Des bra­ce­lets de bonne conduite au col­lège

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - Tours (Indre-et-Loire) De notre cor­res­pon­dant RE­NAUD DO­ME­NI­CI

IL Y AVAIT les bon­nets d’âne qui ja­dis pu­nis­saient les cancres. Il y a dé­sor­mais les bra­ce­lets de plas­tique rouges pour les col­lé­giens pas sages tan­dis que leurs ca­ma­rades dis­ci­pli­nés en portent des verts. Ce sys­tème mis en place dans deux col­lèges pri­vés de Tours (Indre-etLoire) sus­cite le dé­bat sur les ré­seaux so­ciaux.

De­puis la ren­trée 2009, cette pra­tique est en fonc­tion à Sain­teJeanne-d’Arc et, de­puis 2012, dans l’éta­blis­se­ment Ch­rist-Roi. Ce sys­tème de « bra­ce­lets d’au­to­no­mie » per­met de ré­com­pen­ser les com­por­te­ments ver­tueux. Des sortes de bons points de conduite, à la dif­fé­rence près qu’ils sont vi­sibles par tous. Les notes n’entrent pas en ligne de compte.

Chaque se­maine, si le col­lé­gien ne com­met pas d’im­pair (ou­bli de livre ou de cahier, le­çon qui n’au­rait pas été ap­prise ou ba­var­dages), il gagne un point. Mais s’il faute, il en perd. Ain­si le bra­ce­let rouge por­té par les élèves les moins dis­ci­pli­nés cor­res­pond à une four­chette de 0 à 5 points en stock, et il n’ex­pose à au­cune sanc­tion par­ti­cu­lière. En re­vanche, le bra­ce­let vert — 30 points de bo­nus — offre à l’élève la pos­si­bi­li­té d’al­ler man­ger à la can­tine au mo­ment où il le sou­haite, et il peut aus­si choi­sir son or­di­na­teur dans la « salle d’au­to­no­mie ».

Pas ques­tion de pos­tu­ler à un poste de dé­lé­gué, de par­ti­ci­per à un club ou au spec­tacle de fin d’an­née si l’on n’a pas un mi­ni­mum de points dans sa be­sace.

Bien per­çus par cer­tains, stig­ma­ti­sants pour d’autres

« On pré­fère au­to­ri­ser cer­taines choses à quelques élèves au lieu de tout in­ter­dire à tout le monde comme le sti­pule le rè­gle­ment in­té­rieur », ex­plique Oli­vier Boyer, le chef d’éta­blis­se­ment à l’ini­tia­tive de ces deux pro­jets.

Une pé­da­go­gie bien per­çue par cette mère de col­lé­gien : « Si ce sys­tème doit ai­der des en­fants à faire des ef­forts, c’est plu­tôt bien. »

« On stig­ma­tise ces élèves, cette méthode est in­ad­mis­sible, il y a bien d’autres moyens édu­ca­tifs pour mo­ti­ver les élèves », es­time de son cô­té Do­mi­nique Le­moine, conseiller dé­par­te­men­tal cen­triste, sur­pris par la méthode.

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