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Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - J.A. Pro­pos recueillis par J.A.

mage les plus éle­vés (res­pec­ti­ve­ment 11,6 %, 12,1 %, et 12,5 %). Un ter­reau sur le­quel pros­père le FN puisque Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die et Paca sont deux ré­gions sus­cep­tibles d’être rem­por­tées par les can­di­dats d’ex­trême droite. A l’op­po­sé, la ri­chesse de l’Île-deF­rance, même rap­por­tée à la po­pu­la­tion, reste de très loin la plus éle­vée (51 250 € par ha­bi­tant), sui­vie par la ré­gion Rhône-Alpes (30 493 €). Dans le do­maine de l’emploi, le fos­sé est éga­le­ment béant. Les Pays de la Loire et la Bre­tagne s’illus­trent par un taux de chô­mage de 8,8 % fin 2014 pour les deux ré­gions in­fé­rieur à la moyenne na­tio­nale (10 %).

nDes choix dou­lou­reux

Les pro­chains conseils ré­gio­naux fe­ront face à des ar­bi­rages dif­fi­ciles, éco­no­mi­que­ment et po­li­ti­que­ment. Soit pré­ser­ver l’in­ves­tis­se­ment en ra­tio­na­li­sant les dé­penses de fonc­tion­ne­ment ; soit ré­duire l’in­ves­tis­se­ment, au dé­tri­ment du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du ter­ri­toire ; soit re­cou­rir da­van­tage à l’em­prunt pour fi­nan­cer l’in­ves­tis­se­ment, en ex­po­sant la col­lec­ti­vi­té à des risques ac­crus. Une équa­tion com­pli­quée que les nou­velles ré­gions au­ront du mal à ré­soudre. Tant au plan de la crois­sance que de l’emploi, se­lon l’ins­ti­tut Mon­taigne. * Seules les don­nées chif­frées sont ex­traites du site de l’ins­ti­tut Mon­taigne, www.elec­tions­re­gio­nales2015.fr.

le­pa­ri­sien.fr Que pen­sez-vous des pro­grammes des can­di­dats ? LAURENT BIGORGNE. Ils an­noncent, quel que soit leur par­ti, des pa­no­plies de me­sures qui ont un coût pour le­quel per­sonne ne met les moyens né­ces­saires. Ils ont tous pris conscience de la né­ces­si­té de réa­li­ser des éco­no­mies, mais les ré­gions voient leur en­det­te­ment aug­men­ter (+ 29 % entre 2009 et 2013) en rai­son de la hausse des dé­penses de fonc­tion­ne­ment et de la masse sa­la­riale. Et les fi­nan­ce­ments de l’Etat se ré­duisent. Du coup, leurs pro­grammes vont être très durs à te­nir et cer­tains ne sont sans doute pas réa­listes. D’où le manque d’in­té­rêt pour ces élec­tions lo­cales qui pren­dront plu­tôt une va­leur de test na­tio­nal. La ré­forme ter­ri­to­riale ne doit-elle pas don­ner à ces nou­veaux en­sembles une taille plus opé­ra­tion­nelle ? Ce re­grou­pe­ment au­rait pu être sy­no­nyme de ra­tio­na­li­sa­tion. En fait, il a in­duit une perte de re­pères pour les can­di­dats, qui ont dû construire des pro­grammes dans des cadres ter­ri­to­riaux in­con­nus jus­qu’à pré­sent. Sur­tout, cette ré­forme Que pro­po­sez-vous ? Il est in­dis­pen­sable de pour­suivre la ré­forme ter­ri­to­riale. Le chef de l’Etat et le gou­ver­ne­ment sont res­tés au mi­lieu du gué. Pour que les ré­gions de­viennent les vrais ac­teurs éco­no­miques que tous les par­tis, à droite comme à gauche ou à l’ex­trême droite, ap­pellent de leurs voeux, il faut sim­pli­fier le mil­le­feuille ter­ri­to­rial et sup­pri­mer l’éche­lon du dé­par­te­ment. C’est la seule is­sue, et c’était d’ailleurs une des grandes ré­formes at­ten­dues de Fran­çois Hol­lande. On ver­ra si les fu­turs can­di­dats à la pré­si­den­tielle la re­prennent à leur compte. 2017 pour­rait bien être le troi­sième tour des pro­chaines élec­tions ré­gio­nales.

« La ré­forme ne s’est pas ac­com­pa­gnée des

trans­ferts de com­pé­tences et de bud­gets cor­res­pon­dants »

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