Inès, 16 ans, la jeune fu­gueuse fi­chée S re­trou­vée hier soir

Le Parisien (Paris) - - TERRORISME - Dran­cy (Seine-Saint-De­nis) NA­THA­LIE PER­RIER ET YANN FO­REIX

AVAIT-ELLE TOUT quit­té pour ten­ter de re­joindre la Syrie, comme le crai­gnaient ses pa­rents ? Hier soir, M6 a an­non­cé qu’au grand soulagement de son en­tou­rage elle ve­nait en fait d’être re­trou­vée. Elle se trou­vait non loin du do­mi­cile fa­mi­liale et un pas­sant qui l’au­rait re­con­nue après avoir vu son avis de re­cherche l’au­rait re­con­duite chez ses pa­rents.

Mar­di après-mi­di, Inès, 16 ans, a fu­gué du pa­villon fa­mi­lial, à Dran­cy (Seine-Saint-De­nis). Ly­céenne de 1re, elle fai­sait de­puis plu­sieurs mois l’ob­jet d’une fiche S pour ra­di­ca­li­sa­tion et était frap­pée d’une in­ter­dic­tion de sor­tie de ter­ri­toire.

De­puis près d’un an, ses pa­rents s’in­quié­taient de voir chez leur fille des signes de ra­di­ca­li­sa­tion. Ré­cem­ment, cette jo­lie brune, qui ca­chait dé­sor­mais ses beaux che­veux der­rière un voile et n’hé­si­tait pas à por- ter le niqab dans son quar­tier, ré­pé­tait même à ses proches qu’elle vou­lait ral­lier Daech. Mar­di ma­tin, en la voyant par­tir au ly­cée avec un gros sac, ses pa­rents ont pris peur et l’ont sui­vie. Ils ont pu, non sans mal, lui par­ler et la ra­me­ner de force chez eux. Mais à peine à la mai­son, elles’est en­fuie en sau­tant par la fe­nêtre. In­ter­viewée par BFM, sa mère a af­fir­mé avoir re­trou­vé il y a trois se­maines dans sa chambre un iti­né­raire pour se rendre en Syrie ain­si qu’un tes­ta­ment.

Une élève « un peu à l’écart »

Hier, la nou­velle de sa fugue s’était ra­pi­de­ment ré­pan­due au ly­cée De­la­croix, où elle est sco­la­ri­sée. L’émo­tion était d’au­tant plus vive que c’est là que Sa­my Ami­mour, l’un des ter­ro­ristes du Ba­ta­clan, était sco­la­ri­sé il y a dix ans. Pour au­tant, si les ly­céens la dé­cri­vaient « un peu à l’écart », « qui n’a pas beau­coup d’amis », « très ré­ser­vée et ex­trê­me­ment ti­mide », ils ne l’ima­gi­naient pas un seul ins­tant « faire le ji­had en Syrie ».

« Quand on la voyait de­vant l’école, elle avait le voile, mais le voile tra­di­tion­nel. Elle n’avait pas le niqab, pas les gants, pas tout ça… Et je l’ai ja­mais en­ten­due par­ler de ji­had », té­moi­gnait, sous le choc, une de ses an­ciennes ca­ma­rades. « Une fille très gen­tille, évo­quait une élève qui était avec Inès l’an pas­sé en cours d’arabe. Elle ve­nait pas très sou­vent, mais, quand elle ve­nait, elle ri­go­lait avec sa co­pine en classe, au point par­fois de se faire vi­rer du cours. Par­fois aus­si, elle pleu­rait, on sa­vait pas pour­quoi. »

Ces der­niers mois, elle pas­sait tou­te­fois, d’après ses pa­rents, de plus en plus de temps en­fer­mée dans sa chambre, sur son or­di­na­teur.

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