A droite, le quitte ou double de Sar­ko­zy

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - L’état ma­jor des Ré­pu­bli­cains OLI­VIER BEAUMONT

NI­CO­LAS SAR­KO­ZY et les siens connaî­tront-ils une nou­velle « vague bleue » ? Celle-là même qui avait per­mis à la droite d’en­chaî­ner les suc­cès aux mu­ni­ci­pales de 2014 et aux dé­par­te­men­tales de 2015. Rue de Vau­gi­rard, au siège des Ré­pu­bli­cains, l’ex­pres­sion est en tout cas ban­nie. Elle a même car­ré­ment dis­pa­ru des élé­ments de lan­gage de­puis plu­sieurs se­maines. La rai­son est simple : alors que la droite es­pé­rait pro­fi­ter de l’im­po­pu­la­ri­té du gou­ver­ne­ment et de Fran­çois Hol­lande pour ra­fler la mise dans la qua­si­to­ta­li­té des treize ré­gions, la voi­là confron­tée à un pou­voir re­quin­qué dans l’opi­nion de­puis les at­ten­tats du 13 no­vembre et un FN por­té par les son­dages. « Au fi­nal, ça se­ra peut-être quatre, ou cinq ré­gions qui bas­cu­le­ront en notre fa­veur. On a re­vu nos am­bi­tions à la baisse », ru­mine un membre du bu­reau po­li­tique.

Trois ter­ri­toires pour­raient bien bas­cu­ler à droite : l’Ile-de-France (avec Va­lé­rie Pé­cresse), les Pays de la Loire (Bru­no Re­tailleau), et le Cen­treVal de Loire (avec l’UDI Phi­lippe Vi­gier). « Pour le reste, c’est la grande in­con­nue ! Même Laurent Wau­quiez, qui avait plu­sieurs points d’avance sur le PS en Au­vergne - Rhône-Alpes, a vu son avance fondre comme neige au so­leil », s’in­quiète un proche de Sar­ko­zy. Et que dire de Xa­vier Ber­trand (Nord - Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die) et Ch­ris­tian Es­tro­si (Paca), em­bar­qués dans une ter­rible ba­taille face aux Le Pen (tante et nièce), et dont la vic­toire — très hy­po­thé­tique — pour­rait se jouer à la fa­veur d’al­liances ou de dé­sis­te­ments des can­di­dats de la gauche ! « Et alors ? Hol­lande a bien été élu en 2012 avec des voix d’élec­teurs FN qui ne vou­laient plus de Sar­ko­zy », ar­gu­men­tet-on dans les équipes de cam­pagne d’Es­tro­si et de Ber­trand.

Ce soir, Ni­co­las Sar­ko­zy de­vrait s’ex­pri­mer aux en­vi­rons de 21 heures pour com­men­ter le ré­sul­tat de ce pre­mier tour. Et le bu­reau po­li­tique se réuni­ra ex­cep­tion­nel­le­ment de­main à 11 heures, au siège du par­ti, pour dé­fi­nir la ligne of­fi­cielle de l’entre-deux-tours. « Nous main­tien­drons nos listes par­tout où nous se­rons en po­si­tion de les main­te­nir », a dé­jà pré­ve­nu Sar­ko­zy. Le pa­tron des Ré­pu­bli­cains a sur­tout bien pris soin, ces der­niers jours, de ne pas sys­té­ma­ti­que­ment en­dos­ser ses ha­bits de chef de l’op­po­si­tion, au pro­fit de sa sta­ture d’an­cien chef de l’Etat. « Il veut res­ter au-des­sus, pour ne pas avoir à payer les pots cas­sés en cas de dé­faite, et ne pas af­fai­blir son image », an­ti­cipe dé­jà l’état-ma­jor du par­ti. Car très vite après les ré­gio­nales, une autre ba­taille dé­bu­te­ra à droite : celle de la pri­maire.

@oli­vier­beau­mont

« Il veut res­ter au-des­sus, pour ne pas avoir à payer les pots cas­sés en cas de dé­faite

LE MEILLEUR SCÉ­NA­RIO : La droite ar­rive en tête dans six à dix ré­gions au soir du pre­mier tour. Le FN est moins haut que pré­vu, ce qui per­met aux Ré­pu­bli­cains d’es­pé­rer des vic­toires dans le Nord et en Paca. LE MAU­VAIS SCÉ­NA­RIO : Un FN en tête ce soir dans la moi­tié des ré­gions, ins­tal­lant pour de bon le tri­par­tisme. Pé­cresse au coude-àcoude avec Bar­to­lone en Ile-deF­rance. Es­tro­si, Ber­trand et Wau­quiez mal en­ga­gés pour l’em­por­ter. La droite troi­sième dans cer­taines ré­gions, comme en Lan­gue­docRous­sillon - Mi­di-Py­ré­nées.

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Rouen (Seine-Ma­ri­time), lun­di. Ni­co­las Sar­ko­zy a pris soin ces der­niers temps de ne pas en­dos­ser ses ha­bits de chef de l’op­po­si­tion mais ceux d’an­cien chef d’Etat.

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