« Un mo­ment char­nière pour la ca­pi­tale »

Le Parisien (Paris) - - HISTOIRE - Pro­pos recueillis par C.D.S.

LORÀNT DEUTSCH pu­blie­ra en sep­tembre 2016 (chez Mi­chel La­fon) un deuxième tome de son best-sel­ler (2 mil­lions d’exem­plaires ven­dus) pa­ru en 2009. Il y ex­plo­re­ra tou­jours l’his­toire de Pa­ris, mais en em­prun­tant cette fois ses grands axes : rues, routes, ca­naux… et la Seine, comme le firent les Vi­kings de Sig­frid il y a 1130 ans. A la fin 885, les Vi­kings vou­laient pas­ser par Pa­ris, non l’as­sié­ger. Que s’est-il pas­sé ? LORÀNT DEUTSCH. Il n’y avait plus grand-chose à prendre ! Les Vi­kings s’étaient dé­jà bien ser­vis lors de plu­sieurs raz­zias me­nées à par­tir de 845. Ils vou­laient cette fois pour­suivre leur che­min vers la Bour­gogne, mais les Pa­ri­siens, qui avaient fait construire un pont for­ti­fié, leur ont re­fu­sé ce pas­sage. Ce­lui qui contrô­lait le tra­fic sur la Seine contrô­lait Pa­ris. Que re­pré­sen­tait la ville alors ? Son grand dé­clin a com­men­cé sous Char­le­magne qui ins­talle sa cour à Aix-la-Cha­pelle. Au IXe siècle, Pa­ris est dé­lais­sé et sombre dans un cer­tain ou­bli jus­qu’à la ré­sis­tance hé­roïque d’Eudes qui dé­fend l’île de la Ci­té des as­sauts scan­di­naves. De cette confron­ta­tion, elle sor­ti­ra grandie. Pour­quoi ? La ré­pu­ta­tion de l’em­pe­reur Charles le Gros, qui re­fuse de se battre quand il dé­barque en ren­fort en oc­tobre 886, va être pro­fon­dé­ment ter­nie au­près des Pa­ri­siens. Eux ont ré­sis­té, et cet acte rend la ville plus in­dé­pen­dante du pou­voir ca­ro­lin­gien. Eudes se­ra élu peu après roi de Fran­cie oc­ci­den­tale (par­tie ouest de l’em­pire) et pré­pa­re­ra l’avè­ne­ment de la dy­nas­tie ca­pé­tienne qui, di­rec­te­ment ou par ses branches, va ré­gner près de mille ans sur la France.

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