Le Front na­tio­nal es­père ra­fler la mise

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Ma­rine Le Pen à pro­pos du PS et de LR VA­LÉ­RIE HACOT

la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Hier, au FN, on ne vou­lait sur­tout pas cé­der au triom­pha­lisme. « Je suis se­reine et… pru­dente », confie ain­si Ma­rine Le Pen. Et de ta­bler sur un Front na­tio­nal en tête dans « quatre ou cinq ré­gions ».

A la veille du scru­tin, la pré­si­dente du Front la joue donc pro­fil bas. Pas ques­tion de trop se ré­jouir des son­dages qui, jour après jour, cré­ditent le par­ti d’ex­trême droite d’une réelle dy­na­mique. « Ce que je sou­haite, c’est que notre score soit su­pé­rieur à ce­lui que nous avons réa­li­sé aux dé­par­te­men­tales (NDLR : 25,2 % au pre­mier tour). Si nous y par­ve­nons, ce­la prou­ve­ra que nous sommes un grand par­ti. Ce qui est sûr en tout cas c’est que di­manche nous se­rons le pre­mier par­ti de France », pour­suit Ma­rine Le Pen.

Le dis­cours est vo­lon­tai­re­ment me­su­ré. Reste que, dans les faits, les fron­tistes es­pèrent bien ra­fler la mise ce soir. « Pour nous, le scé­na­rio idéal se­rait d’être en tête dans la plu­part des ré­gions », as­sure Da­vid Ra­chline, le sé­na­teur-maire de Fré­jus. Et de ci­ter pêle-mêle Paca, Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die, Lan­gue­doc-Rous­sillon - Mi­di-Py­ré­nées, Bour­go­gneF­ranche-Com­té, Nor­man­die, et Al­sace - Cham­pagne-Ar­denne - Lor­raine. Des pré­vi­sions qui re­coupent les der­nières en­quêtes d’opi­nions. Pour le FN, les condi­tions n’ont en ef­fet ja­mais été aus­si bonnes. Non seule­ment cette élec­tion à la pro­por­tion­nelle ne peut que lui bé­né­fi­cier, mais l’ac­tua­li­té a joué en sa fa­veur. Ma­rine Le Pen a beau s’en dé­fendre — « Il y avait une dy­na­mique avant », ba­laiet-elle —, le cli­mat d’in­quié­tude né après les at­ten­tats du 13 no­vembre a gon­flé à bloc son par­ti : « Les Fran­çais sont lu­cides, ils ont vu que les quelques me­su­rettes prises par le gou­ver­ne­ment sont en phase avec ce que nous di­sons de­puis des mois », af­firme Da­vid Ra­chline.

Reste une in­con­nue : même si le FN fait un car­ton au pre­mier tour, par­vien­dra-t-il à trans­for­mer l’es­sai et s’ins­tal­ler à la tête d’une ré­gion le 13 dé­cembre ? Ma­rine Le Pen a dé­jà trou­vé la pa­rade. De p u i s de s mois, elle dé­nonce « les tri­pa­touillages élec­to­raux » du PS et des Ré­pu­bli­cains entre les deux tours : « Ils fe­ront tout pour nous em­pê­cher de ga­gner. Ils n’ont qu’une trouille qu’on dé­montre ce qu’on est ca­pable de faire. » De quoi lui per­mettre de se po­ser en vic­time en cas de dé­faite.

@vha­cot1 LE MEILLEUR SCÉ­NA­RIO : Un FN en tête dans près de la moi­tié des ré­gions. LE MAU­VAIS SCÉ­NA­RIO : Et si les son­deurs avaient sur­éva­lué les élec­teurs FN ? C’est la grande crainte des fron­tistes. Le pire cas de fi­gure : ne pas faire la course en tête ce soir dans leurs ré­gions phares, le Nord - Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die et Paca.

« Ils n’ont qu’une trouille : qu’on dé­montre ce qu’on

est ca­pable de faire »

Nice (Alpes-Ma­ri­times), le 27 no­vembre. Ma­rine Le Pen ne veut pas crier vic­toire trop vite. Sa crainte : ne pas ar­ri­ver en tête ce soir en Paca et dans le Nord-Pas-Ca­lais - Pi­car­die.

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