Mé­len­chon et les Verts, « grands brû­lés » des ré­gio­nales

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Eric Co­que­rel, co­pré­sident du Par­ti de gauche (PG) MAR­TINE CHE­VA­LET

DÉ­SU­NIS dans 10 ré­gions sur 13, ab­sor­bés dans une ad­di­tion de cam­pagnes lo­cales po­li­ti­que­ment illi­sibles au plan na­tio­nal, les listes Front de gauche et EELV ont ra­té leur cible : le Front de gauche n’at­teint pas la barre des 5 % (4,13 % de moyenne na­tio­nale). Les éco­lo­gistes s’en tirent à peine mieux avec 6,68 %.

L’autre gauche rê­vait pour­tant d’en dé­coudre avec les so­cia­listes, soup­çon­nés d’avoir pris avec zèle le vi­rage sé­cu­ri­taire au len­de­main des at­ten­tats. Mais les at­ten­tats et le vote de l’état d’ur­gence ont ache­vé de la di­vi­ser.

Même Jean-Luc Mé­len­chon en est, pour une fois, conve­nu, lui qui dé­non­çait dans un blog le 5 dé­cembre un « état d’im­bro­glio per­ma­nent ». « Les élec­tions ré­gio­nales nous voient ar­ri­ver dans une co­hue illi­sible na­tio­na­le­ment… Le reste fut une foire d’em­poigne lo­cale, un chan­tage per­ma­nent à la division de la part de par­te­naires ob­nu­bi­lés par la tête de liste, sans la moindre co­or­di­na­tion na­tio­nale pour es­sayer d’équi­li­brer la re­pré­sen­ta­tion de cha­cun. Bi­lan de ce ga­li­ma­tias : le soir de l’an­nonce des résultats, nous al­lons être hu­mi­liés », pro­nos­ti­quait-il.

Di­manche, Eric Co­que­rel, co­pré- sident du Par­ti de gauche (PG), fai­sait le même aveu d’échec : « Faute d’avoir été ras­sem­blés par­tout sous le même la­bel, nous ne consti­tuons pas une al­ter­na­tive cré­dible au PS et su­bis­sons le vote utile. »

Les éco­lo­gistes sentent eux aus­si le vent du bou­let : « Ce n’est plus un aver­tis­se­ment, c’est une pu­ni­tion », ré­agis­sait Cé­cile Du­flot. Mais leur ana­lyse dif­fère de celle du Front de gauche sur les rai­sons : « Notre échec est re­la­tif car toute la gauche souffre, et les son­dages nous di­saient ex­plo­sés à 3 %, sou­ligne Da­vid Cor­mant en charge des élec­tions à EELV. Ce qui a été dif­fi­cile pour nous, c’est la ren­trée de sep­tembre, quand cer­tains de nos amis sont par­tis. Ils ont don­né une image dé­plo­rable d’eux-mêmes et de l’éco­lo­gie ! »

« Faute d’avoir été ras­sem­blés par­tout, nous ne consti­tuons pas une al­ter­na­tive cré­dible

au PS »

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