Jesse Hu­ghes, ro­ckeur, conser­va­teur, pas­teur et fu­meur d’herbe

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Jesse Hu­ghes, chan­teur des Eagles of Death Me­tal E.B.

DE­PUIS CETTE HOR­RIBLE soi­rée du 13 no­vembre, plus per­sonne n’ignore qui est Eagles of Death Me­tal. Ni un groupe de re­prises des Eagles ni un groupe de death me­tal, ex­ten­sion du hard rock. Avant la tra­gé­die du Ba­ta­clan, ce groupe ca­li­for­nien n’était qu’un des groupes cultes des ama­teurs de grosses gui­tares élec­triques, uti­li­sant comme beau­coup la my­tho­lo­gie sexe, drogue et rock’n’roll, mais avec une dose d’hu­mour et de pro­vo­ca­tion qui n’ap­par­tient qu’à eux. Cette sin­gu­la­ri­té, ce groupe à prendre au se­cond de­gré la doit à son lea­deur, chan­teur et gui­ta­riste, Jesse Hu­ghes, né il y a 43 ans en Ca­ro­line du Sud. Un per­son­nage haut en cou­leur, aus­si char­mant qu’in­gé­rable, à la fois hypersensible et sûr de lui. Comme un disque vi­nyle, il a deux faces.

Face A, c’est un ro­cker très res­pec­té, dont le père était lui-même mu­si­cien. Il a fon­dé les Eagles of Death Me­tal en 1998 avec son ami d’en­fance Josh Homme, lea­der de Queens of the Stone Age — qui se­ra sur scène avec lui à Ber­cy de­main soir —, et l’a conçu comme la ren­contre entre le rock’n’roll des pion­niers et le hard rock grand gui­gnol de Kiss.

La face B est in­at­ten­due. Sous ses nom­breux ta­touages, Jesse Hu­ghes n’est pas le re­belle qu’on ima­gine. Fé­ru de po­li­tique, c’est un ré­pu­bli­cain convain­cu, ten­dance ul­tra­con­ser­va­trice, qui voue un culte à Ro­nald Rea­gan et George Bush, sou­tient Do­nald Trump et a tou­jours pen­sé qu’il pour­rait être élu un jour sé­na­teur. « Mais per­sonne ne pour­ra me dire que je suis ra­ciste : je suis trop co­ol pour ça », pré­cise-t-il en in­ter­view.

Col­lec­tion­neur d’armes, chez lui à Los An­geles, il est aus­si membre ac­tif de la NRA (Na­tio­nal Rifles As­so­cia­tion), la puis­sante as­so­cia­tion qui dé­fend le port d’armes aux Etats-Unis. Tout en étant un fervent ch­ré­tien, op­po­sé à l’avor­te­ment, qui a été or­don­né il y a trois ans ré­vé­rend de l’Eglise de la vie uni­ver­selle, une or­ga­ni­sa­tion ca­li­for­nienne.

La croix dans une main, une tête de mort dans l’autre, c’est ain­si qu’ap­pa­raît Jesse Hu­ghes dans un do­cu­men­taire amé­ri­cain qui lui est consa­cré. En vente de­puis deux mois sur iTunes, « The Re­demp­tion of the De­vil » (« la ré­demp­tion du diable »), suit The De­vil, l’un de ses sur­noms, pen­dant un an. On le voit fu­mer de l’herbe avec sa com­pagne, Tues­day Cross, une an­cienne ac­trice X, mais aus­si s’amu­ser chez lui à ti­rer avec sa ca­ra­bine, son pis­to­let, son fu­sil-mi­trailleur… « Hon­nê­te­ment, si les armes à feu étaient in­ter­dites aux Etats-Unis, ce se­rait un dé­sastre », as­sure-t-il. Dans son en­tre­tien à « Pa­ris Match », il avoue s’être ren­du avec des fans juste avant son concert du Ba­ta­clan dans une ar­mu­re­rie pa­ri­sienne. Il en était res­sor­ti avec

un cran d’ar­rêt.

« Per­sonne ne pour­ra me dire que je suis ra­ciste : je

suis trop co­ol pour ça »

(DR.)

Il y a trois ans, le lea­deur du groupe de rock a été or­don­né ré­vé­rend de l’Eglise de la vie uni­ver­selle, ba­sée en Ca­li­for­nie.

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