« Plus que ja­mais, il fal­lait ve­nir vo­ter »

Le Parisien (Paris) - - PARIS - CÉ­LINE CAREZ

LES RÉ­CENTS ÉVÉ­NE­MENTS lui ont don­né le sen­ti­ment qu’« il fal­lait vo­ter, plus que ja­mais », même si elle glisse son bul­le­tin dans l’urne à chaque scru­tin… Hier ma­tin, Ma­rieLouise, 75 ans, sé­millante re­trai­tée, est ve­nue ac­com­pa­gnée de sa fille Ch­ris­tine, ave­nue Par­men­tier (XIe), dans ce quar­tier au­quel elle est « at­ta­chée » et où elle vit de­puis tren­te­cinq ans. Si la sep­tua­gé­naire a été sur­prise de ne voir « au­cune pro­tec­tion po­li­cière » dans ce bu­reau proche du théâtre des at­ten­tats, la Pa­ri­sienne a été sur­prise par la maigre af­fluence et le calme : « D’ha­bi­tude, on fait la queue. »

A quelques mètres des lieux des at­ten­tats

Parce que Ma­rie-Louise n’a pas ou­blié le bruit des ka­lach­ni­kovs à la ter­rasse de la Bonne Bière, à 50 m de chez elle. « Il faut mon­trer en­core plus qu’on est libres, qu’on veut par­ta­ger, qu’on ne veut pas avoir de ra­cisme », mar­tèle celle qui se dit « pa­triote » et a ac­cro­ché un dra­peau à sa fe­nêtre après les at­ten­tats. Pour­tant Ma­rie-Louise, qui a « dé­sor­mais peur », confesse que les évé­ne­ments ont « chan­gé son vote, mais pas de ma­nière ra­di­cale ».

Pas le cas de Syl­vain… Cet élé­gant qua­dra fait la queue à un autre bu­reau, un peu plus loin, ar­bo­rant un smi­ley bleu-blanc-rouge au re­vers de sa veste… « J’ai vo­té comme d’ha­bi­tude », ré­sume ce ri­ve­rain qui ha­bite non loin du Ba­ta­clan. Son badge, édi­té le len­de­main des at­ten­tats par l’agence de pu­bli­ci­té qui l’em­ploie, s’est ar­ra­ché comme des pe­tits pains… « C’est Soyons pa­triotes mais ré­ap­pro­prions-nous le dra­peau pour conti­nuer à vivre, à nous amu­ser. » D’ailleurs, Syl­vain af­firme s’être ré­veillé hier ma­tin en se di- sant : « Je vais y al­ler tout de suite. Je veux pas­ser ma jour­née en me di­sant que j’ai fait mon de­voir de ci­toyen. » Dans le quar­tier, rue de la Fon­tai­neau-Roi, face à la Bonne Bière, Anne, 53 ans, contemple les fleurs dé­po­sées et lâche : « Je ne vote plus. Je n’ai plus d’illu­sions. Ce qu’on dit n’a au­cune im­por­tance pour les po­li­tiques. Ça ne sert à rien. Mais je suis triste pour la gé­né­ra­tion de nos en­fants. »

(LP/C.C.)

Ave­nue Par­men­tier (XIe), hier. Ma­rie-Louise (à dr.), ici avec sa fille Ch­ris­tine, confie que les at­ten­tats ont « chan­gé son vote, mais pas de ma­nière ra­di­cale ».

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