30 ans et toutes ses dents de fauves

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Y.J.

Le cirque Ar­lette Gruss souffre d’un dé­fi­cit mé­dia­tique par rap­port à l’autre cirque Gruss, ce­lui d’Alexis. Ar­lette, qui a tou­jours moins fait par­ler d’elle, a dis­pa­ru en 2006. Son fils Gil­bert a re­pris cet énorme cirque qui a sur­tout construit sa ré­pu­ta­tion en pro­vince. Il reste peu à Pa­ris, et pis, ne joue ja­mais pen­dant les va­cances de Noël, parce que la fon­da­trice vou­lait que toute la troupe passe les fêtes en famille. Pour­tant, en cette pé­riode d’in­quié­tude et de crise, il af­fiche com­plet ou presque : pu­blic fi­dèle et très lar­ge­ment com­po­sé des bé­né­fi­ciaires de co­mi­tés d’en­tre­prises. Le spec­tacle an­ni­ver­saire des 30 ans dé­pous­sière le clas­sique. C’est un cirque qui « sent » : l’odeur des tigres, des quatre mous­que­taires élé­phants, des che­vaux aus­si de Lau­ra-Ma­ria Gruss, et les va­peurs des mo­tos, un nu­mé­ro pro­pre­ment in­croyable de mo­tards qui vi­re­voltent dans une cage — d’autres fauves, cas­qués et ru­gis­sants —, tan­dis que d’autres la sur­volent et at­ter­rissent der­rière la piste. Ce cirque joue la carte de la sur­prise, sou­vent as­sez loin de la per­for­mance clas­sique, comme ce jon­gleur de lu­mières la­ser, Alexan­dro Hur­ta­do, qui em­brase la salle à coups de fais­ceaux lu­mi­neux dans toutes les di­rec­tions. Dif­fi­cile d’éva­luer la réelle dif­fi­cul­té du nu­mé­ro, mais l’im­pres­sion vi­suelle est for­mi­dable. Comme les per­ro­quets d’An­to­nio Zat­ta, qu’il fait vo­ler au-des­sus du pu­blic à tra­vers la salle, et qui re­viennent se po­ser au­tour de lui, un par un, avec non­cha­lance et poé­sie. C’est, tout sim­ple­ment, du tra­vail bien fait, au cor­deau, avec un mon­sieur Loyal jeune qui ap­porte une touche d’hu­mour et de se­cond de­gré. On y al­lait presque à re­cu­lons, mais on n’a plus en­vie de par­tir.

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