« Je ne veux sur­tout pas pas­ser pour un égo­cen­trique »

Ligue des cham­pions.

Le Parisien (Paris) - - ILE-DE-FRANCE SPORTS - BEIN SPORTS 3, 17 HEURES Pro­pos recueillis par STÉ­PHANE BIAN­CHI

C’EST AU­JOURD’HUI, jour de la SaintNi­co­las, que l’aî­né des frères Ka­ra­ba­tic a dé­ci­dé de lan­cer une ap­pli­ca­tion nu­mé­rique à son nom (lire ci-des­sous) afin de se rap­pro­cher de son pu­blic. L’oc­ca­sion pour la star mon­diale du hand, qui af­fronte les Slo­vènes de Celje cet après-mi­di en Ligue des cham­pions avec le PSG, de dé­voi­ler quelques pans de sa per­son­na­li­té. Vous êtes dé­sor­mais avec Zla­tan Ibra­hi­mo­vic l’un des rares spor­tifs en France à avoir votre ap­pli­ca­tion… NI­KO­LA KA­RA­BA­TIC. Je ne sais pas si l’ap­pli­ca­tion de Zla­tan lui per­met d’être da­van­tage tour­né vers ses fans, d’avoir plus d’in­ter­ac­ti­vi­té avec eux ou si c’est une simple « ligne » à son pal­ma­rès. Mais moi, c’est quelque chose qui me tient à coeur, ce se­ra un vrai lien avec mes fans. Les spor­tifs ayant leur ap­pli ont la ré­pu­ta­tion d’être un peu nom­bri­listes… Cette ap­pli est jus­te­ment tout l’in­verse d’un acte égo­cen­trique. Le but n’est pas de dire à mes potes : « Eh, re­gar­dez, j’ai mon ap­pli mais je ne m’en sers pas ! » Si je fai­sais un livre main­te­nant, les gens pour­raient se dire que je me prends pour un autre. Mais là, c’est pour par­ta­ger da­van­tage, don­ner plus… C’est une ma­nière de ré­com­pen­ser les gens qui me suivent. Je ne veux sur­tout pas pas­ser pour un égo­cen­trique, ce n’est pas mon ca­rac­tère. L’image que vous ren­voyez est im­por­tante à vos yeux ? Oui, mais je n’en fais pas un contrôle strict. Je ne suis pas du genre à re­lire toutes mes in­ter­views, à sur­veiller tout ce qui s’écrit ou se dit sur moi… Je suis na­tu­rel, j’es­saie de faire en sorte que mon image colle à ce­lui que je suis vrai­ment. Comme tous les spor­tifs, j’ai une forte per­son­na­li­té sur le ter­rain. Je suis un fon­ceur, un bat­tant, un am­bi­tieux, par­fois même har­gneux. Mais dans la vie de tous les jours, je suis calme, po­sé. J’aime ri­go­ler. On vous sent plu­tôt éloi­gné du star-sys­tème ? Parce que le hand connaît une no­to­rié­té toute ré­cente. Au­jourd’hui, les joueurs de hand peuvent bien vivre de leur sport, mais ce n’était pas le cas il y a peu. A mes dé­buts à Mont­pel­lier, je suis pas­sé par une pé­riode où j’avais juste as­sez d’ar­gent pour payer mon loyer et faire mes courses. Dans d’autres sports, à 18 ans, tu peux dé­jà ga­gner des mil­lions. Je pense que les hand­bal­leurs ont le res­pect du tra­vail et des gens parce qu’ils ne se sentent pas dif­fé­rents d’eux. On a tous eu une vie nor­male. Un spor­tif comme vous a-t-il le droit d’avoir des fai­blesses ? Bien sûr, on a tous des mo­ments où ça ne marche pas, où on se de­mande si on est tou­jours bon… J’ai beau­coup de pé­riodes de doute, de ques­tion­ne­ment, de peur par­fois. Je me mets beau­coup de pres­sion dans mon job car il y a beau­coup d’at­tente au­tour de moi. Mais il y a un mo­ment où ça s’ar­rê­te­ra et, là, je me re­po­se­rai (rires). Ce­la de­mande-t-il aus­si un tra­vail psy­cho­lo­gique ? Il faut sur­tout ap­prendre à re­la­ti­vi­ser car plus le temps passe, plus tes chances de perdre aug­mentent… Il y a dix ans par exemple, la dé­faite à Vesz­prem (NDLR : 28-20 en Ligue des cham­pions la se­maine der­nière) m’au­rait anéan­ti et mis la tête dans le seau pour plu­sieurs se­maines. Mais main­te­nant, avec l’ex­pé­rience, je sais que la Ligue des cham­pions est longue et qu’on peut en­core ter­mi­ner pre­miers du groupe. Et avec le temps, tu prends sur­tout conscience que les dé­faites ne sont pas les plus grands drames de ta vie. C’est-à-dire ? Au dé­but de ma car­rière, toutes mes émo­tions étaient liées au sport. Il y a quelques an­nées, je vous au­rais dit que ma plus grande peine était la 5e place aux JO d’Athènes. Au­jourd’hui, c’est d’avoir per­du mon père. Même une échelle de 1 à 100 ne suf­fi­rait pas à faire la com­pa­rai­son. Ma plus grosse joie est en­core liée au sport, mais je vais bien­tôt être pa­pa et j’ima­gine que la pa­ter­ni­té sur­pas­se­ra tout ça. Pour­quoi avoir choi­si de dé­voi­ler votre fu­ture pa­ter­ni­té sur les ré­seaux so­ciaux ? C’est ma com­pagne qui a eu cette idée-là. Il ne faut ja­mais contra­rier une femme en­ceinte (rires). Au fi­nal, ce clip était une su­per idée, j’ai trou­vé ça mar­rant et bien fait. Et ça va dans le sens du par­tage dont je par­lais pré­cé­dem­ment. Les ré­seaux so­ciaux donnent une ou­ver­ture de champ énorme. Près de 4 mil­lions de per­sonnes ont vu la vi­déo, c’est un truc de fou ! Ne crai­gnez-vous pas de bri­ser la fron­tière entre votre vie pu­blique et pri­vée ? Non, parce que j’es­saie tou­jours de trou­ver le juste mi­lieu. Je par­tage des mo­ments, une pho­to, une vi­déo, mais qui ne sont que des ins­tan­ta­nés de ma vie pri­vée. Je ne poste pas cha­cun de mes pas. Je me sers de mes ré­seaux pour par­ta­ger des ins­tants mais pas pour com­men­ter la vie. Al­lez-vous tou­jours à l’en­traî­ne­ment en mé­tro comme vous le fai­siez à votre ar­ri­vée à Pa­ris ? Oui. Pour moi qui n’ai pas de voi­ture et qui suis un peu éco­lo sur les bords, le mé­tro c’est l’idéal. Comme j’ai tou­jours fait at­ten­tion au monde qui nous en­toure, c’est un vrai plus pour la vie pa­ri­sienne. Les at­ten­tats du 13 no­vembre ont-ils chan­gé vos ha­bi­tudes ? Non. J’aime bien ma fa­çon de faire, je ne chan­ge­rai pas. Com­ment avez-vous vé­cu ces évé­ne­ments ? Ça fait mal, ça te dé­goûte, tu te sens pe­tit, tout pe­tit face à ça. Pire même. Il y a des gens qui meurent à cô­té, et toi tu vas t’en­traî­ner, tu vas jouer… Tu te sens in­si­gni­fiant et tu te rends compte de la fo­lie du monde dans le­quel tu vis. C’était dur ! Ce­la fait peur quand on va être pa­pa… Oui, ça fait un peu peur. Mais mal­heu­reu­se­ment, les at­ten­tats exis­taient dé­jà lorsque je suis né. Ça fait peur, mais il ne faut pas s’ar­rê­ter de vivre.

« Dans la vie de tous les jours,

je suis calme, po­sé » « Au dé­but de ma car­rière, toutes mes émo­tions étaient liées au sport »

(Presse Sports/Ju­lien Faure.)

« Je ne suis pas du genre à re­lire toutes mes in­ter­views, à sur­veiller tout ce qui s’écrit ou se dit

sur moi… Je suis na­tu­rel, j’es­saie de faire en sorte que mon image colle à

ce­lui que je suis vrai­ment », as­sure la star mon­diale du hand Ni­ko­la Ka­ra­ba­tic. LA 10e JOUR­NÉE (groupe A). Hier

14 h 15 3. 5. 6. 8.

Au­jourd’hui, 17 heures : 19 h 30 : LE CLAS­SE­MENT. 1.

2.

4.

7.

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