Se­riez-vous prêt à sous­crire un prêt im­mo­bi­lier à taux va­riable ?

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - B.M.

Aline Xo­lin

sage-femme Col­mar (68) « Non, car, si le taux est va­riable, on de­vra rem­bour­ser plus si les taux aug­mentent. Ça peut être po­si­tif comme né­ga­tif. J’ai be­soin de sa­voir ce que je vais rem­bour­ser au to­tal plu­tôt que d’être dans l’in­cer­ti­tude de ce que je vais de­voir rem­bour­ser au fi­nal. Je n’ai pas pour le mo­ment de pro­jet d’achat im­mo­bi­lier, mais, dans un ave­nir proche, d’ici quatre à cinq ans, ça se fe­ra sans doute. »

Na­dia Laou­chir

ven­deuse Clichy-la-Ga­renne (92) « Ça dé­pend. Ça peut gé­né­rer des dif­fi­cul­tés si la per­sonne a un re­ve­nu faible. Si le taux aug­mente, la per­sonne peut se re­trou­ver en dif­fi­cul­té. Au moins, avec un taux fixe, on sait à quoi s’en te­nir, alors que là ça baisse, ça aug­mente. Je ne suis pas pro­prié­taire mais lo­ca­taire. J’en­vi­sage d’ache­ter un ap­par­te­ment. Je me donne trois ans. Je vais prendre le temps de ré­flé­chir et voir com­ment ça évo­lue. »

Yan­nick Mour­cia

réa­li­sa­teur Chan­tilly (60) « Oui, c’est un coup de po­ker que j’ac­cep­te­rais, que je sois per­dant ou ga­gnant. En France, peu de gens osent in­ves­tir. Si on est à la tête d’une en­tre­prise, ce qui est mon cas, je ne dis pas. Mais si c’est à titre per­son­nel, prendre un taux va­riable pour être pro­prié­taire, je se­rais prêt à le faire. Pour l’ins­tant, je suis lo­ca­taire. Mais dans les cinq ans à ve­nir, j’en­vi­sage d’ache­ter. »

Bar­ba­ra Cecchetti

cadre su­pé­rieure Mi­lan (Ita­lie) « Non. En Ita­lie, j’avais ache­té un ap­par­te­ment avec un cré­dit à taux va­riable. En cinq ans, les men­sua­li­tés sont pas­sées de 300 à 500 €. L’ap­par­te­ment, lui, ne de­vient pas plus grand. On vient d’ache­ter un ap­par­te­ment en France à taux fixe et c’est plus ras­su­rant et plus agréable. On sait que, dans les vingt pro­chaines an­nées, on paie­ra la même chose. »

Alain Bel­fer

cadre Douai (59) « Non. Tous nos cré­dits sont à taux fixes. Les du­rées des cré­dits s’al­longent dé­sor­mais. Avec la va­ria­bi­li­té des taux, on n’a pas la maî­trise. C’est un coup de po­ker, mais qu’on ne maî­trise pas sur la du­rée. Comme en Bourse. On peut ga­gner, mais on peut aus­si perdre pas mal. Après, si on n’avait pas eu le choix, s’il n’y avait pas eu d’autre so­lu­tion, on au­rait peut-être ten­té. » « Dans plu­sieurs banques, l’écart entre les taux fixes et ré­vi­sables ca­pés + 1/-1 (pla­fon­nés à 1 % de hausse ou à 1 % de baisse) est ac­tuel­le­ment de 0,40 % seule­ment, sou­ligne San­drine Allonier, res­pon­sable des re­la­tions banques chez le cour­tier Vous­fi­nan­cer.com. Avec le risque que le ré­vi­sable de­vienne su­pé­rieur au taux fixe dans les pro­chaines an­nées. » En­fin, pour des em­prun­teurs aux re­ve­nus an­nuels su­pé­rieurs à 100 000 €, le Cré­dit agri­cole d’Ile-de-France pro­pose un taux fixe sur vingt ans à 2,20 %, bien plus in­té­res­sant que son taux ré­vi­sable à 2,45 % sur la même du­rée et ca­pé à + 1 %. Pour­quoi une telle dif­fé­rence ? Sans doute la banque pré­voit-elle qu’une hausse des taux fi­ni­ra bien par ar­ri­ver !

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