Pas de Nou­vel An sur les Champs ?

D’un cô­té, le sym­bole de la vie qui conti­nue. De l’autre, la sécurité. Un di­lemme pour les au­to­ri­tés, qui en­vi­sagent l’an­nu­la­tion du show pa­ri­sien le 31 dé­cembre.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - CÉ­LINE CAREZ

AU SOIR du 31 dé­cembre 2014, ils étaient près de 600 000 à s’ag­glu­ti­ner sur les Champs-Ely­sées à Pa­ris. Ils as­sis­taient au show vi­suel pro­je­té sur l’Arc de Triomphe et au feu d’ar­ti­fice. Après les at­ten­tats qui ont en­san­glan­té la ca­pi­tale et en plein état d’ur­gence, la ques­tion du main­tien de cette fête se pose de plus en plus.

« D’un point de vue sym­bo­lique, ça nous fait mal au coeur de l’an­nu­ler, ana­lyse Bru­no Jul­liard, pre­mier ad­joint au maire de Pa­ris char­gé de la culture. Mais si la pré­fec­ture de po­lice nous le de­mande, on le fe­ra. » « Il y a en­core quelques réunions à ve­nir, in­dique de son cô­té la pré­fec­ture de po­lice. A ce stade, rien n’est ar­rê­té. »

Les ras­sem­ble­ments spon­ta­nés sur la plus belle ave­nue du monde ne datent pas d’hier. Mais le feu d’ar­ti­fice et le show si. C’était une pro­messe d’Anne Hi­dal­go, lors de la cam­pagne des mu­ni­ci­pales afin d’of­frir un ré­veillon (presque) digne de Londres, Ber­lin ou Syd­ney. « Un truc de dingue ! se sou­vient Eric, un Pa­ri­sien qui a as­sis­té à cette pre­mière. C’était beau, mais il fal­lait af­fron­ter une ma­rée hu­maine ! Mon ami et moi, on s’était per­dus ! »

Le len­de­main, une pa­rade avec fan­fares, ar­tistes de cirque et voi­tures an­ciennes avait in­ves­ti les Champs. L’édi­tion 2015 de­vait « mon­ter en puis­sance, avec un spec­tacle plus long et des dan­ce­floors pour pro­lon­ger la fête », in­dique un élu. L’an der­nier, 1 700 po­li­ciers et gen­darmes avaient été mo­bi­li­sés au­tour des Champs sur les 9 000 dé­ployés sur la ca­pi­tale. « Nos col­lègues sont fa­ti­gués, rap­pelle Yvan As­sio­ma, se­cré­taire ré­gio­nal Pa­ris d’Alliance po­lice. Ils ont été très sol­li­ci­tés, après les at­ten­tats de Char­lie, du 13 no­vembre et la COP21. » Le syn­di­ca­liste es­time que « les col­lègues pour­raient se pas­ser de cette prise de risque, souf­fler un peu et pas­ser du temps avec leur famille ».

« Evi­dem­ment, on se­rait tristes si c’était an­nu­lé ! confie Jean-Noël Rein­hard, pré­sident du Co­mi­té des Champs-Ely­sées. Mais on peut com­prendre qu’en cette pé­riode par­ti­cu­lière, avec un tel ras­sem­ble­ment, la pré­fec­ture de po­lice pri­vi­lé­gie la sécurité. » Il y au­ra de toute fa­çon « une diminution de l’évé­ne­ment. Ça n’au­ra rien à voir avec l’an­née der­nière », pré­vient Bru­no Jul­liard. « Au-de­là des at­ten­tats, ce qu’on craint, c’est la pa­nique, les pé­tards, les mou­ve­ments de foule, comme ceux qu’on a pu voir le di­manche 15 no­vembre place de la Ré­pu­blique, dé­crypte un haut fonc­tion­naire du mi­nis­tère de l’In­té­rieur. Avec 600 000 per­sonnes sur les Champs, là, vous avez des morts. » « Mais ne rien faire, c’est com­pli­qué, pour­suit un com­mis­saire. Il y a des gens qui vont ve­nir de toute fa­çon, qui se­ront frus­trés. Il va fal­loir gé­rer… On est face à un casse-tête. »

A la ca­thé­drale Notre-Dame, on ne se pose plus de ques­tions. Hier, elle a an­non­cé re­non­cer à son sa­pin géant sur le par­vis. « Nous n’avions pas le bud­get pour sé­cu­ri­ser l’en­semble du site et le gar­dien­ner jour et nuit », a jus­ti­fié An­dré Fi­not, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion.

« Au-de­là des at­ten­tats,

ce qu’on craint, c’est la pa­nique, les pé­tards, les mou­ve­ments de foule » Un haut fonc­tion­naire du mi­nis­tère

de l’In­té­rieur

(LP/Phi­lippe La­vieille.)

Pa­ris (VIIIe), le 31 dé­cembre 2014. Si les ras­sem­ble­ments spon­ta­nés sur la plus belle ave­nue du monde ne datent pas d’hier, l’an der­nier, un show sur l’Arc de Triomphe a ras­sem­blé 600 000 per­sonnes pour cé­lé­brer le pas­sage à 2015.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.