Les trois points qui bloquent

Les né­go­cia­tions en vue d’un ac­cord sur le ré­chauf­fe­ment entrent dans la der­nière ligne droite. Il existe en­core des désac­cords sur les ob­jec­tifs à at­teindre, l’ar­gent et le ca­len­drier.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - ÉMI­LIE TORGEMEN

À PAR­TIR DE CE MA­TIN, on passe aux choses sé­rieuses à la COP21. Les po­li­tiques doivent main­te­nant tran­cher dans les op­tions re­cen­sées dans les cinq der­nières pages du « texte brouillon » re­mis ce week-end par les né­go­cia­teurs. Trois points prin­ci­paux bloquent en­core.

nLes ob­jec­tifs à at­teindre : 2 ou 1,5 ?

Il n’y a pas consen­sus sur l’ob­jec­tif de l’ac­cord. Faut-il li­mi­ter le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique à 1,5 ou à2 d’ici à 2100 ? Dans l’ar­ticle 2 du brouillon sur les buts à at­teindre, les dé­lé­gués n’ont pas tran­ché. Les deux hy­po­thèses res­tent men­tion­nées dans le texte : « Sous les 1,5 » et « bien en des­sous des 2 ». En cou­lisse, plus de 110 pays se sont ral­liés au slo­gan « 1,5 pour res­ter en vie » lan­cé par les pe­tits Etats in­su­laires qui risquent de dis­pa­raître sous la mon­tée des eaux. Ils ont no­tam­ment été re­joints par l’Aus­tra­lie.

« Ce ne se­ra pas fa­cile d’ins­crire l’ob­jec­tif de 1,5 mais c’est pos­sible : scien­ti­fi­que­ment, les so­lu­tions tech­niques existent pour at­teindre cet ob­jec­tif, po­li­ti­que­ment, on peut es­pé­rer un consen­sus », es­time Fan­ny Pe­tit­bon, ex­perte cli­mat pour l’as­so­cia­tion Care.

nQui fi­nan­ce­ra quoi ?

L’épi­neuse ques­tion de l’ar­gent sus­cite des blo­cages. « Elle ra­nime la frac­ture Nord-Sud, qui avait cau­sé l’échec de la confé­rence de Copenhague », rap­pelle Ar­melle le Comte, de l’ONG Oxfam. Les pays du Sud qui pol­luent peu mais paient le prix fort des dé­rè­gle­ments cli­ma­tiques veulent bien si­gner l’ac­cord, mais contre un coup de pouce fi­nan­cier des pays riches, au nom de leur res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique. Cer­tains pays sou­hai­te­raient que la Chine ou l’Inde, grands pays émer­gents, mettent aus­si la main à la poche, même s’ils ont par le pas­sé moins pol­lué que l’Eu­rope, par exemple, ce qui sus­cite aus­si des ten­sions.

Autre pro­blème fi­nan­cier, les pays dé­ve­lop­pés avaient pro­mis il y a six ans à Copenhague de mo­bi­li­ser un fonds vert de 100 Mds$ (91,88 Mds€) par an. Mais cette somme fait dé­bat. Com­prend-elle ou non les dons du pri­vé, comme ceux de Bill Gates, par exemple ?

nLa clause de re­voyure

Laurent Fa­bius l’in­di­quait dans notre jour­nal à l’ou­ver­ture de la « Il reste beau­coup d’op­tions entre cro­chets, je reste cir­cons­pect », ex­plique Jo­sé Bo­vé, at­ta­blé à une can­tine 100 % vé­gé­ta­rienne. Mais le cé­lèbre mous­ta­chu veut tout de même croire au suc­cès de la réunion onu­sienne : « Je ne suis pas pour une po­li­tique du pire qui sou­hai­te­rait que les né­go­cia­tions entre Etats échouent au Bourget pour que la so­cié­té ci­vile re­lève le dé­fi toute seule. Je suis prag­ma­tique et ra­di­cal », confie-t-il. COP21 que faire le point ré­gu­liè­re­ment sur les en­ga­ge­ments des Etats est une des condi­tions du suc­cès. L’ébauche d’ac­cord pré­voit bien pour l’ins­tant que les pays « doi- Et de conti­nuer : « Les en­tre­prises ne sont pas des en­fants de choeur, mais je sou­haite qu’elles fassent vent » com­mu­ni­quer leurs nou­veaux ob­jec­tifs « tous les cinq ans ».

Mais il n’est pas sûr que ce­la soit va­li­dé au fi­nal.

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« L’en­jeu est trop im­por­tant pour pi­nailler », mar­tèle Jo­sé Bo­vé (ici lors d’une ma­ni­fes­ta­tion pour le cli­mat, jeu­di à Pa­ris).

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