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Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Pro­pos recueillis par C. BA.

Le so­cio­logue, Ga­briel Se­gré a si­gné un ou­vrage in­ti­tu­lé « Fans de… So­cio­lo­gie des nou­veaux cultes contem­po­rains »*. Il dé­crypte la kev­ma­nia. « Kev Adams ré­pond à plu­sieurs be­soins des pré­ados et des ados : ce­lui de s’iden­ti­fier à une ve­dette, ce­lui de s’ini­tier au sen­ti­ment amou­reux sans risque — puisque la re­la­tion reste vir­tuelle — et en­fin ce­lui de se do­ter d’une culture propre, qui s’op­pose à la culture des adultes. Le jeune âge de Kev Adams am­pli­fie la fer­veur des fans parce qu’il fa­vo­rise les pro­ces­sus d’iden­ti­fi­ca­tion. Il y a eu beau­coup de ve­dettes ado­les­centes ou très jeunes. El­vis a connu le suc­cès à 19 ans, les Rol­ling Stones, les Beatles, les yé-yé ou des boys bands comme To­kio Ho­tel ou One Di­rec­tion ont eux aus­si été connus à moins de 20 ans… Si, dans le même temps, Kev Adams sus­cite aus­si des cri­tiques as­sez vio­lentes, c’est parce que dès qu’il y a un en­goue­ment pour une star, ce­la dé­clenche en ré­ponse une hos­ti­li­té très grande. Ce­la s’était pro­duit pour Pa­trick Bruel ou Roch Voi­sine. Autre phé­no­mène clas­sique : quand il y a des phé­no­mènes de fans, on en­tend que ce se­ra un feu de paille. Sou­vent, la fer­veur s’éteint dou­ce­ment en même temps que gran­dissent le fan et la ve­dette. Mais il ar­rive que les fans gran­dissent avec les ar­tistes qu’ils ad­mirent. In­do­chine a rem­pli le Stade de France vingt-huit ans après les dé­buts de son suc­cès. Kev Adams peut as­seoir une sta­ture d’ac­teur et avoir un suc­cès du­rable. Il a le po­ten­tiel pour du­rer même s’il ne dé­clen­che­ra sans doute plus d’hys­té­rie. »

(DR.)

Ga­briel Se­gré.

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