« Les en­fants étaient bien te­nus, sages, propres… »

Un père de famille a re­con­nu avoir tué sa com­pagne et quatre de leurs cinq en­fants. Il n’a pu four­nir de mo­bile à son geste. L’homme, qui de­vrait être mis en exa­men ce lun­di, au­rait un pas­sé psy­chia­trique.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - Lyon (Rhône) De notre cor­res­pon­dante

GI­SÈLE, une voi­sine, dé­crit Ca­ro­line Geof­froy comme « une bonne ma­man ». « Les en­fants étaient bien te­nus, propres, sages, sans ja­mais un cri. On en­ten­dait juste par­fois le bé­bé pleu­rer. » Ja­mais de dis­putes non plus dans le couple. « Ils avaient l’air de bien s’en­tendre, le père était calme, po­sé et dé­ten­du. »

C’est pour­tant lui, Yas­si­ni Mech­ta, qui a re­con­nu di­manche avoir mas­sa­cré au cou­teau quatre de ses en­fants et sa femme.

Sa­me­di soir, peu après 20 h 30, les se­cours, ap­pe­lés par la soeur de Ca­ro­line, qui s’in­quié­tait de res­ter sans nou­velles, ont dé­cou­vert le père de famille dans le sa­lon de l’ap­par­te­ment, ha­gard et pros­tré. Dans la pièce mi­toyenne, les pom­piers ont consta­té la ma­cabre tue­rie : dis­si­mu­lés sous une cou­ver­ture, les corps de sa com­pagne et de ses quatre pe­tits âgés de 6 mois, 18 mois, 3 ans et 7 ans.

« Il y avait la grand-mère qui criait : “Il a tué mes en­fants”, c’était ter­rible »

« Il a tout de suite re­con­nu être l’au­teur », in­di­quait di­manche le par­quet de Lyon. Pla­cé en garde à vue, l’homme ne se se­rait en­suite guère plus ex­pri­mé sur ce qui l’a pous­sé à com­mettre l’ir­ré­pa­rable. Après pro­lon­ga­tion de sa garde à vue, il doit être pré­sen­té dès au­jourd’hui au par­quet pour l’ou­ver­ture d’une in­for­ma­tion ju­di­ciaire pour ho­mi­cides vo­lon­taires.

C’était une famille « très dis­crè- te ». Au rez-de-chaus­sée d’un im­meuble de la ci­té To­ny-Gar­nier, des lo­ge­ments so­ciaux des­si­nés dans les an­nées 1920 par le cé­lèbre ar­chi­tecte lyon­nais, la famille Mech­ta ne s’était ja­mais fait re­mar­quer de­puis son ins­tal­la­tion au dé­but 2015. Une famille nom­breuse ap­pa­rem­ment sans his­toires.

Le quin­tuple ho­mi­cide re­mon­te­rait au mi­lieu de la se­maine et Yas­si­ni Mech­ta se­rait res­té seul plu­sieurs jours au­près de sa famille dé­ci­mée. Le fils aî­né de la famille, âgé de 14 ans, qui était chez ses grand­spa­rents sa­me­di soir, a échap­pé au mas­sacre.

« En pas­sant de­vant chez eux, on a en­ten­du comme des bruits de dé­mé­na­ge­ment », pour­suit Gi­sèle, qui a du mal à réa­li­ser ce qu’il s’est pas­sé. « Ils ne tra­vaillaient pas. On les voyait juste sor­tir faire les courses et em­me­ner les en­fants à l’école Charles-Pé­guy. » Les voi­sins avaient éga­le­ment re­mar­qué que Ca­ro­line Geof­froy sor­tait peu de chez elle. Si ce n’est pour prendre le vo­lant de son Scé­nic pour al­ler faire les courses.

Sa­me­di soir, cette voi­sine a donc été cho­quée d’as­sis­ter à ce dé­fer­le­ment de po­li­ciers et de pom­piers dans son im­meuble. « Il y avait la grand-mère qui criait : Il a tué mes en­fants, c’était ter­rible », rap­por­teelle. « Moi qui re­garde tou­jours Crimes à la té­lé, je ne m’at­ten­dais pas à vivre ça en di­rect ici », confie-t-elle, at­ter­rée.

Mi­reille et Thier­ry, les voi­sins di­rects de la famille Mech­ta, dé­crivent eux aus­si une famille très dis­crète, qui sor­tait peu de chez elle. « L’homme avait l’air ti­mide, il ne par­lait pas, ne di­sait même pas bon­jour, confie Thier­ry. Et elle, elle ne par­lait ja­mais non plus, elle ne sor­tait faire les courses qu’en pré­sence de son ma­ri ».

Les en­quê­teurs cher­chaient di­manche une ex­pli­ca­tion du cô­té des an­té­cé­dents psy­chia­triques du père de famille. Les proches de la famille ont in­di­qué que Yas­si­ni Mech­ta avait été sui­vi pour des an­té­cé­dents psy­chia­triques et ont évo­qué une forme de schi­zo­phré­nie. Des élé­ments que la po­lice es­saie de vé­ri­fier au­près du corps mé­di­cal.

Mais il ap­pa­raît aus­si qu’il faille ajou­ter à ce pro­fil fra­gile une ad­dic­tion à l’al­cool et au can­na­bis. Le sus­pect sem­blait néan­moins, se­lon le par­quet, en état d’être pla­cé en garde à vue et consi­dé­ré comme pé­na­le­ment res­pon­sable.

Lyon (Rhône), sa­me­di. Les corps ont été dé­cou­verts dans l’ap­par­te­ment fa­mi­lial plu­sieurs jours après les faits. Le père, tou­jours pré­sent, ha­gard, a re­con­nu être l’au­teur des meurtres.

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