Les rai­sons d’une forte abs­ten­tion

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - AVA DJAMSHIDI

vrai­ment eu de sur­saut ci­toyen. Trois se­maines après les at­ten­tats qui ont en­deuillé la France, les élec­teurs n’ont pas pris les urnes d’as­saut hier, à l’oc­ca­sion du pre­mier tour des ré­gio­nales, avec un taux d’abs­ten­tion de 49 %.

Les Fran­çais se sont tou­te­fois plus mo­bi­li­sés que lors du pre­mier tour des ré­gio­nales en 2010. Il y a cinq ans, plus d’un élec­teur sur deux ne s’était pas dé­pla­cé pour vo­ter (53,6 % d’abs­ten­tion). La par­ti­ci­pa­tion au scru­tin d’hier est à peu près équi­va­lente à celle au pre­mier tour des élec­tions dé­par­te­men­tales de mars.

Ni l’état d’ur­gence ni le choc en­core vi­vace des at­taques du 13 no­vem- bre ne semblent avoir joué de rôle sur le taux de par­ti­ci­pa­tion. « Sauf pour les sym­pa­thi­sants du Front na­tio­nal qui, eux, se sont mo­bi­li­sés », re­lève Cé­line Bracq, di­rec­trice gé­né­rale d’Odoxa. Les élec­to­rats de droite et de gauche, pour leur part, se sont peu dé­pla­cés. « Il y a du fa­ta­lisme de la part de ces ci­toyens. Beau­coup se sont dit que vo­ter ne sert à rien », pour­suit-elle.

Autre rai­son in­vo­quée pour ex­pli­quer ce faible en­goue­ment pour les urnes : un pro­blème d’adé­qua­tion entre l’offre et la de­mande po­li­tiques. « Ces abs­ten­tion­nistes consi­dèrent qu’au­cune liste ne ré­pond à leurs at­tentes », ana­lyse la co­fon­da­trice de l’ins­ti­tut de son­dage. En­fin, le ca­rac­tère lo­cal du scru­tin per­met d’ex­pli­quer ce taux d’abs­ten­tion éle­vé. « Pour beau­coup, l’en­jeu ré­gio­nal ne vaut pas le dé­pla­ce­ment », ex­plique Cé­line Bracq. C’est sur ce le­vier que les can­di­dats vont pou­voir jouer pen­dant l’entre-deux-tours dans l’es­poir de mo­bi­li­ser di­manche.

@AvaD­jam­shi­di

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