Les pis­to­lets d’alarme étaient en fait des armes mor­telles

Le Parisien (Paris) - - PARIS - JU­LIEN DUFFÉ

NON CONTENT de s’être spé­cia­li­sé dans le tra­fic de stu­pé­fiants et d’armes, il ex­cel­lait aus­si dans le bri­co­lage. Un homme de 42 ans et deux de ses com­plices ont été in­ter­pel­lés cette se­maine par la bri­gade des stu­pé­fiants de Pa­ris, dont l’en­quête de huit mois s’est ache­vée par une spec­ta­cu­laire sai­sie. A Villa­bé (Es­sonne), dans le pa­villon de sa mère, les po­li­ciers ont mis la main sur quelque 92 pis­to­lets d’alarme dont plu­sieurs avaient été trans­for­més en armes lé­tales de ca­libre 7.65.

Le reste du stock doit en­core être ex­per­ti­sé par le la­bo­ra­toire cen­tral de la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris mais, se­lon la bri­gade des stups, toutes les armes de poing sai­sies avaient vo­ca­tion à être « mi­li­ta­ri­sées ». Car au do­mi­cile du prin­ci­pal mise en cause, qui vi­vait à Mi­try-Mo­ry (Seine-etMarne) mais tra­fi­quait dans une ci­té de Noi­sy-le-Sec (Seine-Saint-De­nis), les po­li­ciers ont dé­cou­vert un vé­ri­table ate­lier « se­mi-pro­fes­sion­nel » avec fo­reuse, presse et même un pe­tit four pour pré­pa­rer des mu­ni­tions. Tou­jours en garde à vue hier, la tête de ré­seau, dé­jà connue pour tra­fic de co­caïne et d’armes, reste mu­tique. Mais ses deux com­parses ont com­men­cé à par­ler. Ce sont eux qui étaient char­gés d’ache­ter dans des ar­mu­re­ries, avec de faux pa­piers d’iden­ti­té, les pis­to­lets d’alarme ti­rant des balles à blanc. Ceux-ci étaient ache­tés 50 € pour être re­ven­dus, une fois trans­for­més, au moins 1 500 €, soit 30 fois plus cher.

Au­cun lien éta­bli avec des fi­lières ter­ro­ristes

« Ces armes mi­li­ta­ri­sées sont dis­crètes mais ca­pables de tuer ou d’oc­ca­sion­ner des dé­gâts ma­jeurs, sou­ligne Ch­ris­tophe Des­coms, chef de la bri­gade des stu­pé­fiants. Concrè­te­ment, avec ces ou­tils, le mis en cause par­ve­nait à rem­pla­cer les par­ties plas­tique par un ca­non mé­tal­lique ca­pable de sup­por­ter la pres­sion et la tem­pé­ra­ture de la mu­ni­tion. » Se­lon les pre­miers élé­ments de l’en­quête, il agis­sait seul dans sa phase de bri­co­lage. Sa mère, « ex­trê­me­ment ma­lade », a été mise hors de cause, son lo­ge­ment ne ser­vant que de lieu de sto­ckage. Se­lon le pré­fet de po­lice, Mi­chel Ca­dot, au­cun lien n’a été éta­bli avec d’éven­tuelles fi­lières ter­ro­ristes.

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