Le bar A la Bonne Bière rouvre trois se­maines après les at­ten­tats

Ha­bi­tués et cu­rieux étaient au ren­dez-vous hier pour la ré­ou­ver­ture du ca­fé A la Bonne Bière, fer­mé après avoir su­bi les tirs des ter­ro­ristes le 13 no­vembre.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - NACIM CHIKH

À 8 HEURES PILE, hier ma­tin, A la Bonne Bière a le­vé son ri­deau de fer pour la pre­mière fois de­puis trois se­maines. Le bar, à l’angle des rues du Fau­bourg-Saint-An­toine et de la Fon­taine-au-Roi (XIe), a été l’une des cibles des com­man­dos du 13 no­vembre. Cinq per­sonnes y ont per­du la vie sous les tirs des ter­ro­ristes. « Avant tout, nos pen­sées vont aux fa­milles des vic­times et à ceux en­core bles­sées », ex­plique de­vant les nom­breux jour­na­listes pré­sents la gé­rante, Au­drey Di­ly, la voix mal as­su­rée mal­gré un texte ap­pris par coeur.

C’est le pre­mier ca­fé à rou­vrir de­puis les at­ten­tats. Sur la ter­rasse, l’ar­doise où s’af­fiche ha­bi­tuel­le­ment le me­nu est re­cou­verte d’un mes­sage de re­mer­cie­ment adres­sé aux pom­piers, à la po­lice mais aus­si aux ri­ve­rains pour leur sou­tien. Les vitres ont été chan­gées et les murs ra­va­lés pour « ef­fa­cer les stig­mates des at­taques », ra­conte Au­drey Di­ly. L’équipe en poste hier ma­tin est la même que le soir de l’at­taque. Au­cun em­ployé ne sou­haite s’ex­pri­mer au­près de la presse, et les échanges avec les clients ne laissent rien pa­raître des évé­ne­ments pas­sés.

Au comp­toir, un groupe d’em­ployés de la pro­pre­té de la Ville de Pa­ris avale un ca­fé avant de par­tir tra­vailler. Les autres sont presque tous des clients de longue date, ve­nus pour « re­prendre les pe­tites ha­bi­tudes et voir les potes », ra­conte Mar­cel, un bi­jou­tier qui ha­bite là de­puis vingt ans.

« De­puis les at­ten­tats, le quar­tier est très triste, presque mort. Là, c’est la vie qui re­prend », se ré­joui­til. A co­té de lui, Ca­mel a fait 30 km ex­près. « Ça fait trente ans que je fré­quente ce bar. C’est le pre­mier ca­fé où je suis en­tré après mon ar­ri­vée en France. Ça fait un bien fou de re­voir leurs têtes », sou­rit-il.

La­ra, qui étu­die la pho­to à cô­té, quai de Jem­mapes (Xe), vient dé­mar­rer sa jour­née ici de­puis un an et de­mi. « J’at­ten­dais avec im­pa­tience la ré­ou­ver­ture. Le cli­mat était très lourd. Je voyais les gens dé­po­ser des fleurs tous les ma­tins, des en­fants qui de­mandent à leurs pa­rents ce qu’il se passe », confie la jeune femme. Une heure après, la horde de jour­na­listes com­mence à se dis­per­ser. L’am­biance est moins agi­tée. Presque nor­male, comme un ven­dre­di or­di­naire.

VI­DÉO

le­pa­ri­sien.fr/75

« De­puis les at­taques, le quar­tier est triste » Mar­cel, bi­jou­tier et ri­ve­rain de­puis vingt ans

(LP/Jean-Bap­tiste Quen­tin.)

Rue de la Fon­taine-au-Roi (XIe), hier. Ce bar, où cinq per­sonnes ont été tuées, est le pre­mier éta­blis­se­ment à rou­vrir par­mi ceux qui ont été tou­chés par les at­taques. A l’en­trée, les mes­sages de sou­tien sont en­core nom­breux.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.