« Il y a eu trop de spé­cu­la­tions sur ma vie pri­vée »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - É.B.

Pour­quoi avez-vous choi­si de vous ins­tal­ler dans Pa­ris plu­tôt que près du camp des Loges ? En ar­ri­vant, je me suis tout de suite dit que je vou­lais ha­bi­ter dans Pa­ris. C’est une ville ma­gni­fique. On n’a pas vrai­ment le temps d’en pro­fi­ter quand on joue tous les trois ou quatre jours, mais je vou­lais vrai­ment ha­bi­ter ici. Que faites-vous de votre temps libre ? Je me re­pose (rires). Avec deux matchs par se­maine, tu ne peux pas faire grand-chose à part éven­tuel­le­ment al­ler dî­ner avec des amis. La plu­part du temps, je reste à la mai­son, je re­garde beau­coup de sé­ries, j’écoute de la mu­sique. Sou­vent j’ar­rive chez moi en fin d’après mi­di, et la jour­née est presque ter­mi­née. J’aime res­ter tran­quille chez moi. Avez-vous eu le temps de vi­si­ter Pa­ris ? Au dé­but, j’ai pu le faire un peu. J’ai vi­si­té des lieux tou­ris­tiques comme la tour Eif­fel, le Louvre ou No­treDame. Mais je n’ai pas eu le temps de faire grand­chose de plus, sur­tout que c’est une très grande ville. Il y a des quar­tiers sym­pas comme le Ma­rais ou Saint-Ger­maindes-Prés où je vais par­fois, pas beau­coup, mais où j’aime beau­coup me ba­la­der. Quels sont vos rap­ports avec les Pa­ri­siens ? Com­men­cez-vous à être re­con­nu ? A Franc­fort, il y avait peu de gens qui me par­laient ; mais ici oui, les gens viennent me voir mais tou­jours de fa­çon vrai­ment sym­pa. Ils me parlent, me de­mandent une pho­to, tout à fait nor­ma­le­ment. Par­fois, cer­tains me prennent en pho­to dis­crè­te­ment. Je me de­mande pour­quoi ils ne me de­mandent pas qu’on la fasse en­semble, ce se­rait plus simple pour eux comme pour moi. Vous aviez dé­cla­ré cet été être cé­li­ba­taire. Est-ce tou­jours le cas ? Mais c’est une bonne ques­tion, ça… (Sou­rire iro­nique.) On me la pose sou­vent, mais je ne veux pas par­ler de ma vie pri­vée. Il y a eu trop de spé­cu­la­tions. S’il y a quelque chose à an­non­cer, je le fe­rai.

« La plu­part du temps, je reste à la mai­son, je re­garde beau­coup de sé­ries, j’écoute

de la mu­sique »

« ON EN­TEND PAR­LER d’un sa­laire d’un mil­lion de francs suisses. » Cette pe­tite phrase pour­rait avoir de gros ef­fets sur l’ave­nir de Mi­chel Pla­ti­ni. « Le JDD » a ex­hu­mé hier un do­cu­ment de l’UEFA de 23 pages ré­di­gé le 12 no­vembre 1998 qui semble at­tes­ter qu’au moins six membres de l’ins­tance eu­ro­péenne (dont trois sié­geaient éga­le­ment à la Fifa) ont eu vent à l’époque de cette ré­mu­né­ra­tion qui vaut les pires en­nuis au Fran­çais de­puis le mois de sep­tembre.

Une page du rap­port aux al­lures de fiche des ren­sei­gne­ments gé­né­raux, in­ti­tu­lée « Key is­sue : role of Mi­chel Pla­ti­ni » s’in­ter­roge sur les com­pé­tences de l’an­cien me­neur de jeu des Bleus, sur son éven­tuel rôle à la Fifa (où il a été nom­mé conseiller spé­cial de Blat­ter dès 1998) et, donc, sur ses pro­bables émo­lu­ments.

Se­maine dé­ci­sive

Le do­cu­ment montre sur­tout que Len­nart Jo­hans­son, alors pré­sident de l’UEFA… et bat­tu par Blat­ter à l’élec­tion de la Fifa, avait connais­sance de cette somme dès no­vembre 1998. Le Sué­dois a pour­tant dé­cla­ré ré­cem­ment qu’il igno­rait tout de ce sa­laire. « Cette pièce vient dé­mon­trer que le contrat de Mi­chel Pla­ti­ni avec la Fifa n’avait au­cun ca­rac­tère oc­culte », ex­plique son avo­cat Me Thi­baud d’Alès. Pla­ti­ni, qui a émis une fac­ture le 17 jan­vier 2011 à la Fifa pour ré­cla­mer deux mil­lions de francs suisses d’ar­rié­rés de sa­laire, a tou­jours af­fir­mé qu’il avait un « contrat oral » avec Blat­ter pour per­ce­voir un mil­lion an­nuel. Est-ce pour au­tant le bout du tun­nel pour le pré­sident de l’UEFA, sus­pen­du quatre-vingt­dix jours de toute fonc­tion liée au football en rai­son de doutes sur ce que la jus­tice hel­vé­tique ap­pelle un « paie­ment dé­loyal » ?

Le Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS) doit se pro­non­cer cette se­maine sur la sus­pen­sion in­fli­gée à Pla­ti­ni par la com­mis­sion d’éthique de la Fifa. S’il l’an­nule, Pla­ti­ni pour­ra pré­si­der la cé­ré­mo­nie du ti­rage au sort de l’Eu­ro 2016 sa­me­di à Pa­ris. Il doit en­suite être en­ten­du par la chambre de ju­ge­ment de la com­mis­sion d’éthique de la Fifa entre le 16 et le 18 dé­cembre. Il risque jus­qu’à la ra­dia­tion à vie. A moins que la por­tée d’une pe­tite phrase…

(L P / G ui lla u m e G eo rg es .)

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