Le ré­cit ter­ri­fiant d’une vic­time ou­bliée

TER­RO­RISME. Les au­teurs de la tue­rie de San Ber­nar­di­no, qui a fait 14 morts mer­cre­di en Ca­li­for­nie, au­raient agi seuls. Sans re­ven­di­quer l’at­ten­tat, l’Etat is­la­mique les qua­li­fie de « sol­dats » de son ca­li­fat.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - VA­LÉ­RIE MAHAUT

EN RE­CON­NAIS­SANT les tueurs de San Ber­nar­di­no (Etats-Unis) comme des « sol­dats » de son ca­li­fat au­to­pro­cla­mé, l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste Etat is­la­mique (EI) fait clai­re­ment des Etats-Unis une cible sur son propre sol. Une cible que n’im­porte quel fa­na­tique peut frap­per sans être té­lé­gui­dé de­puis Ra­q­qa (Syrie), quar­tier gé­né­ral de Daech. L’acte de ter­ro­risme is­la­miste ne fait plus de doute de l’autre cô­té de l’At­lan­tique. Le FBI (Fe­de­ral Bu­reau of In­ves­ti­ga­tion) a an­non­cé qu’il me­nait ses in­ves­ti­ga­tions en ce sens. Sans se concen­trer tou­te­fois ex­clu­si­ve­ment sur Daech.

La méthode du couple com­man­do, qui a tué 14 per­sonnes et fait 21 bles­sés, évoque aus­si la si­gna­ture d’Al-Qaï­da. C’est no­tam­ment la voi­ture pié­gée dé­cou­verte de­vant le centre so­cial pour han­di­ca­pés de San Ber­nar­di­no, où les ter­ro­ristes ont frap­pé mer­cre­di, qui conduit les en­quê­teurs à creu­ser cette piste.

Pour l’heure, le FBI épluche la vie des deux tueurs, ra­di­ca­li­sés, et à re­tra­cer leur par­cours jus­qu’au mas­sacre. Mer­cre­di ma­tin, en plein re­pas de Noël au centre so­cial de la ville ca­li­for­nienne, Syed Fa­rook, un Amé­ri­cain d’ori­gine pa­kis­ta­naise de 28 ans, et son épouse Ta­sheen Ma­lik, 29 ans, sur­gissent en te­nue pa­ra­mi­li­taire, ar­més de fu­sils d’as­saut et de pis­to­lets. Ils tirent en ra­fales. Le com­man­do se­ra abat­tu dans sa fuite.

Contrai­re­ment à son ma­ri, ren­con­tré en 2013, Ta­sheen Ma­lik avait la na­tio­na­li­té pa­kis­ta­naise, pays où elle a gran­di avant de sé­jour­ner en Ara­bie saou­dite. Elle se se­rait pro­gres­si­ve­ment, puis ra­di­ca­le­ment, tour­née vers la re­li­gion ces trois der­nières an­nées. Ins­tal­lés tous deux en Ca­li­for­nie de­puis l’été 2014, les ter­ro­ristes étaient pa­rents d’une fillette de 6 mois.

Si leur en­tou­rage connais­sait leur pra­tique re­li­gieuse, tous n’ont pas per­çu la dé­rive du couple. Pour­tant, se­lon le FBI, or­di­na­teurs et té­lé­phones por­tables dé­cou­verts dans leur ap­par­te­ment ré­vèlent des conver­sa­tions avec des ex­tré­mistes aux EtatsU­nis et peut-être à l’étran­ger. Une par­tie du tra­vail des en­quê­teurs consis­te­ra à dé­ter­mi­ner s’ils sont des « loups so­li­taires » qui se sont « au­to­sai­sis » d’une mis­sion cri­mi­nelle.

Les Etats-Unis prennent la me­sure de leur fra­gi­li­té et Ba­rack Oba­ma as­sure que l’Amé­rique ne se lais­se­ra pas « ter­ro­ri­ser » : « Nous dé­fen­drons nos va­leurs, celles d’une so­cié­té ou- verte et libre. Nous sommes forts. Nous sommes ré­sis­tants. » Quelques heures après ces pro­pos du pré­sident des Etats-Unis, la me­nace d’une « at­taque im­mi­nente » pla­nait sur le consu­lat amé­ri­cain d’Is­tan­bul, en Tur­quie. L’at­ten­tat de San Ber­nar­di­no, le plus meur­trier aux Etats-Unis de­puis le 11 sep­tembre 2001, au­gure une ri­poste ac­crue sur le front ira­ko­sy­rien. « Face à une me­nace com­mune », Fran­çois Hol­lande (qui a té­lé­pho­né hier à son ho­mo­logue amé­ri­cain), et Ba­rack Oba­ma ont ré­af­fir­mé leur vo­lon­té de « faire front com­mun avec leurs al­liés en unis­sant leurs ef­forts et leurs moyens ».

La po­lice an­ti­ter­ro­riste bri­tan­nique a in­di­qué hier soir en­quê­ter sur une at­taque à l’arme blanche contre plu­sieurs per­sonnes à la sta­tion de mé­tro Ley­tons­tone dans l’est de Londres. Un homme a été ar­rê­té. «Nous consi­dé­rons ce­la comme un acte ter­ro­riste», a dé­cla­ré le res­pon­sable de cette uni­té, Ri­chard Wal­ton.

Ta­sheen Ma­lik s’était pro­gres­si­ve­ment, puis ra­di­ca­le­ment, tour­née vers la re­li­gion ces trois der­nières an­nées

Red­lands (Etats-Unis), ven­dre­di. Dans l’ap­par­te­ment ca­li­for­nien de Syed Fa­rook et Ta­sheen Ma­lik, les en­quê­teurs ont no­tam­ment sai­si des or­di­na­teurs et des té­lé­phones por­tables qui ré­vèlent des conver­sa­tions avec des ex­tré­mistes aux Etats-Unis et peut-être à l’étran­ger.

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