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Ke­vin, 19 ans, est res­té sur le car­reau

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CH.B.

Il a été ébloui par le lustre de la Sor­bonne… et il s’est brû­lé les ailes. Ke­vin, 19 ans, n’a de­man­dé que la pres­ti­gieuse fa­cul­té du quar­tier La­tin — dans toutes les fi­lières de droit pos­sible — lors de la pro­cé­dure APB, l’an der­nier. « La vie pa­ri­sienne m’at­ti­rait et je pen­sais que mes résultats sco­laires m’ai­de­raient », confie ce jeune ha­bi­tant de SaintC­loud (Hauts-de-Seine). Las, le lo­gi­ciel APB ne lui a pro­po­sé qu’une place à Saint-Quen­tin-en-Yve­lines, à 20 km de chez lui. Une pro­po­si­tion qu’il a re­fu­sée, pen­sant « qu’il y au­rait bien de la place plus près, à Nan­terre ». Mais non. En sep­tembre, Ke­vin est res­té sur le car­reau de l’orien­ta­tion. Ce n’est que la se­maine der­nière que la Sor­bonne l’a re­con­tac­té pour l’ins­crire : il a per­du un tri­mestre de cours et se pré­pare sans sur­prise à ra­ter sa pre­mière an­née de droit. L’ac­tuelle re­fonte d’APB l’au­rait-elle ai­dé ? Pour les deux prin­ci­pales as­so­cia­tions étu­diantes, l’Unef et la Fage, la re­fonte a le mé­rite de « cas­ser cet ef­fet de marque des uni­ver­si­tés, alors que toutes va­lident les mêmes com­pé­tences, et que les taux d’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle de leurs di­plômes sont sen­si­ble­ment les mêmes », sou­ligne Alexandre Le­roy, le pré­sident de la Fage. « Les fi­lières grou­pées vont per­mettre aux rec­to­rats de jouer un rôle de ré­gu­la­teur, c’est une bonne chose, es­time aus­si Mar­tin Bon­temps, vi­ce­pré­sident de l’Unef. Mais ces me­sures ne ré­gle­ront pas la ques­tion des fi­lières à ca­pa­ci­té li­mi­tée. Le pro­blème de fond est bud­gé­taire, il faut ou­vrir des places. » Un in­ves­tis­se­ment pour l’ins­tant pas à l’ordre du jour.

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