Les meur­triers de Ca­li­for­nie ont tué au nom de Daech

Le couple qui a abat­tu 14 per­sonnes mer­cre­di aux Etats-Unis au­rait agi pour le groupe Etat is­la­mique, se­lon une agence de presse proche de l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - San Ber­nar­di­no (Etats-Unis) De notre cor­res­pon­dante MA­GA­LI GRUET

ILS SE SE­RAIENT ren­con­trés sur un site ma­tri­mo­nial en 2014. Syed Fa­rook, Amé­ri­cain de 28 ans né dans l’Il­li­nois de pa­rents d’ori­gine pa­kis­ta­naise et éle­vé en Ca­li­for­nie, avait fait le dé­pla­ce­ment en Ara­bie saou­dite pour faire la connais­sance de Ta­sh­feen Ma­lik, 27 ans, ci­toyenne pa­kis­ta­naise. Mer­cre­di, tous deux ont tué 14 per­sonnes dans un centre pour han­di­ca­pés lors d’une opé­ra­tion com­man­do mé­ti­cu­leu­se­ment pré­pa­rée. Un mas­sacre qui semble être mo­ti­vé par le ra­di­ca­lisme is­la­mique.

Ta­sh­feen Ma­lik, femme dis­crète, au­rait pos­té des mes­sages sur Fa­ce­book fai­sant al­lé­gance à Abou Ba­kr al-Bagh­da­di, le lea­deur de Daech. Hier soir, une agence de presse proche de l’EI af­fir­mait même qu’elle et son ma­ri étaient des par­ti­sans du groupe ter­ro­riste.

Syed Fa­rook s’était ren­du neuf jours en Ara­bie saou­dite pour ren­con­trer Ta­sh­feen Ma­lik. Il l’avait fait ve­nir aux Etats-Unis grâce à un « vi­sa fian­cé », qui per­met à un étran­ger d’en­trer sur le ter­ri­toire et d’y res­ter à condi­tion qu’un ma­riage ait lieu dans les quatre-vingt-dix jours. « Il m’a dit qu’il s’était ma­rié re­li­gieu­se­ment à la grande mos­quée de La Mecque », se sou­vient Ni­zaam Ali, qui fré­quente la même mos­quée ca­li­for­nienne que lui, non loin du lieu du drame.

« Ils étaient cor­diaux, ils di­saient bon­jour, mais je ne connais­sais pas leur nom, ce­la fai­sait six mois que nous étions voi­sins », confie An­nie Lar­sen, qui par­tage un mur avec leur pa­villon. « Rien ne sor­tait de l’or­di­naire. Ils re­ce­vaient beau­coup de co­lis, mais c’est la pé­riode des fêtes, ça sem­blait nor­mal. Si j’avais su… » ra­conte-t-elle, la voix trem­blante.

Leur pro­prié­taire aus­si tombe des nues. « C’était des gens très calmes, ils étaient tous les deux sur le bail, je n’ai ja­mais eu au­cun pro­blème », as­sure Doyle Miller. Dans le ga­rage de la mai­son aux murs beige qu’il leur loue, la po­lice a dé­cou­vert un ar­se­nal de 5 000 mu­ni­tions, une dou­zaine de bombes, des armes au­to­ma­tiques. A la mos­quée de Mus­coy, où Syed Fa­rook se ren­dait pour la prière tous les mi­dis lors de sa pause dé­jeu­ner, les fi­dèles sont dé­sem­pa­rés. « Nous vou­lons dé­non­cer ces actes, nous sommes des ci­toyens amé­ri­cains et l’is­lam ce n’est pas ça », as­sène Ni­zaam Ali. « Fa­rook vi­vait le rêve amé­ri­cain. Il avait un bon bou­lot, un bon sa­laire, une femme et un en­fant. Sa femme, nous ne la connais­sions pas trop, elle l’avait juste ac­com­pa­gné il y a quelques mois pour ache­ter une chèvre en vue de l’Aïd. Elle por­tait le voile », com­plète Ro­shan Ab­bas­si, l’as­sis­tant de l’imam.

Le FBI en­quête sur un pos­sible lien entre le couple et les or­ga­ni­sa­tions ter­ro­ristes, et a fait état de coups de fil à des sym­pa­thi­sants du ji­had ces der­nières an­nées. Rien n’in­dique tou­te­fois que les deux tueurs aient été « di­ri­gés » par l’EI, nuancent des res­pon­sables fé­dé­raux. « A ce stade, nous pen­sons qu’ils sont plus au­to­ra­di­ca­li­sés et ins­pi­rés par le groupe que vrai­ment com­man­dés pour com­mettre la fu­sillade », a ex­pli­qué une source au « New York Times ».

Ch­ris­tian Nwa­dike, un an­cien col­lègue de Syed Fa­rook, s’est dit cho­qué et pense qu’il s’est ra­di­ca­li­sé au cô­té de sa femme : « Je pense qu’il s’est ma­rié à une ter­ro­riste. »

Des coups de fil à des sym­pa­thi­sants du ji­had

Syed Fa­rook et sa femme ne lais­saient rien trans­pa­raître d’une éven­tuelle ra­di­ca­li­sa­tion.

Red­lands (Etats-Unis), hier. Le couple meur­trier louait ce pa­villon où ont été re­trou­vées 5 000 mu­ni­tions, une dou­zaine de bombes ain­si que des armes au­to­ma­tiques.

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