouais li­bé­ro. Après une ex­pé­rience dans la clan­des­ti­ni­té à Mos­cou, j’ai été em­pri­son­né pen­dant dix-huit ans à Rob­ben Is­land pour mon rôle d’ac­ti­viste au sein de l’ANC, l’or­ga- ni­sa­tion créée par Nel­son Man­de­la. Là-bas, j’ai fon­dé un cham­pion­nat entre pri­son­niers. Le bal­lon rond nous per­met­tait de tuer le temps. Il avait aus­si le pou­voir d’unir les pri­son­niers entre eux et même de créer un ter­rain d’en­tente entre les pri­son­niers et les geô­liers. Mais, chaque jour, je de­vais né­go­cier avec les res­pon­sables de la pri­son pour avoir un bal­lon, un sif­flet, un ter­rain, etc. »

nSes prio­ri­tés pour la Fifa

« Le football n’est pas en souf­france. Au contraire, il n’a ja­mais été aus­si flo­ris­sant et aus­si dy­na­mique. En re­vanche, l’image de marque de la Fifa est dé­truite. Il faut res­tau­rer la confiance et la sta­bi­li­té. Ce­la passe par la re­cons­truc­tion de la vie dé­mo­cra­tique et la trans­pa­rence fi­nan­cière. Concrè­te­ment, ce­la veut dire quoi ? Jus­qu’à main­te­nant, les membres du co­mi­té exé­cu­tif étaient dé­si­gnés par M. Blat­ter. C’est mal­sain. Il est pré­fé­rable que le gou­ver­ne­ment du football soit lui aus­si élu, comme le pré­sident, par l’en­semble des 209 fé­dé­ra­tions na­tio­nales. En fait, je veux que le pou­voir s’éloigne un peu de Zu­rich, le siège de la Fifa, et re­vienne vers les fé­dé­ra­tions na­tio­nales. Quant aux flux fi­nan­ciers, nous de­vons être ca­pables de tous les tra­cer pré­ci­sé­ment, de­puis leur ori­gine à la Fifa jus­qu’à leur des­ti­na­tion fi­nale. Ce­la fonc­tionne ain­si dans les en­tre­prises que je di­rige et dans toutes les mul­ti­na­tio­nales. Pour­quoi pas à la Fifa ? »

nCe qu’il pense de l’af­faire Pla­ti­ni

« Pour ce que j’en sais, cette his­toire laisse à pen­ser qu’il y a eu un manque de trans­pa­rence fi­nan­cière. Mais je ne suis pas un juge. Et, pour tout dire, je crois en­core en l’inno- cence de Mi­chel Pla­ti­ni et Sepp Blat­ter. Ce sont des amis, on a fait de nom­breux voyages en­semble et je ne suis pas du genre à faire sem­blant de ne pas les connaître. Ils ont en­core la pos­si­bi­li­té de sor­tir blan­chis de cette his­toire. Après, si leur faute est avé­rée et confir­mée, dans ce cas, les rè­gle­ments s’ap­pli­que­ront et ils de­vront être ex­clus du monde du football. »

nSa vi­sion de la cam­pagne

« Je crois que l’heure d’un non-Eu­ro­péen va son­ner le jour de l’élec­tion pré­si­den­tielle. Ce se­rait le si­gnal po­si­tif du chan­ge­ment. Quant à moi, je suis un can­di­dat in­ter­na­tio­nal, pas seule­ment afri­cain, et j’ai mes chances de suc­cès. A l’heure ac­tuelle, il est hors de ques­tion que je re­tire ma can­di­da­ture. Mais je suis prêt à me rap­pro­cher de Mi­chel Pla­ti­ni s’il fait le pre­mier pas. »

(Reu­ters/An­drew Kel­ly.)

To­kyo Sexwale.

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