Au PS, on craint le pire, mais…

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - PHI­LIPPE MARTINAT

DÉ­TA­CHE­MENT ap­pa­rent à l’Ely­sée, fris­sons d’an­goisse au PS. Ra­re­ment le contraste au­ra été aus­si vi­sible. Pour bien mon­trer que lui, c’est lui et les autres, c’est les autres, Fran­çois Hol­lande a en­voyé aux élec­teurs une der­nière image à la veille du pre­mier tour des ré­gio­nales : celle du chef des ar­mées sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle » en mis­sion de guerre contre Daech. Le pré­sident fait ain­si com­prendre qu’il n’est pas dans la même sé­quence que ses ca­ma­rades so­cia­listes. A eux les tra­cas élec­to­raux, à lui le com­bat de­vant l’his­toire. Très peu pro­bable, donc, que Hol­lande se ha­sarde à li­vrer pu­bli­que­ment le moindre com­men­taire sur les résultats du 1er tour. « Il va fer­mer sa gueule, ré­sume crû­ment un res­pon­sable du PS. Il a re­trou­vé une cote de po­pu­la­ri­té qui le re­met dans le jeu pour 2017, alors il ne va pas jouer ça sur un coup de dés di­manche soir. »

Valls à la ma­noeuvre

Il en va tout au­tre­ment pour Ma­nuel Valls. En tant que chef du gou­ver­ne­ment, le Pre­mier mi­nistre ne peut se dé­ta­cher du ré­sul­tat de ces ré­gio­nales. « Il a par­fai­te­ment vu de­puis quelques se­maines, mal­gré les as­su­rances du pré­sident, qu’il se­rait me­na­cé en cas de lourde dé­faite du PS », confie un mi­nistre. Re­fu­sant de res­ter inerte, Valls a donc mis sur la place pu­blique, il y a un mois, le scé­na­rio de la fu­sion des listes avec la droite pour bar­rer la route au FN. Dans son camp, l’ac­cueil fut mi­ti­gé pour ne pas dire hos­tile. Valls se­ra à la ma­noeuvre di­manche soir avec JeanCh­ris­tophe Cam­ba­dé­lis pour ten­ter de maî­tri­ser les troupes dans les ré­gions. Rude soi­rée en pers­pec­tive.

Dans les rangs so­cia­listes, l’am­biance est pour le moins fé­brile. « Ab­so­lu­ment per­sonne ne sait ce qu’il va se pas­ser, c’est an­gois­sant, sou­pire un cadre di­ri­geant du par­ti. Ce­la montre notre in­ca­pa­ci­té à im­po­ser une po­si­tion com­mune à nos têtes de listes dans les ré­gions. » Pour ten­ter de maî­tri­ser le chaos an­non­cé, Cam­ba­dé­lis a pré­ve­nu par SMS les cadres so­cia­listes dans les ter­ri­toires qu’il ne vou­lait voir qu’une seule tête di­manche soir et n’en­tendre qu’une seule voix : la sienne. Un voeu pieux, sans doute. Re­trait, fu­sion ou main­tien, ce se­ra le tier­cé du grand prix de la Rue de Sol­fe­ri­no qui se cour­ra di­manche à par­tir de 21 h 30. « Si non seule­ment on n’a à l’ar­ri­vée que trois ré­gions et qu’en plus on se désho­nore en lais­sant pas­ser le FN… » s’alarme un di­ri­geant so­cia­liste. Cer­tains prient pour un pe­tit sur­saut de par­ti­ci­pa­tion sal­va­teur. « Bien ma­lin qui peut le dire ! » ré­torque un di­ri­geant. Pas de quoi ras­su­rer les so­cia­listes. LE MEILLEUR SCÉ­NA­RIO Avoir un to­tal gauche ce soir per­met­tant d’es­pé­rer conser­ver cinq ré­gions mé­tro­po­li­taines. Dont la plus im­por­tante, l’Ile-de-France. LE MAU­VAIS SCÉ­NA­RIO Le PS n’a les moyens de conser­ver que trois ré­gions (Bre­tagne, Aqui­taine et Lan­gue­doc-Rous­sillon - Mi­diPy­ré­nées). Son main­tien au 2d tour dans cer­tains ter­ri­toires peut faire pas­ser le FN. Dans d’autres, un re­trait pour­rait ne pas suf­fire à battre le FN tout en pri­vant le PS d’élus ré­gio­naux pen­dant six ans : une double peine.

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