Eagles of Death Me­tal re­monte sur scène avec U2 à Ber­cy

ÉVÉ­NE­MENT. Moins d’un mois après l’at­ten­tat du Ba­ta­clan, le groupe ca­li­for­nien re­vient sur scène à Pa­ris de­main soir pour jouer un mor­ceau avec U2. Tout un sym­bole.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - ÉRIC BU­REAU

« POUR UNE NUIT, les tueurs ont pris des vies, la mu­sique, la paix de l’es­prit, mais ils ne pou­vaient pas vo­ler l’es­prit de cette ville. C’est un es­prit que notre groupe connaît bien et que nous es­saie­rons de ser­vir lorsque nous y re­vien­drons les 6 et 7 dé­cembre. Nous fe­rons de notre mieux pour Pa­ris », avait pro­mis U2 en an­non­çant qu’ils re­tour­ne­raient à l’Ac­corHo­tels Are­na (Ber­cy) ho­no­rer les dates an­nu­lées au len­de­main des at­ten­tats de Pa­ris et du Stade de France le 13 no­vembre.

Ce soir et de­main, les quatre Ir­lan­dais au­ront des in­vi­tés. D’abord Pat­ti Smith au­jourd’hui, qui chan­te­ra avec eux son hymne « People Have the Po­wer », comme ils l’avaient dé­jà fait à Londres. Et de­main, U2 se­ra re­joint sur scène par Eagles of Death Me­tal lors d’un mor­ceau fi­nal qui pren­dra une ré­so­nance am­pli­fiée par la re­trans­mis­sion en di­rect du concert sur la chaîne amé­ri­caine HBO.

Pour des rai­sons de sécurité, beau­coup au­raient pré­fé­ré que le re­tour d’Eagles of Death Me­tal, trois se­maines après son tra­gique concert au Ba­ta­clan, reste se­cret. Mais ou­treAt­lan­tique, le ma­ga­zine « Bill­board » a pu­blié dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di cette in­for­ma­tion, qui nous a été confir­mée hier par plu­sieurs sources. Dans une in­ter­view à « Pa­ris Match » pa­rue jeu­di, Jesse Hug- hes, le chan­teur d’Eagles of Death Me­tal, to­ta­le­ment bou­le­ver­sé par la mort de 90 fans et amis au Ba­ta­clan, dont le res­pon­sable de ses pro­duits dé­ri­vés en tour­née, Nick Alexan­der, et son pro­mo­teur au sein du la­bel Mer­cu­ry, Tho­mas Ayad, an­non­çait : « Nous al­lons re­ve­nir en France très vite pour mon­trer à ces bar­bares qu’ils ne nous ont pas mis à terre… Je n’ou­blie­rai ja­mais ces hommes qui ont vou­lu ai­der leurs potes bles­sés à sor­tir du Ba­ta­clan et qui se sont fait abattre. Pour eux, pour leur mé­moire, pour mes amis, j’ai un lien in­dé­fec­tible avec la France. »

C’est U2 qui offre à Eagles of Death Me­tal de te­nir très vite cette pro­messe. Dès le len­de­main des at- ten­tats, les Ir­lan­dais s’étaient recueillis et avaient dé­po­sé des gerbes de­vant le Ba­ta­clan. « Nous sommes bou­le­ver­sés par ce qui ar­rive à nos amis trou­ba­dours et à leur pu­blic, avait dé­cla­ré Bo­no. C’est un groupe ex­trê­me­ment ta­len­tueux, qui tra­verse le pire des cau­che­mars et a été très élé­gant de­puis. » Ce 14 no­vembre, en toute dis­cré­tion, le chan­teur de U2 a fait li­vrer des té­lé­phones por­tables aux membres d’Eagles of Death Me­tal, qui avaient lais­sé ou per­du le leur dans la salle de concert. Les Ir­lan­dais leur ont aus­si pro­po­sé d’uti­li­ser leur avion pri­vé pour re­ve­nir chez eux, en Ca­li­for­nie. Si leurs mu­siques n’ont pas grand-chose en com­mun, Bo­no et Jesse Hu­ghes par­tagent, outre la pas­sion du rock, une au­then­tique foi re­li­gieuse.

Eagles of Death Me­tal a éga­le­ment pro­mis de re­ve­nir en France pour fi­nir sa tour­née. Le groupe pour­rait jouer en fé­vrier au Pa­lo­ma, à Nîmes, et au Grand Mix, à Tour­coing, comme c’était pré­vu avant le drame. Mais quelle salle pa­ri­sienne pour­ra rem­pla­cer le Ba­ta­clan, où ils veulent être les pre­miers à re­jouer, mais qui pour­rait ne pas rou­vrir avant fin 2016 ? Le Zé­nith ? Sui­vi de fes­ti­vals d’été ? Bien mal­gré lui, Eagles of Death Me­tal est de­ve­nu plus qu’un groupe : un sym­bole de ré­sis­tance.

« J’ai un lien in­dé­fec­tible avec la France » Jesse Hu­ghes, chan­teur des Eagles of Death Me­tal

(AFP/Ke­vin Win­ter.)

Très af­fec­té par les at­ten­tats, le groupe amé­ri­cain tient à re­mon­ter sur scène en France en hom­mage aux vic­times.

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