Fin des pro­mos sur le tra­fic de can­na­bis

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - Un en­quê­teur

ILS AVAIENT par­fai­te­ment adap­té les mé­thodes du mar­ke­ting mo­derne à leur com­merce illi­cite de stu­pé­fiants. Mar­di, les po­li­ciers du groupe d’en­quêtes an­ti­drogue de la sécurité pu­blique de Lyon (Rhône) ont mis un terme à un ju­teux tra­fic d’herbe te­nu par une di­zaine de sus­pects. Ces der­niers avaient mis en place un sys­tème de vente de drogue à do­mi­cile, né­ces­si­tant le re­cours à des li­vreurs à scoo­ter, comme le fe­rait une piz­ze­ria.

Se­lon les pre­mières in­ves­ti­ga­tions, cette équipe de tra­fi­quants avait réus­si à fi­dé­li­ser près de 600 clients à Lyon et dans sa proche ban­lieue, grâce à des « offres pro­mo­tion­nelles » et des « re­lances com­mer­ciales agres­sives ».

« Ces tra­fi­quants opé­raient comme dans un com­merce clas­sique, sou­tient un en­quê­teur. Ils pre­naient les com­mandes de leurs clients par té­lé­phone avant de les li­vrer chez eux. Ils dis­po­saient de deux li­vreurs, équi­pés de puis­sants scoo­ters TMax. Et pour être sûrs de fi­dé­li­ser leurs consom­ma­teurs, tous les quinze jours, ils leur adres­saient des mes­sages d’alerte pour les pré­ve­nir de l’ar­ri­vée d’une nou­velle four­née de weed (herbe) ou leur pro­po­ser des pro­mo­tions. » Preuve de l’in­ten­si­té de l’ac­ti­vi­té de ce gang : au bout de six se­maines d’uti­li­sa­tion d’un des scoo­ters TMax, ache­té neuf, ce der­nier pré­sen­tait dé­jà près de 6 000 km au comp­teur… Outre les deux-roues, les tra­fi­quants as­su­raient aus­si leurs li­vrai­sons au vo­lant d’une pim­pante Fiat 500.

Au cours des per­qui­si­tions des do­mi­ciles des sus­pects, les po­li­ciers de la sécurité pu­blique de Lyon ont sai­si près de 1,5 kg d’herbe et de ré­sine de can­na­bis, ain­si que des or­di­na­teurs et des pro­duits élec­tro­mé­na­gers pro­ve­nant d’es­cro­que­ries au cré­dit à la consom­ma­tion.

Un pre­mier coup de filet dans ce ré­seau de vente de can­na­bis à do­mi­cile avait dé­jà été réa­li­sé voi­ci quelques mois. Mais la pe­tite en­tre­prise illi­cite avait de­puis re­pris son ac­ti­vi­té de plus belle. Cer­tains membres de cette équipe de dea­leurs pré­su­més au­raient éga­le­ment en pa­ral­lèle des fonc­tions dans d’autres af­faires ayant pi­gnon sur rue et ser­vant à blan­chir l’ar­gent du tra­fic de stu­pé­fiants.

« Pour fi­dé­li­ser les consom­ma­teurs, ils leur adres­saient des mes­sages pour les pré­ve­nir de l’ar­ri­vée

d’une four­née de weed »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.