Du nou­veau pour mieux s’orien­ter

La pro­cé­dure d’ad­mis­sion post-bac (APB) change cette an­née. Ce qu’il faut sa­voir.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CH­RIS­TEL BRIGAUDEAU

C’EST PEU DE DIRE que les me­sures sur l’orien­ta­tion sco­laire, pré­sen­tées ce ma­tin au mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion na­tio­nale, se­ront éplu­chées par les élèves et leurs pa­rents. Plus en­core que le bac à la fin de l’an­née, la pro­cé­dure d’ad­mis­sion post-bac (APB) consti­tue un stress ma­jeur pour les jeunes de ter­mi­nale et ceux qui se ré­orientent après un pre­mier échec dans le su­pé­rieur. Ils sont près de 800 000 à sou­pe­ser en ce mo­ment leurs chances d’ac­cé­der à telle li­cence, classe pré­pa ou en­core BTS. Ils ont jus­qu’à la fin mai pour fi­na­li­ser et clas­ser leurs voeux, comme on jet­te­rait une pièce en l’air en es­pé­rant que le ha­sard la fasse tom­ber du bon cô­té. Car, au jeu de l’orien­ta­tion, il y a chaque an­née des per­dants (lire l’en­ca­dré) lais­sés sur le car­reau avec un sen­ti­ment d’im­mense in­jus­tice.

nL’al­go­rithme

La ré­forme, que nous dé­voi­lons, va mo­di­fier dès cette an­née APB, cette sorte de gare de triage géante des élèves à la sor­tie du ly­cée. « Il faut en­le­ver ce cô­té boîte noire du sys­tème », ex­plique la mi­nistre de l’Edu­ca­tion na­tio­nale, Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem, qui a dé­ci­dé de « rendre pu­blic l’al­go­rithme d’APB, pour que cha­cun en com­prenne les règles ». Que les nuls en maths se rassurent : un li­vret ex­pli­ca­tif se­ra aus­si mis en ligne, et les pro­fes­seurs des ly­cées in­vi­tés à ac­com­pa­gner da­van­tage les jeunes dans leurs dé­marches. Le taux de réus­site aux exa­mens et les pers­pec­tives d’emploi ap­pa­raî­tront aus­si au­to­ma­ti­que­ment sur le site quand l’élève les sé­lec­tion­ne­ra, his­toire de s’as­su­rer qu’il choi­sisse sa voie en connais­sance de cause.

nL’éli­tisme

d’APB ré­vé­lé

en­ca­dré

Tous les cur­sus ne se valent pas aux yeux des fa­milles qui es­pèrent que le pres­tige d’uni­ver­si­tés comme la Sor­bonne dé­tein­dra sur les résultats de leurs en­fants — ou en tout cas sur leur CV. Ré­sul­tat : beau­coup se ruent sur les mêmes am­phis, créant un gou­lot d’étran­gle­ment qui abou­tit à l’or­ga­ni­sa­tion de ti­rages au sort des can­di­dats dans des voies pour­tant cen­sées être ou­vertes à tous. La co­hue vir­tuelle vaut aus­si pour les types d’études. L’an der­nier, près de 50 % des pre­miers voeux des jeunes se concen­traient sur quatre types de for­ma­tions (Staps, psy­cho­lo­gie, droit et études de san­té).

Pour faire mieux coïn­ci­der l’offre et la de­mande, il se­ra dé­sor­mais de­man­dé aux can­di­dats de choi­sir dans leurs voeux au moins un cur­sus « non sé­lec­tif » et pas sur­char­gé. Le mi­nis­tère pro­met aus­si de mieux in­for­mer les jeunes sur les fi­lières mé­con­nues mais por­teuses.

nLes étu­diants bou­ge­ront

Par ailleurs, ceux qui se des­tinent à des voies sur­char­gées de­vront op­ter non plus pour une fac, mais pour une ma­tière (par exemple psy­cho), et clas­ser en­suite, à l’in­té­rieur de ce voeu, les lieux qui dis­pensent cette for­ma­tion dans son aca­dé­mie par ordre de pré­fé­rence. Les jeunes des aca­dé­mies de Cré­teil, Pa­ris et Ver­sailles, eux, se­ront sus­cep­tibles de se voir pro­po­ser une place dans toute l’Ile-de-France.

« Ce­la va conduire des étu­diants à se dé­pla­cer et nous les ac­com­pa­gne­rons dans cette mo­bi­li­té, y com­pris fi­nan­ciè­re­ment, en ai­dant aux trans­ports, ou pour trou­ver une place en ré­si­dence uni­ver­si­taire par le biais des Crous, pro­met Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem. Le ti­rage au sort doit être un der­nier re­cours, il faut le res­treindre au maxi­mum. »

nDes quo­tas, en­core

Pour les 60 % de ba­che­liers de la voie pro­fes­sion­nelle qui pour­sui- vent des études post-bac, le mi­nis­tère pro­met de leur ré­ser­ver des places en BTS. Les IUT se­ront aus­si da­van­tage ré­ser­vés aux jeunes des bacs tech­no­lo­giques. L’idée, amor­cée en 2013, avait à l’époque été ac­cueillie fraî­che­ment par cer­tains éta­blis­se­ments. Le mi­nis­tère per­siste et signe. « Je vais de­man­der aux rec­teurs de fixer lo­ca­le­ment des quo­tas », ré­itère Na­jat Val­laudBel­ka­cem, qui sou­haite éga­le­ment que la pé­da­go­gie soit re­vue en BTS pour mieux va­lo­ri­ser les ac­quis des élèves « pros » afin d’aug­men­ter leurs chances à l’exa­men. Une ma­nière d’ap­pro­cher l’ob­jec­tif, fixé par Fran­çois Hol­lande, de « 60 % d’une classe d’âge di­plô­mée de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur ». En 2012, le taux avoi­si­nait les 43 %.

le­pa­ri­sien.fr « N’en­voyons pas les jeunes dans le mur »

(LP/Oli­ver Cor­san.)

Pa­ris, jan­vier der­nier. Chaque an­née, le sa­lon APB (ad­mis­sion post-bac) est pris d’as­saut par des ly­céens ve­nus cher­cher des pistes pour leur orien­ta­tion pro­fes­sion­nelle.

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