A huis clos, la souf­flante de Sar­ko­zy aux siens…

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - OLI­VIER BEAUMONT

« NI FU­SION, ni re­trait ! » Le mes­sage de Ni­co­las Sar­ko­zy a été on ne peut plus clair, hier soir, au siège des Ré­pu­bli­cains. Le ré­sul­tat en de­mi­teinte de la droite et du centre n’y change rien. La stra­té­gie, af­fi­chée avant le pre­mier tour, ne va­rie pas d’un io­ta. Non à « je ne sais quel ar­ran­ge­ment tac­tique », a mar­te­lé l’an­cien chef de l’Etat, de la co­lère conte­nue dans la voix, de­vant quelque 150 militants qui ont vite quit­té les lieux après cette soi­rée maus­sade… sans même tou­cher aux ca­ca­huètes et bret­zels du buf­fet. « Comme di­rait le maire de Mar­seille, JeanC­laude Gau­din, ne tom­bons pas dans la bouilla­baisse élec­to­rale ! » as­sène le dé­pu­té Édouard Cour­tial, tan­dis que Ro­ger Ka­rout­chi dresse avec fa­ta­lisme ce constat im­pla­cable : « La France est pro­ba­ble­ment en­trée dans le tri­par­tisme et de ma­nière du­rable. » Pour la droite, qui rê­vait il y a quelques mois d’une France toute bleue, c’est la dé­cep­tion. Avec 26 % des voix se­lon les es­ti­ma­tions, elle fait qua­si­ment le même score qu’aux ré­gio­nales de 2010, qui était son plus mau­vais sous la Ve Ré­pu­blique. Quelques mi­nutes plus tôt, au dixième étage, c’est un Sar­ko­zy sombre qui a réuni son état-ma­jor à huis clos. Au­tour de lui : Luc Cha­tel, Ra­chi­da Da­ti, Eric Woerth, Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet, ou en­core Eric Ciot­ti. « Il était ten­du, très ten­du. Per­sonne n’a osé lui cou­per la pa­role », souffle un par­ti­ci­pant. Im- pos­sible d’ar­rê­ter le pa­tron des Ré­pu­bli­cains. « Après ça, qu’on ne me dise plus que la France n’est pas à droite. Elle l’est plus que ja­mais ! Les Fran­çais at­tendent que nous soyons fermes sur nos va­leurs. L’ef­fon­dre­ment de la gauche prouve que la seule ligne qui compte, c’est la nôtre. Celle d’une droite qui s’as­sume et sans ta­bou », en­fonce-t-il de­vant les siens, ta­clant au pas­sage son prin­ci­pal ri­val à la pri­maire, Alain Jup­pé.

« Quand j’en­tends cer­tains par­ler d’iden­ti­té heu­reuse… », raille-t-il, lais­sant pré­sa­ger une cam­pagne cen­trée d’ici di­manche pro­chain sur les ques­tions d’im­mi­gra­tion et de sécurité. Ob­jec­tif : ré­cu­pé­rer les élec­teurs de droite par­tis au FN et les abs­ten­tion­nistes. « Face au FN, ça se­ra oeil pour oeil, dent pour dent », pré­vient son en­tou­rage. Reste à sa­voir si la ligne du « pa­tron » se­ra te­nue. Dès hier, ses al­liés cen­tristes de l’UDI et du Mo­Dem ont bra­vé la consigne en ap­pe­lant au « re­trait pur et simple des listes ar­ri­vées en troi­sième po­si­tion pour em­pê­cher le FN de ga­gner ». No­tam­ment en Mi­di-Py­ré­nées - Lan­gue­doc-Rous­sillon, où le can­di­dat LR Do­mi­nique Rey­nié est der­rière le FN et le PS. Dans les rangs mêmes des Ré­pu­bli­cains, des voix dis­cor­dantes se sont fait en­tendre contre le mot d’ordre « ni fu­sion, ni re­trait ». « Tout doit être fait pour qu’il n’y ait pas un pré­sident FN », a lâ­ché NKM. « Nous en­re­gis­trons une forte pro­gres­sion du FN, il faut y ré­agir avec lu­ci­di­té et sang-froid », a aus­si re­le­vé Jup­pé. Ce ma­tin, à 11 heures, le bu­reau po­li­tique pour­rait donc vi­rer à la foire d’em­poigne. Le maire de Bor­deaux, qui n’avait pas pré­vu de s’y rendre, a chan­gé ses plans pour être à Pa­ris…

@oli­vier­beau­mont

(E P A / M ax P / Et ie nn e La ur en t. )

Siège du par­ti les Ré­pu­bli­cains (Pa­ris XVe), hier. Ni­co­las Sar­ko­zy, le pa­tron des Ré­pu­bli­cains, re­fuse toute fu­sion ou re­trait des listes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.