Un bon­heur, ses Gent­le­men !

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Roch Voi­sine E.M.

LA PLACE DES ARTS en im­pose. Elle a des al­lures de salle Pleyel de Mon­tréal avec ses 3500 fau­teuils en ve­lours rouge et ses beaux bal­cons. « C’est le pied-à-terre de l’Or­chestre sym­pho­nique de Mon­tréal », ex­plique Ga­rou en ar­ri­vant le 11 no­vembre, dans la salle, où il a l’oeil sur tout en tant que co­pro­duc­teur et met­teur en scène. Un écrin soyeux pour ce « Fo­re­ver gent­le­men » qui, après deux al­bums à suc­cès en France — 300 000 ventes pour le pre­mier vo­lume, 100 000 pour le se­cond —, voit le jour sur scène. Il y réunit trois des chan­teurs pré­sents sur ces disques de re­prises de tubes swing, im­mor­ta­li­sés no­tam­ment par Frank Si­na­tra : Cor­neille, Roch Voi­sine et Ga­rou. Des col­lègues plu­tôt que des co­pains, au dé­part.

Même si de­puis que le pro­jet est lan­cé, ça chambre et ça ri­gole pas mal. « On se marre bien, confirme Roch Voi­sine », que ses deux ca­ma­rades mal­mènent pen­dant le show. « On le fait boire », soufflent Ga­rou et Cor­neille, qui montrent le pia­no­bar, au sens lit­té­ral, un pia­no qui sert aus­si de bar sur scène. « Mais je ne bois pas au­tant que Ga­rou, mon foie ne tien­drait pas », ajoute Roch Voi­sine, ra­vi de jouer en équipe. « C’est moins de pres­sion que d’être en so­lo. Là c’est la ré­créa­tion. »

Ces trois-là se sont trou­vés. Même si ce n’était pas ga­gné. « Nous sommes des ar­tistes qué­bé­cois qui avons vrai­ment com­men­cé en France, et qui avons connu en­suite des hauts et des bas. On adore toutes ces chan­sons du Rat Pack, ce trio for­mé dans les an­nées 1950 par Frank Si­na­tra, Dean Mar­tin et Sam­my Da­vis Jr, pré­cise Cor­neille. J’écou­tais ça quand j’étais au Rwan­da avec mon père et, en­core au­jourd’hui, je chante ces chan­sons à mon fils de 5 ans. »

Les pu­ristes crie­ront sans doute au sa­cri­lège de voir ces stan­dards re­pris par des chan­teurs de va­rié­té. Pour­tant, ils ont fière al­lure, ces trois Gent­le­men en smo­king, en­tou­rés d’un dé­cor scin­tillant, d’un écran géant et d’un groupe de 10 mu­si­ciens. Ils re­prennent en­semble ou sé­pa­ré­ment « la Mer », de­ve­nue le temps d’un cou­plet « Beyond the Sea », « Sin­ging in the Rain » où Cor­neille fait des cla­quettes, « Eve­ry­bo­dy Loves So­me­bo­dy » qui per­met à Ga­rou de jouer de la trom­pette. Les sé­duc­teurs des­cendent dans la salle dan­ser avec des spec­ta­trices, vont boire un whis­ky au pia­no-bar. Roch Voi­sine se laisse al­ler à quelques confi­dences en pu­blic. Ga­rou évoque la « pre­mière fois » où il était… « seul » et en pro­fite pour re­prendre son tube du même nom dans une éton­nante ver­sion swing. Quant à Cor­neille, il a conclu avec sa pre­mière ché­rie sur « Hé­lène » de… Roch Voi­sine, qu’il re­prend aus­si en ver­sion jaz­zy. Deux heures convi­viales et élé­gantes.

en concert ce soir de­main et sa­me­di au Pa­lais des Congrès de Pa­ris. Et mar­di à Lyon, jeu­di à Rennes, le 13 à Li­moges, le 17 à Bor­deaux… Les deux pro­gram­ma­teurs du Ba­ta­clan, où les at­ten­tats pa­ri­siens du 13 no­vembre ont fait 90 morts, es­pèrent rou­vrir la salle « à la fin de 2016 », se­lon un en­tre­tien pa­ru hier dans « le Monde ». Oli­vier Pou­belle et Jules Fru­tos, qui pos­sèdent 30 % de la salle, pré­cisent que l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire, le groupe La­gar­dère, « sou­haite la ré­ou­ver­ture ». « Nous vou­lons le rou­vrir en­semble, avec l’équipe, qui sou­haite aus­si la re­cons­truc­tion et dont au­cun membre ne veut par­tir, dé­clarent-ils. La salle se­ra res­pec­tée, on ne va pas la dé­truire. Mais beau­coup de ques­tions se posent » sur l’af­fec­ta­tion du lieu, sa confi­gu­ra­tion, ses ac­cès…

« C’est moins de pres­sion

que d’être en so­lo. Là c’est la ré­créa­tion »

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