Le FN sur sa lan­cée

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Da­vid Ra­chline, sé­na­teur-maire de Fré­jus VA­LÉ­RIE HACOT

ON NE CHANGE RIEN et on conti­nue. C’est en sub­stance la ligne de conduite adop­tée hier par le Front na­tio­nal pour né­go­cier l’entre-deux­tours. « Pour­quoi mo­di­fier nos axes de cam­pagne ? Nous, nous avons des convic­tions », iro­nise Ma­rine Le Pen, qui se­ra au­jourd’hui en dé­pla­ce­ment dans le Nord au­tour de trois thé­ma­tiques : le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, la dé­ser­ti­fi­ca­tion et… les mi­grants.

Au len­de­main du score his­to­rique en­gran­gé par son par­ti, la can­di­date en NordPas-de-Ca­lais - Pi­car­die, se dit « dé­ter­mi­née et se­reine ». Elle a en­chaî­né une jour­née ma­ra­thon, avec confé­rence de presse à Lille (Nord), in­ter­ven­tions mé­dia­tiques tous azi­muts, et la réunion du bu­reau exé­cu­tif puis du bu­reau po­li­tique au siège du FN à Nan­terre (Hauts-de­Seine). « L’en­sei­gne­ment prin­ci­pal du vote de di­manche, c’est que nous as­sis­tons à un vrai, à un pro­fond bou­le­ver­se­ment de la vie po­li­tique fran­çaise », as­sure la pa­tronne du par­ti d’ex­trême droite.

Et de ti­rer à bou­lets rouges sur Ni­co­las Sar­ko­zy : « Il a su­bi un échec lourd, ce­la va re­lan­cer la ba­taille de la pri­maire à droite. » Mais aus­si sur Ma­nuel Valls et « sa stra­té­gie du vote utile » qui, en af­fai­blis­sant le Front de gauche et les Verts, prive le PS « d’un ré­ser­voir de voix ». Le re­trait des listes so­cia­listes a aus­si évi­dem­ment ali­men­té les dis­cus­sions entre les cadres du Front hier. Ma­rine Le Pen com­pare le PS à « la secte du Temple so­laire » et son « sui­cide col­lec­tif ». Tout en s’in­sur­geant contre une dé­ci­sion « qui rompt avec le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique d’une ma­nière aus­si mé­pri­sante ». Même son de cloche du cô­té de la can­di­date en Paca Ma­rion Maréchal-Le Pen, pour qui les Ré­pu­bli­cains et le PS « foulent au pied la dé­mo­cra­tie ».

Les ti­rades sont en­flam­mées, mais, of­fi­ciel­le­ment, le FN reste se­rein. « C’est ga­gnable », pro­nos­tique Ma­rine Le Pen. « Je suis qua­si cer­taine que les élec­teurs de gauche n’iront pas vo­ter pour Es­tro­si », ren­ché­rit pour sa part Amau­ry Na­var­ranne, tête de liste dans les Hautes-Alpes. Quant au se­cré­taire gé­né­ral, Ni­co­las Bay, au coude à coude avec Her­vé Mo­rin en Nor­man­die, il n’en dé­mord pas : « Cette ma­noeuvre po­li­ti­cienne se­ra mal per­çue par les élec­teurs. Dans le Nord et Paca, l’avance est tel­le­ment im­por­tante que nous pou­vons y ar­ri­ver. » Op­ti­miste, il en­fonce le clou : « Le jeu reste ou­vert dans l’Est, en Nor­man­die, dans le Centre, la Bour­gogne - Franche-Com­té. » En at­ten­dant, les can­di­dats FN ont la ferme in­ten­tion de battre le rap­pel des abs­ten­tion­nistes. Un grand mee­ting, réunis­sant Ma­rine Le Pen et tous les can­di­dats, est ain­si pro­gram­mé jeu­di salle Wa­gram à Pa­ris. « Ce sont des élec­teurs dé­fiants à l’égard du sys­tème, on va leur dire que c’est le mo­ment de re­prendre le che­min des urnes », dé­taille Ni­co­las Bay. Avec un ob­jec­tif : am­pli­fier en­core la dy­na­mique du pre­mier tour. « Dès que l’abs­ten­tion re­cule, nous pro­gres­sons », es­time Da­vid Ra­chline, le sé­na­teur-maire de Fré­jus. Et de pa­rier sur une am­pli­fi­ca­tion du score FN di­manche pro­chain, mais aus­si « pour les an­nées à ve­nir ».

« Dès que l’abs­ten­tion re­cule, nous pro­gres­sons »

@vha­cot1

(AFP/De­nis Charlet.)

Lille (Nord), hier. Ma­rine Le Pen a com­men­cé sa jour­née ma­ra­thon d’entre-deux-tours des ré­gio­nales par une confé­rence de presse.

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