Tom Hanks se confie sans ta­bou

L’ac­teur nous ra­conte son ami­tié avec le réa­li­sa­teur, qu’il re­trouve pour un grand film d’es­pionnage dans le Ber­lin de la guerre froide.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - Londres (Royaume-Uni) De notre en­voyé spé­cial Pro­pos recueillis par ALAIN GRAS­SET

Tom Hanks dé­barque de Los An­geles où il tourne « Sul­ly » sous la di­rec­tion de Clint East­wood. Che­veux blancs très courts et fine mous­tache pour le rôle de ce pi­lote d’avion qui, le 15 jan­vier 2009, avait réus­si à se po­ser sans en­combre sur le fleuve Hud­son, au large de Man­hat­tan, sau­vant 155 pas­sa­gers. On ren­contre l’ac­teur amé­ri­cain de 59 ans à Londres, pour le nou­veau film de Ste­ven Spiel­berg, « le Pont des es­pions », un thril­ler d’es­pionnage dont l’ac­tion se dé­roule pen­dant la guerre froide. En­tre­tien. « Le Pont des es­pions » est votre 4e film avec Ste­ven Spiel­berg. Com­ment ex­pli­quez-vous cette com­pli­ci­té ?

TOM HANKS. Tout le monde veut tra­vailler avec Ste­ven. Mais à la dif­fé­rence de beau­coup de co­mé­diens à Hol­ly­wood, nous sommes des amis. On se connaît si bien ! Même avant qu’il m’en­gage dans « Il faut sau­ver le Sol­dat Ryan » (1998), nous étions proches. Nos en­fants jouaient en­semble, on pas­sait des soi­rées en­semble et on fai­sait même des voyages. Pour au­tant, cette com­pli­ci­té ne suf­fit pas. A chaque film, il faut que le su­jet nous mo­tive vrai­ment. Pour « le Pont des es­pions », je n’ai même pas lu le scé­na­rio. Comme Ste­ven et moi sommes pas­sion­nés par la pé­riode de la guerre froide, on s’est vite mis d’ac­cord sur l’his­toire de cet échange de pri­son­niers, un Amé­ri­cain et un Russe, à Ber­lin au dé­but

np­di­rectlp_ftp des an­nées 1960. Cet évé­ne­ment a bien eu lieu. Mais je ne connais­sais rien sur l’avo­cat amé­ri­cain James Do­no­van qui l’a né­go­cié. Tour­ner à Ber­lin, c’était un peu spé­cial ? J’aime beau­coup Ber­lin où j’ai dé­jà tour­né « Cloud At­las ». Pour un pas­sion­né d’his­toire comme moi, on peut en­core y voir les traces de la division entre l’Est et l’Ouest dans son ar­chi­tec­ture. Mais c’est en Po­logne, à quatre heures de route au sudest de Ber­lin, qu’ont été re­cons­ti­tuées les scènes du mur. Wro­claw était une ville al­le­mande avant que les fron­tières ne soient re­des­si­nées à la fin de la Se­conde Guerre mon­dia- le. Le 25e an­ni­ver­saire de la chute du mur de Ber­lin s’est pro­duit pen­dant le tour­nage. Emou­vant. Après Spiel­berg, vous tour­nez avec Clint East­wood. Une pre­mière pour vous ? Pas mal ! J’ai dû cou­per mes che­veux et me lais­ser pous­ser la mous­tache pour jouer ce pi­lote d’avion de­ve­nu un héros. Clint East­wood me sur­prend par la ra­pi­di­té avec la­quelle il tourne les sé­quences. Il sait exac­te­ment ce qu’il veut faire. Juste avant, vous avez aus­si tour­né en Eu­rope « In­fer­no », avec Omar Sy par­mi vos par­te­naires… J’ai de la chance avec les co­mé­diens fran­çais. Après Au­drey Tau­tou et Jean Re­no dans « Da Vin­ci Code »

c’est avec Omar que j’ai tra­vaillé sur « In­fer­no ». Un ac­teur par­mi les plus dé­li­cieux que j’ai ren­con­trés. Un bon mec, avec un ex­tra­or­di­naire sou­rire. Et qu’est-ce qu’il est drôle ! Tout en étant un su­per pro, comme dans la longue scène que nous avons tour­née en­semble dans un train entre Ve­nise à Flo­rence.

(2006), Peut-on avoir des nou­velles de votre fils, Chet, rap­peur de 25 ans, dont la presse people amé­ri­caine avait ré­cem­ment an­non­cé la sou­daine dis­pa­ri­tion… Tout est faux ! Que des conne­ries… Mon fils n’a ja­mais dis­pa­ru. Avec ma femme Ri­ta, nous connais­sions les rai­sons très per­son­nelles de son ab­sence

(NDLR : Chet Hanks était en­tré en cure de dés­in­toxi­ca­tion). Des nou­velles aus­si de votre épouse, Ri­ta Wil­son ? Tout va bien dé­sor­mais. Son can­cer du sein est en ré­mis­sion, après une opé­ra­tion qui s’est mer­veilleu­se­ment bien dé­rou­lée (NDLR : l’ac­trice de 58 ans avait su­bi une double mas­tec­to­mie au prin­temps der­nier). Nous avons pas­sé un bel été en­semble. Ri­ta a fait preuve d’un cou­rage for­mi­dable. Pour fê­ter ça, un pe­tit voyage en amou­reux à Pa­ris ? Pour­quoi pas ! C’est la ville la plus ro­man­tique au monde. Beau­coup de mes amis amé­ri­cains y ré­sident ré­gu­liè­re­ment. Mais avec ma femme, nous ai­mons vivre à Los An­geles. Avouez que c’est bien pra­tique pour le bou­lot…

« Omar Sy est un bon mec, avec un ex­tra­or­di­naire sou­rire. Et qu’est-ce

qu’il est drôle ! »

Dans ce film qui marque la qua­trième col­la­bo­ra­tion de Tom Hanks avec Ste­ven Spiel­berg, l’ac­teur, pas­sion­né d’his­toire, s’est re­trou­vé plon­gé dans l’at­mo­sphère de la guerre froide.

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