Coup de pres­sion au pied du tri­bu­nal

Hier, de­vant le tri­bu­nal de Bo­bi­gny (Seine-Saint-De­nis), plus d’un mil­lier de per­sonnes ont ma­ni­fes­té leur sou­tien aux cinq sa­la­riés pour­sui­vis en jus­tice pour vio­lences après le co­mi­té cen­tral hou­leux du 5 oc­tobre.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - BRU­NO MAZURIER

UN BON MIL­LIER de per­sonnes avait ré­pon­du à l’ap­pel des treize syn­di­cats d’Air France hier, de­vant le tri­bu­nal de Bo­bi­gny (Seine-Saint-De­nis), pour sou­te­nir les cinq sa­la­riés de la com­pa­gnie pour­sui­vis pour des vio­lences com­mises lors du co­mi­té cen­tral d’en­tre­prise, le 5 oc­tobre.

Après l’an­nonce de la sup­pres­sion de 2 900 em­plois, la ma­ni­fes­ta­tion avait dé­gé­né­ré. Le di­rec­teur des res­sources hu­maines de la com­pa­gnie, Xa­vier Bro­se­ta, pris à par­tie par des sa­la­riés, la che­mise ar­ra­chée, avait dû fuir en es­ca­la­dant une grille. Ces images avaient fait le tour du monde, le Pre­mier mi­nistre, Ma­nuel Valls, n’hé­si­tant à qua­li­fier cer­tains ma­ni­fes­tants de voyous. Hier, sans sur­pri- se, le tri­bu­nal a ren­voyé le pro­cès des cinq sa­la­riés au 27 mai 2016. La juge a es­ti­mé que ce dos­sier avait « vo­ca­tion a être ju­gé en au­dience col­lé­giale, et non avec un juge unique ». Et ce­la « pour des dé­bats se­reins ».

Pour les avo­cats des sa­la­riés, le dos­sier est vide

Le se­ront-ils pour au­tant, se­reins, à cette date ? Car si elle se vou­lait so­li­daire, la ma­ni­fes­ta­tion d’hier res­sem­blait tout au­tant à une dé­mons­tra­tion de force, main­te­nue au pied du pa­lais de jus­tice par un cor­don de CRS. Des bus ve­nus de toute l’Ile-deF­rance et même de dé­par­te­ments plus éloi­gnés (Seine-Ma­ri­time, Loi­ret-Cher…) avaient ache­mi­né plu- sieurs cen­taines de ma­ni­fes­tants. Entre le chant de « l’In­ter­na­tio­nale » et des badges « syn­di­ca­listes, pas voyous » en ré­ponse aux pro­pos du chef du gou­ver­ne­ment, une che­mise blanche a été bran­die à maintes re­prises au-des­sus de la foule.

Quelques fi­gures de la gauche étaient ve­nues ap­por­ter leur sou­tien, comme l’ex-lea­deur cé­gé­tiste Ber­nard Thi­bault, le dé­pu­té eu­ro­péen JeanLuc Mé­len­chon et le se­cré­taire na­tio­nal du PCF, Pierre Laurent, pour qui « un sa­la­rié qui dé­fend son emploi n’a rien à faire dans un tri­bu­nal ». Pré­sent aus­si, l’ac­tuel lea­deur de la CGT, Phi­lippe Mar­ti­nez, es­time que « la sanc­tion est dé­me­su­rée par rap­port à ce qui s’est pas­sé ». Pour l’un des avo­cats des sa­la­riés, le « dos­sier est vide, la jus­tice n’a au­cune preuve » contre les sa­la­riés « pris au ha­sard sur 300 ma­ni­fes­tants ». « J’ai vu la vi­déo, la jus­tice n’a rien. Ils ne pour­ront qu’être re­laxés », as­sure Mi­guel For­téa, se­cré­taire gé­né­ral CGT à Air France.

L’avo­cat d’Air France, lui, a rap­pe­lé les pro­cé­dures dis­ci­pli­naires en­ga­gées contre les cinq sa­la­riés, dont l’un a dé­jà re­çu sa lettre de li­cen­cie­ment.

le­pa­ri­sien.fr Ils ma­ni­festent pour leurs ca­ma­rades sanc­tion­nés

(LP/Oli­vier Aran­del.)

Bo­bi­gny (Seine-Saint-De­nis), hier. De­vant le tri­bu­nal, en­vi­ron un mil­lier de per­sonnes ma­ni­festent. Le pro­cès des cinq sa­la­riés d’Air France a été ren­voyé par la juge au 27 mai, en au­dience col­lé­giale.

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