Sa nièce as­somme la concur­rence

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Le Pon­tet (Vau­cluse) De notre en­voyé spé­cial FRÉ­DÉ­RIC GERSCHEL

TOUS LES SON­DAGES lui pro­met­taient la 1re place. Et pour une fois, ils ne se sont pas trom­pés. Comme sa tante Ma­rine dans le Nord, Ma­rion Maréchal-Le Pen a pul­vé­ri­sé ses ri­vaux hier en Paca. Avec 40,6 % des voix, elle de­vance les listes de Ch­ris­tian Es­tro­si (26,5 %) et du so­cia­liste Ch­ris­tophe Cas­ta­ner (16,6 %). Un vé­ri­table coup de ton­nerre que ses par­ti­sans réunis dans un gym­nase du Pon­tet pour suivre la soi­rée élec­to­rale ont fê­té comme il se doit. « Ma­rion est très ap­pré­ciée dans la ré­gion. Elle a un cha­risme fou et un ave­nir for­mi­dable de­vant elle. Ici, sa jeunesse est un atout. Ça veut dire qu’elle n’a pas d’an­té­cé­dents, qu’elle n’a pas eu le temps de trem­per dans les ma­gouilles », s’amuse Phi­lippe, 50 ans, ai­de­soi­gnant à l’hô­pi­tal d’Avi­gnon. A Mar­seille, les sym­pa­thi­sants d’Es­tro­si sont sous le choc. Le score de leur cham­pion est dé­ce­vant. Et la pers­pec­tive d’une vic­toire di­manche s’éloigne pour le maire (les Ré­pu­bli­cains) de Nice. « Je ne m’at­ten­dais pas à un tel ré­sul­tat, confie Alexandre, les larmes aux yeux. C’est très grave à 18 mois de la pré­si­den­tielle. »

Le PS se re­tire et n’au­ra donc au­cun élu

Hier soir, Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, le pre­mier se­cré­taire du Par­ti so­cia­liste, a an­non­cé le re­trait des listes PS au se­cond tour en Nord-Pasde-Ca­lais - Pi­car­die et en Paca « pour faire bar­rage ré­pu­bli­cain » au FN. Dans un pre­mier temps, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, le can­di­dat PS, ne l’en­ten­dait pas ain­si. « L’en­semble des forces de gauche est su­pé­rieur à ce­lui du can­di­dat des Ré­pu­bli­cains », a-t-il ar­gu­men­té dans un pre­mier temps avant de fi­na­le­ment se dé­sis­ter vers 23 h 30. « Je dé­cide so­len­nel­le­ment à ap­pe­ler ici à la ré­sis­tance tout le peuple de Paca. Avoir le sens des re­spon- Ma­ré­chalLe Pen 40,6 % Es­tro­si 26,5 % Cas­ta­ner 16,6 % sa­bi­li­tés c’est se re­ti­rer avec beau­coup d’émo­tion, avec beau­coup de peine.» Un re­trait lourd de consé­quences pour le PS qui n’au­ra donc au­cun élu dans le nou­veau con­seil ré­gio­nal, qui semble mal­gré tout pro­mi à Ma­rion Maréchal-Le Pen.

Très sûre d’elle, la ben­ja­mine de l’As­sem­blée, qui fê­te­ra ses 26 ans jeu­di, réuni­ra ce ma­tin son état-ma­jor à Mar­seille pour dé­fi­nir la stra­té­gie. « C’est dans les Bouches-du-Rhône que l’élec­tion va se jouer. C’est là que se si­tue le prin­ci­pal ré­ser­voir de voix », ex­plique son porte-pa­role, Franck Al­li­sio, un ex-di­ri­geant UMP ral­lié au FN. Lo­gi­que­ment, celle qui est de­ve­nue la grande fa­vo­rite du scru­tin tien­dra son grand mee­ting d’entre-deux-tours, mer­cre­di, dans la ci­té pho­céenne. Avant de fi­ler à Pa­ris jeu­di pour une réunion élec­to­rale na­tio­nale avec les cadres FN.

Lors de la 1re par­tie de sa cam­pagne, la jeune femme n’a ces­sé de ci- bler les mu­sul­mans. Sur­fant sans états d’âme sur les at­ten­tats du 13 no­vembre. « Chez nous, on ne vit pas en djel­la­ba », avait-elle lan­cé, de­man­dant aux im­mi­grés de se plier aux « moeurs et au mode de vie que l’in­fluence grecque, ro­maine et seize siècles de chré­tien­té ont fa­çon­né ». La can­di­date fron­tiste avait aus­si stig­ma­ti­sé les as­so­cia­tions « comme le plan­ning fa­mi­lial » qui ba­na­lisent, se­lon elle, l’avor­te­ment, pro­met­tant qu’elle re­ver­rait la po­li­tique des sub­ven­tions si elle était élue. Dé­pi­té, Es­tro­si ten­tait dé­jà, lui, de dra­ma­ti­ser l’en­jeu du se­cond tour : « Le score de Ma­rion Le Pen re­pré­sente une des plus graves me­naces de notre his­toire po­li­tique. Quelles que soient nos di­ver­gences, je vous ap­pelle à faire bloc dans l’in­té­rêt de la ré­gion. » Se­ra-t-il en­ten­du ? Si l’on s’en tient aux chiffres, c’est loin d’être évident.

@fger­schel

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