Bou­te­fli­ka de re­tour en Al­gé­rie

Le pré­sident Bou­te­fli­ka, 78 ans, hos­pi­ta­li­sé de­puis jeu­di à Gre­noble, a re­ga­gné son pays où de plus en plus de voix s’élèvent pour dé­non­cer son in­ca­pa­ci­té à gou­ver­ner.

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - S.P.

UNE FOIS n’est pas cou­tume : la pré­si­dence al­gé­rienne com­mu­nique sur les dé­pla­ce­ments mé­di­caux du pré­sident Ab­de­la­ziz Bou­te­fli­ka. Hier, elle a ain­si fait sa­voir qu’après trois jours pas­sés à l’hô­pi­tal de Gre­noble (Isère) « pour des contrôles mé­di­caux pé­rio­diques », le pré­sident al­gé­rien avait quit­té la France dans l’après-mi­di pour re­ga­gner l’Al­gé­rie. De­puis jeu­di, il était hos­pi­ta­li­sé au ser­vice de car­dio­lo­gie du Groupe hos­pi­ta­lier mu­tua­liste, où exerce son car­dio­logue, Jacques Mon­sé­gu. Une cli­nique qu’il connaît bien, puis­qu’il y avait dé­jà sé­jour­né en no­vembre 2014.

Cette re­la­tive trans­pa­rence des au­to­ri­tés al­gé­riennes laisse tou­te­fois de nom­breux Al­gé­riens sur leur faim. Le com­mu­ni­qué, très la­co­nique, ne donne au­cun dé­tail sur le bul­le­tin de san­té du chef de l’Etat. De quoi sus­ci­ter de nom­breuses in­ter­ro­ga­tions.

Per­sonne ne sait com­ment il va

En ef­fet, de­puis son ac­ci­dent vas­cu­laire cé­ré­bral (AVC) en 2013, Ab­de­la­ziz Bou­te­fli­ka, 78 ans, est très af­fai­bli. Sa mo­bi­li­té est ré­duite, son élo­cu­tion dif­fi­cile, ses ac­ti­vi­tés pu­bliques très rares et il n’ap­pa­raît à la té­lé­vi­sion of­fi­cielle que lors­qu’il re­çoit des in­vi­tés étran­gers. Ré­sul­tat, nom­breux sont les Al­gé­riens à s’in­sur­ger contre le peu d’in­for­ma­tions dis­til­lées par les au­to­ri­tés sur l’état de san­té de leur pré­sident.

Hier, le quo­ti­dien « El Watan » s’in­ter­ro­geait : « Où est pas­sé le bul­le­tin de san­té de Bou­te­fli­ka ? » Et le jour­nal de dé­plo­rer que l’an­nonce de ce dé­pla­ce­ment mé­di­cal « ne ré­pond au­cu­ne­ment à la ques- tion de sa­voir com­ment va le pré­sident ». Une ques­tion cru­ciale. Le 1er no­vembre der­nier, 19 per­son­na­li­tés avaient adres­sé un cour­rier au chef de l’Etat pour qu’il les re­çoive. Ob­jec­tif : vé­ri­fier si Ab­de­la­ziz Bou­te­fli­ka était bien au cou­rant de la conduite des af­faires du pays. Une de­mande res­tée lettre morte. Le Pre­mier mi­nistre, Ab­del­ma­lek Sel­lal — qui re­pré­sente dé­sor­mais Bou­te­fli­ka dans tout ses dé­pla­ce­ments à l’étran­ger, no­tam­ment au Bourget (Seine-Saint-De­nis) pour la COP21 —, s’était alors bor­né à leur ré­pondre que le pré­sident as­su­mait plei­ne­ment sa fonc­tion.

Une af­fir­ma­tion qui ne per­met pas, tou­te­fois, de le­ver les doutes sur les ca­pa­ci­tés à gou­ver­ner d’Ab­de­la­ziz Bou­te­fli­ka.

Ab­de­la­ziz Bou­te­fli­ka a pas­sé trois jours au ser­vice car­dio­lo­gie du Groupe hos­pi­ta­lier mu­tua­liste, à Gre­noble (Isère), « pour des contrôles mé­di­caux pé­rio­diques », se­lon la pré­si­dence al­gé­rienne.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.