Les ou­bliés de la cam­pagne

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - CA­RO­LINE BRAUD

PEUT-ÊTRE PLUS en­core que d’ha­bi­tude, ces pe­tits can­di­dats au­ront été les grands ou­bliés de ces élec­tions ré­gio­nales. Eux n’ont pas de par­ti po­li­tique pour les sou­te­nir, et très peu, voire pas de moyens pour se faire en­tendre. Mais ils ont tout de même réus­si à consti­tuer des listes. Pour eux, disent-ils, c’est dé­jà une vic­toire.

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au­to­no­mistes

La Corse, où se pré­sentent trois listes na­tio­na­listes, n’est pas la seule ré­gion à ré­cla­mer son au­to­no­mie. La Bre­tagne aus­si compte trois listes ré­gio­na­listes, dont celle me­née par le chef de file des Bon­nets rouges Ch­ris­tian Troa­dec. Face à lui, Ber­trand De­leon conduit Notre chance, l’in­dé­pen­dance. Son rêve : faire de la Bre­tagne « un Etat d’Eu­rope » à part en­tière. De­puis 2001, il est de toutes les élec­tions, pour faire évo­luer les men­ta­li­tés. En Al­sace, la liste de Jean-Georges Trouillet clame « Non à l’Acal, oui à nos ré­gions ». Le Stras­bour­geois, qui n’a d’yeux que pour les can­tons suisses et les län­der al­le­mands, re­ven­dique un sta­tut ré­gio­nal d’au­to­no­mie. La ré­forme ter­ri­to­riale met un frein sé­vère à ses am­bi­tions en re­grou­pant Al­sace, Cham­pagne-Ar­denne et Lor­raine. Mais Trouillet, qui, à 38 ans, en est à sa troi­sième élec­tion et a fait 14 % aux dé­parte- men­tales dans le Haut-Rhin, es­père pe­ser pour or­ga­ni­ser un ré­fé­ren­dum sur la fu­sion.

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listes ci­toyennes

Conqué­rir la grande ré­gion Aqui­taine - Li­mou­sin - Poi­tou-Cha­rentes, comme les In­di­gnés ont ga­gné la mai­rie de Bar­ce­lone : c’est l’ob­jec­tif de Fai­sons en­semble, une liste 100 % ci­toyenne. A sa tête, Jo­seph Bous­sion, jeune Bayon­nais de 30 ans qui re­jette les « pro­fes­sion­nels de la po­li­tique ». C’est d’ailleurs pour cette rai­son qu’il a quit­té Nou­velle Donne, l’al­ter­na­tive de gauche créée par Pierre Lar­rou­tu­rou, vieux rou­tier de la po­li­tique pas­sé par les Verts et le PS. « C’est un mou­ve­ment de­ve­nu un par­ti », tranche Bous­sion. Nou­velle Donne, qui avait le vent en poupe pour les eu­ro­péennes de juin 2014, ne pré­sente des listes que dans trois ré­gions. « Quand il se crée, un par­ti at­tire beau­coup d’adhé­rents, mais cer­tains n’ont pas la culture du consen­sus, on a souf­fert de plu­sieurs dé­parts », re­con­naît Ri­chard Sanz, membre du co­mi­té de cam­pagne en Nor­man­die. En Ile-de-France, Fluo (Fé­dé­ra­tion uni­taire, li­ber­taire, uni­taire, ou­verte) qui re­groupe no­tam­ment des membres du Par­ti pi­rate et de Can­na­bis sans fron­tières, se veut le fer de lance des po­pu­la­tions ou­bliées. « Je ne suis ni teu- feur, ni fu­meur, ni pros­ti­tué. Je suis un père de famille, fonc­tion­naire, blond…, in­siste Tho­mas Wa­ta­nabe-Ver­mo­rel, no 2 Fluo à Pa­ris. Ce qu’on veut, c’est vivre libre, en­semble. »

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aty­piques.

Fran­çois As­se­li­neau est pré­sent dans douze ré­gions en mé­tro­pole et à la Réunion. Qui est cette tête de liste de l’Union po­pu­laire ré­pu­bli­caine (UPR) en Ile-de-France ? Haut fonc­tion­naire, sor­ti de HEC et de l’ENA, il a tra­vaillé dans des ca­bi­nets mi­nis­té­riels de droite. Son par­ti, il l’a créé en 2007, « tout seul, sans bud­get, sans sou­tien », ra­conte-til. Huit ans plus tard, il re­ven­dique 9 125 adhé­rents, « des jeunes, des chô­meurs, des pi­lotes de ligne, des agri­cul­teurs, des ou­vriers, beau­coup de mu­si­ciens », dé­taillet-il. L’UPR, jure-t-il, comp­te­rait même « 6 % de Fran­çais ex­pa­triés dans 79 pays. » En Ile-de-France, l’Union des dé­mo­crates mu­sul­mans fran­çais (UDMF) se pré­sente pour « dés­is­la­mi­ser le dé­bat et le re­cen­trer sur les pré­oc­cu­pa­tions des Fran­çais, le chô­mage, le pou­voir d’achat, pré­cise la tête de liste, Ni­zaar Bourchada. Si le dé­bat évo­lue, le mot mu­sul­man n’au­ra plus lieu de fi­gu­rer dans le nom du par­ti. »

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